Pied tombant : 6 causes possibles et que faire ? (traitement et exercices)

Article rédigé par le 25 avril 2024

Le pied tombant désigne une difficulté à soulever la partie avant du pied. Ceci peut affecter la marche dans certains cas, avec un pied qui traîne au sol.

D’où vient le pied tombant ? Sans être considéré comme une pathologie, cette condition est le plus souvent signe d’un problème neurologique ou musculaire sous-jacent.

Cet article rédigé par un professionnel de santé couvre 6 causes potentielles de pied tombant, et propose diverses modalités de traitement visant à corriger ou compenser pour cette affection.

Pied tombant : définition et présentation clinique

Le pied tombant concerne le mouvement de dorsiflexion de cheville. Essentiellement, il devient difficile (ou impossible) de soulever la partie avant du pied, par exemple pour ramener les orteils vers le tibia. Évidemment, ceci peut affecter la marche en provoquant des patrons compensatoires visant à soulever le pied du sol.

Le pied tombant peut être associé aux symptômes suivants :

Selon la cause, le pied tombant peut affecter un pied ou les deux. Il touche également les individus de tout âge.

D’où vient le pied tombant ? (6 causes possibles)

Parmi les causes possibles de pied tombant, on compte :

1. Lésion nerveuse périphérique

La cause la plus fréquente du pied tombant est la compression d’un nerf de la jambe qui contrôle les muscles impliqués dans le soulèvement du pied. Il s’agit du nerf fibulaire (également appelé nerf péronier ou sciatique poplité externe), une branche du nerf sciatique.

Par exemple, une blessure traumatique peut causer une lésion de ce nerf. Il peut également être atteint lors d’une opération (comme une chirurgie de remplacement de hanche ou de genou).

2. Atteinte vertébrale

Une pathologie au niveau de la colonne vertébrale peut irriter les nerfs spinaux et provoquer un pied tombant. Par exemple, une hernie discale au niveau L4-L5 peut irriter la racine nerveuse L4 et affecter le myotome correspondant. Ceci se traduit par une faiblesse des muscles impliqués dans la flexion dorsale de cheville, d’où le pied tombant dans certains cas.

3. Troubles musculaires ou nerveux

Diverses formes de dystrophie musculaire peuvent contribuer au pied tombant. Il s’agit de maladies héréditaires provoquant une faiblesse musculaire progressive et généralisée. Il en va de même pour d’autres troubles, comme la polio ou la maladie de Charcot-Marie-Tooth.

4. Troubles du système nerveux

Les troubles qui affectent le système nerveux central (la moelle épinière et le cerveau) ou périphérique peuvent mener à un pied tombant. On pense par exemple aux conditions suivantes :

  • la sclérose latérale amyotrophique (SLA)
  • la sclérose en plaques
  • les accidents vasculaires cérébraux (AVC)
  • la maladie de Charcot-Marie-Tooth
  • le diabète
  • etc.

5. Habitudes posturales

Certaines habitudes posturales peuvent provoquer des paresthésies au niveau de la jambe, et parfois même une faiblesse provoquant un pied tombant. Par exemple, les personnes qui ont l’habitude de croiser les jambes pendant des périodes prolongées peuvent comprimer le nerf fibulaire, ce qui entraînera une faiblesse des muscles responsables de la dorsiflexion de cheville.

De même, certaines professions qui impliquent de s’accroupir ou de s’agenouiller de manière prolongée – comme la cueillette des fraises ou la pose de carrelage – peuvent également irriter le nerf fibulaire et entraîner un pied tombant.

6. Mauvais port d’un plâtre

Les plâtres qui entourent la cheville et se terminent juste en dessous du genou peuvent exercer une pression sur le nerf fibulaire, et entraîner un pied tombant.

Comment établir le diagnostic ?

Initialement, le pied tombant est diagnostiqué lors d’un examen physique. En plus du patron de marche altéré, le professionnel de santé pourra constater une faiblesse des muscles impliqués dans la dorsiflexion de cheville. Des tests de sensibilité pourraient également déceler des paresthésies au niveau du tibia, du dessus du pied et/ou des orteils.

Les tests d’imagerie

Les nerfs spinaux ou périphériques responsables du pied tombant peuvent être comprimés par des excroissances osseuses, des tumeurs ou des kystes. Dans ces cas, il est pertinent de recourir à l’imagerie médicale pour apprécier l’anatomie des structures et les causes potentielles de pied tombant.

Les imageries typiquement utilisées pour clarifier le diagnostic sont les radiographies, ultrasons, scanners, imagerie par résonance magnétique (IRM) ou électromyogrammes (EMG).

Quel traitement pour le pied tombant ?

Le traitement du pied tombant dépendra évidemment de sa cause. Parmi les modalités thérapeutiques possibles, on compte :

La kinésithérapie

Des exercices prescrits par un kinésithérapeute (physiothérapeute) pourraient améliorer la force et la stabilité de cheville, et améliorer ainsi la fonction. Les autres objectifs en thérapie seraient :

  • maximiser l’équilibre grâce à des exercices adaptés
  • éviter la raideur des muscles du mollet via des étirements
  • le contrôle de la douleur et des tensions musculaires par des massages et mobilisations
  • un réentraînement à la marche
  • la pratique d’activités fonctionnelles (escaliers, marche en pente, etc.)
  • etc.

Quels exercices pour un pied tombant ?

Les exercices apportent une grande aide dans l’amélioration des conditions du patient qui souffre du pied tombant.

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Toutefois, il est à noter que l’évolution et le pronostic dépendent de la cause et de la gravité du problème. Ainsi, il se peut que les exercices ne soient pas tout à fait efficaces dans certains cas.

Avis du kiné : Il est toujours plus judicieux de se faire accompagner par un professionnel de la santé, spécialiste en la matière. Avec leur accompagnement, il est assuré que les exercices seront mieux exécutés.

Voici des exercices d’exercices souvent prescrits en kinésithérapie :

Marche sur les talons (ou l’arrière pied)

Cet exercice permet d’améliorer la fonction du pied tombant. Il optimise la mobilité. Il favorise aussi la force, l’équilibre et l’endurance des pieds.

Pour le réaliser, il suffit de se tenir debout, les pieds appuyés sur les talons. Ensuite, commencez à simuler les mouvements de marche sur place, puis déplacez-vous doucement. Il faut veiller à ce que seuls les talons s’appuient sur le sol. Si c’est trop douloureux, voire impossible, essayez juste de garder l’appui dans la partie arrière de vos pieds. Marchez quelques minutes, faites une pause, détendez vos pieds et reprenez.

Renforcement en dorsiflexion (avec élastique)

C’est un excellent moyen d’améliorer la capacité de soulever le pied. En effet, il travaille les muscles élévateurs pour réduire leur raideur.

Pour le faire, munissez-vous d’un élastique et attachez-le à un pied de table ou à un autre support solide rapproché du sol. Mettez-vous en position assise et mettez l’élastique sur la pointe de votre pied. Reculez doucement jusqu’à ce que l’élastique soit assez tendu. Essayez de ramener votre pointe de pied vers vous. Puis, revenez à la position initiale et ainsi de suite. Il faut veiller à ce que la jambe ne bouge pas. Pour optimiser cet exercice, associez votre respiration avec les mouvements.

Si l’exercice vous paraît trop difficile, vous pouvez commencer sans élastique et accompagner le mouvement de dorsiflexion en vous aidant de vos mains pour essayer de ramener votre pointe de pied vers vous et ainsi de suite. Dès que la mobilité de votre cheville s’améliore un peu, passez à l’élastique.

Répétez cet exercice avec une série de 10 à 15 fois de ces mouvements. L’idéal est de faire 3 séries tous les jours, si possible.

Renforcement en éversion de la cheville

Cet exercice d’éversion renforce les muscles du tibia, du péroné et des deux côtés de la cheville. Il permet alors d’améliorer leur mobilité, ce qui serait d’une grande aide pour les souffrants du pied tombant.

Pour ce faire, fixez l’élastique de la même manière que pour l’exercice précédent. Cette fois-ci, votre position initiale sera assise (sur une chaise), les genoux fixes et les talons des pieds appuyés sur le sol. Tournez la plante de votre pied vers l’extérieur de manière à ce que l’élastique soit encore plus tendu. Puis revenez à la position initiale et répétez.

Pour cet exercice kinésithérapeutique, il faut aussi faire attention à ne pas bouger les talons. Insistez sur les pointes des pieds.

Faites-en quotidiennement, 2 séries de 15 répétitions pour améliorer considérablement votre condition.

Renforcement des orteils

Les orteils jouent aussi un rôle important pour prendre l’appui et marcher normalement avec équilibre. C’est pourquoi il est important de les renforcer.

L’exercice de renforcement des orteils le plus courant et d’essayer d’attraper des objets avec. Vous pouvez essayer avec n’importe quel objet, mais les plus courants pour la pratique de cet exercice restent la serviette ou les billes.

Pour commencer, asseyez-vous confortablement et mettez vos pieds à plat sur le sol avec les objets à saisir à proximité. Tendez vos orteils puis pliez-les de façon à agripper l’objet. Soulevez légèrement et gardez cette position pendant quelques secondes. Puis relâchez l’objet et reposez le pied au sol.

Répéter ces mouvements 5 fois par jour est suffisant.

La stimulation nerveuse

La stimulation électrique du nerf fibulaire peut aider à améliorer le mouvement de dorsiflexion et éviter le pied tombant. De nombreux dispositifs existent, certains étant même portatifs et utilisés lors de la marche.

La chirurgie

Si le pied tombant persiste, limite les activités quotidiennes et ne semble pas s’améliorer malgré les traitements proposés ci-dessus, il se peut que le médecin considère la chirurgie pour améliore la qualité de vie de son patient.

Évidemment, l’intervention devrait être adaptée à la cause première de pied tombant. Par exemple, les interventions suivantes pourraient être considérées :

  • arthrodèse (fusion des os de la cheville)
  • transfert tendineux
  • excission du kyste, tumeur ou excroissance osseuse responsable des symptômes
  • etc.

Comme toute intervention chirurgicale comporte des risques, le médecin s’assurera de peser le pour et le contre avant d’envisager une opération. Il communiquera également les avantages, alternatives et résultats escomptés à long terme avec son patient.

Des appareils orthopédiques et adaptations environnementales

Une orthèse à la cheville et au pied ou une attelle qui s’insère dans la chaussure peut aider à maintenir le pied dans une position normale. De même, un canne ou autre aide à la marche permettra de réduire le risque de chute et améliorer les déplacements.

Au domicile, on recommande d’enlever les objets pouvant provoquer des chutes comme les tapis et câbles électriques. Des rampes peuvent être installées pour permettre de monter et descendre les escaliers sans risque. Finalement, il est recommmandé de garder sa maison éclairée et bien dégagée en tout temps.

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L’orthèse pour pied tombant : efficace ? (avis kiné)

Les principales tâches motrices exercées lors du port de l’orthèse sont la marche, la station debout pendant une longue période, la montée et descente d’escalier et le transfert assis debout.

Lors de la marche, les orthèses de type releveur de pied semblent se substituer correctement aux fonctions musculaires déficitaires. Ils accompagnent le mouvement de cheville au moment de l’attaque du pas et en participant à la phase de propulsion. Ainsi, le patient peut améliorer sa capacité locomotrice sans craindre d’effets négatifs dus à l’immobilisation partielle de l’articulation de la cheville.

La vitesse de marche confortable est significativement améliorée lors du port d’orthèse. D’ailleurs, il s’avère que le ressenti des patients concernant la fonction locomotrice avec orthèse est positif chez les patients avec une parésie d’origine périphérique des fléchisseurs dorsaux.

Quelles que soient les caractéristiques mécaniques des orthèses de type releveur de pied, toutes permettent :

  • une augmentation des amplitudes des forces de réaction au sol ;
  • une augmentation de la longueur du pas du pied non lésé ;
  • une meilleure stabilité médio-latérale durant la phase d’appui.

En revanche, les différents réglages engendrent des effets particuliers qui doivent être adaptés aux besoins particuliers des patients.

Chez des patients ayant une paralysie des muscles fléchisseurs plantaires, le port d’orthèse de type releveur de pied modifie les valeurs des paramètres spatio-temporelles et cinétiques, en les rapprochant de celles observées chez des sujets sains.

Quels sont les bénéfices de l’orthèse pour le pied tombant ?

Pour procurer leur efficacité thérapeutique, les orthèses plantaires agissent, entre autres, sur la stabilité posturale et la biomécanique du membre inférieur.

Cependant, on constate une grande hétérogénéité dans les études scientifiques répertoriées. Les participants, le type d’orthèses plantaires et les méthodes de mesure varient grandement d’une étude à l’autre. Par contre, les orthèses plantaires améliorent la stabilité posturale dans la majorité des études.

La stimulation des récepteurs cutanés plantaires via différents types de semelles orthopédiques (orthèses) permet de modifier différentes variables biomécaniques comme la variabilité de déplacement du centre de pression, la cinématique du membre inférieur ainsi que les forces de réaction du sol à la marche.

En cas d’atteinte vertébrale (lésion nerveuse), les muscles sollicités pour la marche ne sont plus activés correctement par les voies nerveuses endommagées (faiblesse des muscles). Les orthèses sont capables de remplacer une grande partie de cette fonction musculaire perdue, voire de la rétablir.

Pour le cas des patients atteints de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, la prescription d’un modèle d’orthèse adapté permet d’améliorer la performance physiologique des patients lors de la marche. Elle apporte également des bénéfices concernant la vitesse de marche et le ressenti du patient (améliore la sensation de confort lors de la marche).

La prescription d’une orthèse dépendra aussi du pronostic de la maladie. Si le pronostic est bon, on peut associer des exercices au port d’orthèse, tout en sachant qu’il ne faut surtout pas négliger le traitement de la cause sous-jacente de pied tombant. Dans le cas, où le pronostic est réservé, l’utilisation de l’orthèse est encore fortement recommandée, car ça permet d’améliorer la qualité de vie, et maintenir le niveau d’activité physique général. C’est aussi bon pour le moral.

Et les inconvients ?

Prescrire au patient un appareillage qui offre une résistance excessive aux mouvements de flexion plantaire ou dorsale peut engendrer au niveau du genou des moments de force, qui peut déstabiliser la marche.

La raideur du système (orthèse) ne doit pas être excessive, au risque de mettre en péril la stabilité du genou lors du contact initial par le talon, mais doit être suffisante pour relever le pied lors de la phase oscillante. Il s’agit donc de trouver le meilleur compromis entre la stabilité du genou en début d’appui et la hauteur d’orteils par rapport au sol en phase oscillante. Lors de la marche, une limite à la flexion dorsale peut engendrer un moment d’extension du genou en fin de phase d’appui, et ce d’autant plus si la butée se situe en position de flexion plantaire.

La valeur de la résistance aux différents mouvements doit être fonction des caractéristiques de la pathologie propre à chaque individu, soulignant l’intérêt d’un dispositif médical releveur de pied aux caractéristiques modulables. Elles doivent être modulables après leur fabrication pour s’adapter aux caractéristiques physiques évolutives de chaque patient.

Références

Les articles et ressources utilisés dans l’élaboration de cet article
  1. https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/foot-drop/diagnosis-treatment/drc-20372633
  2. https://www.nhs.uk/conditions/foot-drop/
  3. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Foot_drop.jpg
  4. https://www.orliman.fr/les-exercices-et-conseils/exercices-steppage/
  5. https://axophysio.com/5-exercices-pour-renforcir-vos-chevilles/
  6. https://www.edimark.fr/Front/frontpost/getfiles/10690.pdf
  7. https://www.elsevier.com/fr-fr/connect/kine-osteo/ortheses-impact-sur-lequilibre-et-la-marche
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