PFAS : un médicament anti-cholestérol pour les éliminer du sang

Article rédigé par le 10 avril 2024

Une lueur d’espoir pour les personnes exposées aux PFAS ! Un essai clinique réalisé au Danemark a révélé qu’un traitement contre le cholestérol peut réduire significativement leur taux dans le sang.

En trois mois seulement, les participants à l’étude ont observé une réduction de 60 % des niveaux de PFAS.

Zoom sur cette nouvelle perspective.

Les 4 points à retenir

  1. Un traitement contre le cholestérol pourrait réduire de 60% les « polluants éternels » (PFAS) dans le sang en trois mois.
  2. Cette découverte est prometteuse pour les personnes exposées aux PFAS, présents dans de nombreux produits du quotidien.
  3. Le traitement à base de cholestyramine expose toutefois les patients à des effets secondaires, dont les éruptions cutanées.
  4. Le traitement est surtout recommandé aux femmes qui veulent éviter de transmettre les PFAS à leur futur enfant.

Des substances dangereuses pourtant omniprésentes

Les PFAS font référence aux substances per- et polyfluoroalkylées. Ils regroupent des milliers de composés chimiques synthétiques qui sont persistants dans l’environnement. La solidité des liaisons carbone-fluor qu’ils contiennent les rend difficilement dégradables.

Ces « polluants éternels » s’accumulent pourtant dans notre corps et menacent notre santé. On en retrouve partout, de l’emballage alimentaire aux mousses anti-incendie, en passant par les ustensiles de cuisine.

Ces substances sont pourtant associées à diverses maladies. Les PFAS seraient à l’origine de la diminution de la réponse immunitaire aux vaccins, l’augmentation du cholestérol, et même le développement de cancers.

Un traitement pour éliminer rapidement les PFAS dans le corps

Publiée dans la revue Environment International en mars 2024, une étude clinique danoise a révélé qu’un traitement peut réduire les niveaux de PFAS dans le sang. Il s’agit de la cholestyramine, un médicament contre le cholestérol.

C’est un essai concluant ! 45 participants avec des taux élevés de PFOS (un type de PFAS) ont été divisés en deux groupes. Un groupe a reçu de la cholestyramine pendant 12 semaines, tandis que l’autre a servi de groupe témoin.

Le groupe prenant la cholestyramine a observé une diminution de 60% des niveaux de PFAS dans le sang. Cette baisse est 20 fois plus rapide que la diminution naturelle.

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Les effets secondaires ne sont pas négligeables

La cohorte n’est composée que de 45 personnes mais elle souligne l’efficacité du nouveau traitement. Morten Lindhardt, médecin à l’hôpital d’Holbaek, insiste toutefois sur les effets secondaires potentiels.

Des éruptions cutanées et des douleurs abdominales peuvent survenir chez certains patients. Leur risque d’apparition est même très élevé.

Morten Lindhardt souligne alors qu’un traitement à long terme n’est pas envisageable. « Si vous continuez à être exposé, je ne pense pas qu’il faut suivre ce traitement en permanence à cause des effets secondaires », a-t-il annoncé.

Un choix à considérer pour les femmes qui souhaitent d’avoir des enfants

Morten Lindhardt voit un « potentiel » dans l’utilisation de la cholestyramine pour les femmes en âge de procréer. Ce traitement pourrait leur permettre de réduire leur niveau de PFAS et d’éviter de les transmettre à leur futur enfant.

« Ça pourrait rompre la chaîne de transmission à la génération future », explique le médecin. En effet, les PFAS peuvent avoir des effets néfastes sur la santé des enfants, notamment sur leur développement neurologique et immunitaire.

Au-delà des aspects médicaux, le Morten Lindhardt souligne que le traitement peut soulager le « sentiment d’être empoisonné ». Les personnes fortement exposées aux polluants éternels ont donc l’occasion d’améliorer leur qualité de vie et leur bien-être psychologique.

Cette découverte portant sur la cholestyramine ouvre la voie à des perspectives prometteuses. Des recherches supplémentaires sont néanmoins nécessaires pour développer des solutions plus durables et moins invasives contre les PFAS.

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