Parathyroïdectomie : tout savoir

Article rédigé par le 9 juillet 2024

La parathyroïdectomie est une chirurgie des glandes parathyroïdes (des petites glandes annexées à la thyroïde). L’intervention chirurgicale consiste à enlever une ou plusieurs de ces glandes.

La parathyroïdectomie est indiquée dans certains cas de suractivité des parathyroïdes. C’est une chirurgie courante mais elle comporte des risques opératoires comme tout acte chirurgical.

Vous devez bientôt subir une parathyroïdectomie ? Trouvez les réponses aux questions que vous vous posez sur cette opération dans cet article rédigé par une médecin.

Les 4 points essentiels

  1. La parathyroïdectomie est une ablation d’un ou plusieurs glandes parathyroïdes. Elle est indiquée lors d’une suractivité de ces glandes (hyperparathyroïdie).
  2. L’hyperparathyroïdie peut être primaire (causes propres aux glandes parathyroïdes), secondaire (à une hypocalcémie) ou tertiaire (conséquence de la précédente). Les techniques opératoires de la parathyroïdectomie peuvent alors varier en fonction du type d’hyperparathyroïdie.
  3. Après une parathyroïdectomie, les taux du calcium et de la parathormone (hormone produite par les glandes parathyroïdes) sont régulièrement contrôlés.
  4. Une hypocalcémie, des troubles de la voix, des douleurs à la déglutition sont les complications post-opératoires spécifiques d’une parathyroïdectomie.

Parathyroïdectomie : que sont les glandes parathyroïdes ?

Les parathyroïdes sont 4 petites glandes de forme ovale d’environ 3 à 5 millimètres, situées en arrière de la thyroïde (2 parathyroïdes en haut et 2 en bas), dans la partie basse du cou. Ceci étant, des exceptions existent : certaines personnes peuvent avoir plus ou moins de 4 glandes parathyroïdes ; chez d’autres, elles sont localisées loin de la thyroïde (parathyroïdes ectopiques).

Bon à savoir : les glandes sont des organes qui sécrètent une ou plusieurs hormones (des substances chimiques circulant dans le sang qui agissent sur des organes cibles à travers le corps).

L’hormone sécrétée par les parathyroïdes est la parathormone (PTH). Elle stimule l’absorption du calcium dans l’intestin, sa réabsorption dans les reins et sa résorption au niveau des os. Ce qui va augmenter le taux de calcium qui circule dans le sang permettant de le distribuer à tous les organes qui en ont besoin dont les muscles pour leur contraction.

Bon à savoir : une seule glande parathyroïde saine suffit à assurer les besoins de l’organisme en parathormone.

Parathyroïdectomie : quand faut-il enlever les glandes parathyroïdes ?

La parathyroïdectomie consiste à enlever chirurgicalement une ou de plusieurs glandes parathyroïdes. Elle est indiquée lorsqu’il y a une hyperparathyroïdie c’est-à-dire qu’il y a une activité accrue de vos parathyroïdes.

Une hyperparathyroïdie entraine une production excessive de parathormone. Ce qui va provoquer une hypercalcémie chronique (une augmentation persistante du taux de calcium dans le sang).

Celle-ci a pour conséquence des dépôts calciques au sein de votre organisme (notamment aux niveaux de vos reins, de vos articulations ou de votre système digestif) et une déminéralisation de vos os. A la longue, vous pourriez avoir des pathologies graves comme une insuffisance rénale chronique, une pancréatite chronique calcifiante ou encore une ostéomalacie (décalcification osseuse).

Il existe 3 types d’hyperparathyroïdie. Ce sont :

Hyperparathyroïdie primaire

Une hyperparathyroïdie primaire est une augmentation de l’activité parathyroïdienne due à une affection propre aux glandes parathyroïdes. La cause pourrait être :

  • une tumeur bénigne (adénome parathyroïdien) qui touche généralement une seule glande parathyroïde ;
  • une augmentation du volume des 4 glandes (hyperplasie parathyroïdienne diffuse) qui survient souvent dans un contexte familial (maladie génétique) ;
  • une tumeur maligne (carcinome parathyroïdien) : un cancer très rare.

Bon à savoir : en France, l’hyperparathyroïdie primaire touche 30 personnes sur 100.000 par an. Dans près de 85% des cas, c’est un adénome parathyroïdien qui en est l’origine.

Hyperparathyroïdie secondaire

L’hyperparathyroïdie secondaire résulte d’une stimulation de l’activité des glandes parathyroïdes suite à une diminution de taux de calcium dans le sang (hypocalcémie). Cette hypocalcémie peut être due à un déficit alimentaire en calcium ou une carence en vitamine D ou encore une insuffisance rénale chronique.

Hyperparathyroïdie tertiaire

L’hyperparathyroïdie tertiaire est une autonomisation de la sécrétion de parathormone. Ce qui veut dire que les glandes parathyroïdes secrètent de la parathormone indépendamment de la calcémie (taux du calcium dans le sang).

Bon à savoir : l’hyperparathyroïdie tertiaire s’observe chez ceux qui souffrent d’hyperparathyroïdie secondaire de longue date. A force d’être stimulées, les glandes parathyroïdes finissent par produire automatiquement la parathormone.

Parathyroïdectomie : comment se faire opérer des glandes parathyroïdes ?

Dans la grande majorité des cas, la parathyroïdectomie se fait sous anesthésie générale. Il arrive, néanmoins, qu’elle soit pratiquée sous anesthésie locale associée à de l’hypnose.

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Vous serez installé sur le dos, le cou en hyperextension. Un neuromonitorage (monitoring nerveux) en regard de vos cordes vocales sera réalisé. Il s’agit d’une sonde équipée d’un capteur qui aux moyens d’une petite stimulation électrique va permettre de repérer les nerfs récurrents et de les préserver au mieux.

Bon à savoir : les nerfs récurrents passent tout près des glandes parathyroïdes. Ils innervent les cordes vocales. On les appelle également « nerfs laryngés ».

Une fois que votre anesthésie est effective, votre chirurgien commence votre opération par inciser horizontalement à la partie basse et centrale du cou, dans un pli naturel, si c’est possible. L’incision mesure en moyenne 4 centimètres mais elle peut varier en fonction de la taille de la lésion parathyroïdienne à extirper.

Selon votre type d’hyperparathyroïdie et de sa cause, différentes techniques opératoires peuvent être effectuées. Ce sont :

Parathyroïdectomie unique

La parathyroïdectomie unique consiste en une ablation d’une glande parathyroïde. Elle est donc l’opération de choix pour une hyperthyroïdie primaire due à un adénome parathyroïdien.

Dans ce type de parathyroïdectomie, votre chirurgien a deux choix :

  • une chirurgie mini-incisive : l’adénome est enlevé grâce à une vidéo-assistance ;
  • une chirurgie conventionnelle : l’adénome est enlevé manuellement avec exploration des 3 autres glandes à la recherche d’éventuelles lésions.

Parathyroïdectomie trois-quarts (3/4)

En cas d’hyperplasie parathyroïdienne diffuse ou d’une hyperparathyroïdie secondaire, votre chirurgien va inspecter vos quatre glandes parathyroïdes. Il va laisser en place la glande la plus saine et va enlever les trois autres.

Parathyroïdectomie sept-huitième (7/8è)

De même, votre chirurgien va explorer vos quatre glandes parathyroïdes. Il va enlever les trois plus malades et va laisser en place la moitié de la quatrième glande. Cette technique 7/8è est indiquée pour les hyperparathyroïdies secondaires et tertiaires.

Bon à savoir : en 2019, une étude comparative menée par M. Veyrat et ses collaborateurs et publiée dans European Annals of Otorhinolaryngology, Head and Neck Diseases a montré que la parathyroïdectomie trois quarts est plus efficace que la sept huitième en cas d’hyperparathyroïdie secondaire liée à une insuffisance rénale chronique terminale.

Parathyroidectomie totale

L’ablation de toutes les glandes parathyroïdes est rare. Elle se pratique seulement dans le cadre d’une tumeur cancéreuse généralisée aux 4 glandes ou d’une persistance d’hyperparathyroïdie après une parathyroïdectomie trois-quarts ou sept-huitième (hyperactivité de la glande ou de la moitié d’une glande laissée en place).

Quel que soit votre type d’opération, il se peut que votre chirurgien demande un « analyse extemporanée » c’est-à-dire un examen au microscope des tissus enlevés. Le résultat de l’analyse pourrait changer le déroulement de votre opération (ablation plus étendue ou au contraire, raccourcie).

La parathyroïdectomie dure en moyenne une à deux heures. Avant de fermer votre incision, votre chirurgien va laisser un drain pour drainer les secrétions accumulées dans la zone opératoire.

Parathyroïdectomie : quid des suites opératoires ?

La parathyroïdectomie nécessite environ un à deux jours d’hospitalisation. Une chirurgie ambulatoire (retour chez vous le jour même de l’opération) est possible pour les procédures mini-invasives.

Vous serez sous traitements antalgiques pour calmer les douleurs post-opératoires. Des anticoagulants pour éviter la formation d’un caillot dans vos veines et des antibiotiques pour lutter contre les infections vous seront également prescrits.

Le lendemain de votre opération, vous aurez une prise de sang pour vérifier votre calcémie et le taux de votre parathormone post-opératoire. Aussi, le drain sera enlevé.

Parathyroïdectomie : quelles sont les complications ?

Comme tout acte chirurgical, la parathyroïdectomie n’est pas à l’abri des complications. Vous pourriez avoir :

Douleur à la déglutition

Après une parathyroïdectomie, il est fréquent d’avoir des douleurs à type « d’angine » (douleur à la déglutition). Celle-ci s’explique par le fait qu’après avoir incisé votre peau, votre chirurgien écarte les muscles de votre cou qui interviennent entre autres dans les mouvements de déglutition. C’est une complication temporaire, la douleur est soulagée par la prise d’antalgiques.

Bon à savoir : autre type de douleur qui peut découler de la parathyroïdectomie est une douleur cervicale (torticolis). Elle est due à la position de votre cou durant l’opération. Elle est également prise en charge par des antalgiques.

Troubles de la voix

Malgré toutes les précautions prises pendant l’intervention, votre chirurgien peut quand même léser un nerf récurrent. Ce qui va entraîner des troubles de votre voix qui sont généralement passagers. Toutefois, il se peut que vous ayez besoin de séances d’orthophonie.

Bon à savoir : des troubles de la respiration peuvent survenir en cas d’atteinte des deux nerfs récurrents impactant sur le larynx (paralysie laryngée bilatérale). C’est une complication grave, et heureusement très rare, qui peut nécessiter une chirurgie du larynx.

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Hypocalcémie

Après votre parathyroïdectomie, votre calcémie va chuter. C’est, d’ailleurs, un des objectifs de votre opération. Votre calcémie et votre taux de parathormone seront régulièrement contrôlés.

L’hypocalcémie post-opératoire est habituellement transitoire. Une supplémentation en calcium et en vitamine D par voie orale suffit à la normaliser en 1 ou 2 mois. Cependant, en cas de baisse importante, une supplémentation par voie veineuse peut être nécessaire. Ceci peut allonger votre durée d’hospitalisation.

Précision du médecin : la parathyroïdectomie ne requiert pas de traitement définitif. En cas d’hypoparathyroïdie (baisse de l’activité parathyroïdienne), vous aurez seulement besoin d’une supplémentation régulière en calcium et en vitamine D. Une supplémentation à vie est extrêmement rare.

Autres complications

En dehors de ces complications propres à la parathyroïdectomie, vous risquez également des complications communes à toutes les opérations chirurgicales comme :

  • un saignement du site opératoire qui peut être géré le drain, si le saignement est abondant, une nouvelle intervention peut être nécessaire pour arrêter l’hémorragie ;
  • une infection : traitée par des antibiotiques ;
  • une thrombose (formation de caillot de sang dans votre veine) : prévenue par les traitements anticoagulants.

Bon à savoir : une anomalie de la cicatrice peut survenir. Des chéloïdes – des cicatrices en relief (en forme de bourrelet) -, peuvent subsister pendant un à deux ans après la parathyroïdectomie notamment en cas d’infection du site opératoire.

Parathyroïdectomie : quand consulter ?

Si vous venez de subir une parathyroïdectomie, consultez si :

  • vous présentez des signes d’hypocalcémie, à savoir : des crampes, des fourmillements dans vos doigts ou dans vos orteils ou autour de votre bouche, etc. ;
  • vous présentez des signes d’hypercalcémie (ce qui peut traduire un échec de votre opération) comme des calculs rénaux, des troubles cardiaques (palpitations), des troubles digestifs (perte d’appétit, constipations), des troubles neurologiques (dépression) et des troubles osseux (fractures fréquentes) ;
  • le timbre de votre voix change ou si vous avez une extinction de voix ;
  • vous avez mal en avalant ou avez du torticolis ;
  • vous avez du mal à respirer ou toussez du sang ;
  • vous avez de la fièvre ou des frissons.

Si vous cherchez un spécialiste dans votre région, consultez notre répertoire.

Témoignages


J’espère que vous me pardonnerez de créer un nouveau sujet dès mon arrivée sur ce forum. Je suis très angoissée.

Opérée il y a deux semaines, le chirurgien m’a retiré deux parathyroïdes dont une curieusement située derrière l’œsophage (parathyroïde ectopique retro-œsophagienne pour parler en termes savants).
J’ai eu une incision de 8 centimètres (agrafes 24 heures puis stéri-strip pendant 5 jours).

Ce qui m’inquiète – et le mot est faible – c’est un énorme œdème au-dessus de la cicatrice de 3 centimètres de hauteur (et peut-être deux cm de profondeur) qui me déforme complètement le cou.

Avant l’opération, le chirurgien ne m’avait parlé que des éventuelles complications post-opératoires concernant le nerf récurrent ( et donc la voix) et pas du tout des complications locales.

Pouvez-vous avoir la gentillesse de me dire si un œdème aussi volumineux est normal ? Quelles sont vos expériences ?

Je ne le vois guère régresser pour le moment. Pour le reste, la cicatrice est un peu rouge avec l’impression d’une petite corde dure sous la peau mais je crois que c’est normal.

J’ai lu sur ce forum que l’extranase diminuait l’œdème. Je pense en prendre mais j’ignore si ce n’est pas un peu tard pour en retirer un bénéfice (l’opération remontant à deux semaines). 

Merci d’avance pour vos témoignages.

Voir la suite de la conversation sur Forum thyroïde.

Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
  • M. Veyrat, H. Fessi, J.-P. Haymann, P. Ronco, J. Lacau St Guily, S. Périé. Conservative three-quarter versus subtotal seven-eighths parathyroidectomy in secondary hyperparathyroidism. European Annals of Otorhinolaryngology, Head and Neck Diseases. doi: 10.1016/j.aforl.2018.01.009.
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