Péritonite infectieuse féline (PIF): tout savoir

Article rédigé par le 22 novembre 2023

La péritonite infectieuse féline (PIF) est une maladie virale complexe chez les chats, provoquée par un coronavirus félin.

En raison de sa forte contagiosité et de sa résistance élevée dans l’environnement extérieur, le virus est fréquemment observé dans les endroits où les chats vivent en collectivité, tels que les élevages et les refuges.

Les symptômes peuvent se manifester de manière discrète, et un chat porteur du virus peut développer la maladie ultérieurement, souvent déclenchée par des facteurs de stress.

Il est crucial de protéger son chat contre cette maladie grave et souvent mortelle. Nous examinerons en détail les caractéristiques de la maladie ainsi que les principaux signes qui peuvent aider à son identification.

05 Points clés de cet article

  1. Le coronavirus félin (FCoV) est un virus omniprésent chez les chats domestiques.
  2. La péritonite infectieuse féline (PIF) est une maladie grave, potentiellement mortelle, qui affecte principalement les jeunes chats vivant en collectivité.
  3. On distingue deux formes cliniques de la PIF : une forme exsudative caractérisée par des épanchements et la forme sèche dont les symptômes peuvent être variés (troubles nerveux, oculaires, insuffisance rénale et/ou hépatique).
  4. Le temps entre la mutation du virus et l’apparition des premiers signes de la maladie varie de quelques semaines à deux ans, dépendant des défenses immunitaires de l’animal.
  5. la PIF est souvent mortelle, et il n’existe pas de traitement spécifique. Le développement de vaccins est en cours.

Qu’est-ce que la péritonite infectieuse féline ?

La péritonite infectieuse féline (PIF) est une maladie virale qui touche les chats domestiques et sauvages avec un pronostic souvent fatal. Elle est causée par un coronavirus félin(FCoV), distinct du coronavirus responsable du COVID-19 chez les humains.

Les FCoV sont classifiés en deux biotypes:

  • le FECV, qui entraîne une diarrhée bénigne ou une infection asymptomatique,
  • le FIPV, responsable de la PIF.

La PIF se développe lors d’une réinfection grave par le FCoV. Normalement, le FCoV infecte les cellules intestinales, provoquant une forme bénigne appelée FECV.

En présence d’anticorps facilitants, le FECV évolue en PIF, ciblant les globules blancs macrophages pour se reproduire. Cela déclenche une réponse immunitaire intense, provoquant une inflammation sévère dans les tissus environnants.

L’incidence de la PIF est d’environ 1 cas pour 5 000 ménages abritant un ou deux chats.

Transmission : comment un chat attrape-t-il le coronavirus responsable de la PIF ?

La péritonite infectieuse féline (PIF) se propage par le contact direct entre les chats, avec les selles et la salive comme principaux vecteurs.

Bien que le virus puisse contaminer l’animal par l’environnement extérieur, tel que le sol, les objets et les vêtements, il montre néanmoins une résistance limitée dans ces conditions.


Il n’est pas possible de transmettre ce virus à l’homme ou à d’autres espèces. Bien que le coronavirus entérique soit largement répandu, sa mutation ne se produit pas systématiquement.

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L’incubation de la maladie peut s’étendre sur quelques jours à plusieurs mois. Ainsi, un chat peut porter le virus sans présenter de symptômes pendant une période prolongée, puis les symptômes peuvent apparaître subitement.

Symptômes et formes de la PIF

La PIF affecte principalement les jeunes animaux âgés de 6 mois à 2 ans.

Dans des conditions expérimentales, les premiers symptômes peuvent se manifester 15 jours après l’inoculation virale.

En milieu naturel, la période d’incubation semble varier de 1 mois à plus d’un an, bien que cette estimation soit difficile à confirmer en raison de l’incertitude fréquente quant à la date d’infection des animaux.

Les premiers signes de la maladie sont non spécifiques, tels que l’anorexie, la léthargie et une fièvre persistante qui ne réagit à aucun traitement. La phase ultérieure de la maladie peut se présenter sous deux formes cliniques distinctes :

  • une forme exsudative (PIF humide), caractérisée par l’apparition d’épanchements abdominaux et/ou thoraciques ;
  • une forme non exsudative (forme sèche), dont l’expression clinique varie selon les organes lésés.

1. Forme humide

Un gonflement abdominal est observé, accompagné de troubles digestifs tels que des diarrhées et des vomissements en cas d’épanchement abdominal.

Ces symptômes caractéristiques sont associés à d’autres signes, tels qu’une perte d’appétit, une perte de poids et une hyperthermie (fièvre persistante).

La mort survient en quelques jours à quelques semaines après le début des symptômes.

2. Forme sèche

Pour la forme sèche, les symptômes présentent peu de spécificités, tels que la fièvre, la perte d’appétit et la perte de poids. Les signes spécifiques dépendront des organes affectés :

 Nerveux : ataxie, de troubles vestibulaires, de convulsions ou de modifications du comportement.

• Rénaux : insuffisance rénale

• Hépatiques : ictère (= jaunisse), troubles digestifs

• Oculaires : visibles à l’examen ophtalmologique, mais non significatifs car présents dans d’autres affections: une uvéite antérieure ou postérieure, avec parfois un décollement rétinien.

Comment faire le diagnostic ?

Il n’est pas toujours évident à poser, puisque les symptômes ne sont pas spécifiques.

De plus, les tests sérologiques utilisables ont une sensibilité et une spécificité basses ! Il est possible que des chats présentant une forme manifeste de PIF soient négatifs aux tests sérologiques.

En revanche, un résultat positif au test de la PIF indique simplement que le chat a été en contact avec un coronavirus intestinal, ce qui ne garantit pas nécessairement le développement de la PIF.

D’autres tests, tels que la PCR, permettent de repérer le matériel génétique du virus.

En réalité, c’est la localisation du virus qui orientera le vétérinaire : la confirmation de la maladie sera établie par la détection d’une importante quantité de coronavirus dans le sang ou dans un liquide d’épanchement chez un chat présentant des symptômes évocateurs de la PIF.

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En effet, Il existe un test (Test Rivalta) pratique mais efficace pour identifier la forme humide de la PIF.

Il consiste à recueillir un échantillon de liquide de la cavité abdominale ou thoracique du chat, puis à le mélanger dans un tube à essai contenant de l’eau distillée et une goutte d’acide acétique à 98%.

En cas de PIF, le liquide d’épanchement contient des protéines spécifiques qui réagissent avec l’acide acétique, formant des grumeaux ou des flocons.

Cette réaction, appelée réaction de Rivalta, est souvent interprétée comme un indicateur de la présence de fibrine, une protéine associée à l’inflammation, fréquemment observée dans les cas de PIF.

Quel traitement ?

Le traitement de la péritonite infectieuse féline (PIF) chez le chat représente un domaine complexe et en constante évolution.

Jusqu’à récemment, l’absence d’un traitement spécifique assurant la guérison de la PIF entraînait fréquemment un pronostic fatal.

Parfois, le vétérinaire choisit d’accompagner le chat en soins palliatifs, en administrant un traitement symptomatique tel que des corticoïdes. Cette approche vise à réduire l’inflammation et à améliorer la qualité de vie de l’animal en fin de vie.

Toutefois, des avancées récentes suggèrent des perspectives de traitement. le GS-441524, un antiviral, a démontré des résultats prometteurs dans le traitement de la PIF.

Il est toutefois crucial de souligner que ce traitement demeure à un stade de recherche et n’est pas largement disponible dans la pratique vétérinaire habituelle.

Bon à savoir: Le Dr Niels Pedersen et son équipe de l’Université de Californie Davis ont réalisé une avancée majeure dans la recherche sur la PIF en utilisant un médicament antiviral humain (GS-441524) avec succès. Traitant 31 chats pendant 12 semaines, ils ont obtenu un taux d’efficacité de 83 %, offrant ainsi un espoir aux propriétaires de chats confrontés au virus PIF.

L’interféron oméga félin a également été expérimenté dans certains cas de PIF, bien que ses effets varient et ne garantissent pas la guérison.

Quelle prévention ?

La péritonite infectieuse féline (PIF) émerge suite à une mutation du coronavirus intestinal félin. Pour prévenir cette maladie chez votre chat, la meilleure approche consiste à éviter l’infection initiale par le coronavirus. Voici quelques mesures recommandées pour prévenir l’infection :

  1. Assurez-vous que votre chat maintient une santé optimale.
  2. Maintenez la propreté des bacs à litière.
  3. Placez les bacs à litière à distance des zones de repas et d’abreuvement.
  4. Si vous avez plusieurs chats, limitez le nombre à trois par pièce pour éviter des conditions de surpeuplement.
  • Certains pays administrent des vaccins contre le coronavirus félin aux chats. En France, cette approche n’est pas adoptée, car le vaccin est considéré comme inefficace. Bien qu’un test de dépistage soit disponible, il ne permet pas d’identifier la forme spécifique du virus responsable de l’infection chez le chat.

Il est important de noter que même en suivant ces mesures, il n’est pas possible d’éliminer complètement le risque de PIF.

Références

https://catedog.com/chat/03-sante-chat/11-maladies-infectieuses-chat/peritonite-infectieuse-feline-pif-chat/

https://www.webmd.com/pets/cats/cat-fip-feline-infectious-peritonitis

https://www.curefip.com/fr/post/nouveau-traitement-efficace-pour-la-p%C3%A9ritonite-infectieuse-f%C3%A9line-pif-gs441524-curefip-com

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