Radiographie du rachis cervical : guide complet

Article rédigé par le 2 mars 2024

La colonne cervicale est sujette à de multiples maladies et la radiographie cervicale est souvent le premier examen demandé face à un problème du cou. Sa procédure est simple et rapide, mais ses risques sont à considérer : cancer, anomalies foetales, maladies de peau, etc. 

Radiographie cervicale : procédure et risques, tout est expliqué dans cet article rédigé par un professionnel de santé.    

Définition et anatomie

Anatomie de la colonne cervicale

La colonne cervicale, qu’on nomme également le rachis cervical, est le squelette du cou, elle s’étend du crâne jusqu’à la vertèbre numéro 8, ainsi, la colonne cervicale correspond aux sept premières vertèbres. Elle forme avec la colonne thoracique et la colonne lombaire l’ensemble de la colonne vertébrale.  

Il existe trois vertèbres particulières au niveau de la colonne cervicale, l’Atlas (la première vertèbre), l’Axis (la deuxième vertèbre) et la vertèbre proéminente (la septième vertèbre). Leur particularité réside dans le fait qu’elles sont un peu différentes anatomiquement des autres vertèbres cervicales, ce qui facilite leurs fonctions. Prenons un exemple, l’Atlas possède un trou important pour livrer passage au bulbe rachidien, la partie du système nerveux qui donne naissance à la moelle épinière 

Le rachis cervical, à l’aide des muscles cervicaux, permet d’effectuer plusieurs mouvements articulaires. Nous notons la rotation, l’inclinaison, la flexion et l’extension de la nuque. L’inclinaison permet de rapprocher l’oreil de l’épaule, la rotation permet de faire le mouvement qui exprime le mot “non”, la flexion baisse la tête sur le thorax et l’extension la bascule en arrière, c’est avec ces deux mouvements qu’on exprime donc le mot “oui”.

Les pathologies de la colonne cervicale

Les maladies qui touchent la colonne cervicale sont nombreuses, elles peuvent être des affections traumatiques, des affections dégénératives, des infections, des tumeurs, etc. En voici quelques unes des pathologies cervicales les plus fréquentes :

Les fractures osseuses et les entorses

La fracture cervicale est une cassure qui peut toucher n’importe quelle partie d’une ou de plusieurs vertèbres cervicales. Elle a généralement une cause traumatique, comme les accidents de la route et les chutes. Quand le médecin suspecte une fracture au niveau des cervicales, la radiographie cervicale est la première imagerie qu’il demande, elle confirme le diagnostic au cas d’apparition d’une fracture franche.

L’entorse cervicale est quand le ligament, une structure anatomique qui sert à stabiliser et à protéger les articulations cervicales, se rompt. Tout comme la fracture cervicale, l’entorse cervicale est provoquée généralement par un choc.  

La hernie discale cervicale

On parle de la hernie discale cervicale quand un disque intervertébral cervical se déplace et sort de son emplacement naturel. Sachant que le disque intervertébral est un tissu cartilagineux situé entre chaque deux vertèbres. Il peut ensuite écraser une racine nerveuse, ce qu’on appelle une compression radiculaire, et déclencher une névralgie (douleur du nerf).  

La radiographie ne confirme pas le diagnostic de la hernie discale cervicale, mais elle permet de rechercher d’éventuelles affections qui peuvent être la cause du déplacement du disque intervertébral.

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L’arthrose cervicale

L’arthrose correspond à la dégénérescence du cartilage qui sépare les deux surfaces articulaires de l’articulation. L’arthrose cervicale, ou la cervicarthrose, est la dégradation d’un disque intervertébral cervical.

Les articulations cervicales font partie des articulations les plus sujettes à l’arthrose car nous mobilisons beaucoup notre cou au quotidien. Les disques intervertébraux les plus touchés sont les disques C4-C5, C5-C6 et C6-C7. Le médecin diagnostique la cervicarthrose en se basant sur une radiographie cervicale   

Le rachis cervical rhumatoïde

Le rachis cervical rhumatoïde est quand la colonne cervicale est touchée par la polyarthrite rhumatoïde. C’est une maladie auto-immune où des auto-anticorps attaquent la membrane synoviale, une membrane qui recouvre intérieurement les articulations et qui sécrète le liquide qui les lubrifie. Comme son nom l’indique, la “polyarthrite” rhumatoïde touche plusieurs articulations à la fois.

La colonne cervicale est fréquemment touchée par la polyarthrite rhumatoïde, le rachis cervical devient alors douloureux, avec des mouvements articulaires limités et, parfois, des manifestations neurologiquesLa radiographie cervicale est réalisée systématiquement en cas d’atteinte du rachis cervical rhumatoïde.  

La radiographie cervicale : Quand l’utiliser ?

Différence entre la radiographie et les autres types d’imageries

 

Radiographie

Scanner

IRM

Technique utilisée

rayons X

rayons X, mais produits et émis par un tube tournant autour du corps

ondes magnétiques

Spécialité

visualisation des os et des articulations.

visualisation de certains organes comme le coeur

visualisation des masses comme les tumeurs

visualisation de plusieurs structures anatomiques en 3D :os, moelle épinière, vaisseaux sanguins,nerfs, etc.    

Il est surtout utile pour détecter les modifications du volume des organes.  

visualise encore mieux les organes et permet une étude plus poussée.  

Durée

5 à 10 minutes

10 à 15 minutes

20 à 30 minutes

Coût

peu coûteuse

coûteux

coûteuse

Indication de la radiographie cervicale

Les radiographies cervicales ont beaucoup d’indications, elles sont surtout utilisées en cas de :  

  • traumatismes et chocs du cou ;
  • douleurs cervicales spontanées (cervicalgies) ;
  • suspicion d’une déformation rachidienne qui touche la colonne cervicale (cyphose cervicalescoliose cervicale) ;
  • sensations de fourmillements et de picotements faisant suspecter une hernie discale cervicale ;
  • chirurgie, en préopératoire pour aider le médecin à s’assurer que l’état du patient lui permet de subir l’opération, et en postopératoire pour le surveiller et suivre son évolution.

Le principe est simple, le médecin préfère souvent demander une radiographie cervicale en premier lieu quand il y a un problème du rachis cervical. S’il s’agit d’une maladie dont le diagnostic est radiographique, elle va directement la confirmer.

Au cas de suspicion d’une maladie qui demande une étude plus poussée pour se confirmer (scanner cervical, IRM cervicale, ponction, etc), la radiographie va orienter le médecin vers cette pathologie par les signes qu’il y trouve, et lui donner une raison de demander des examens plus coûteux et moins confortables.

Limites de la radiographie cervicale

La radiographie cervicale a ses limites, par exemple, elle ne nous permet pas de :

  • voir les tissus mous, comme les muscles cervicaux.  
  • détecter certaines lésions, comme les petites fractures et les fissurations osseuses ;
  • visualiser certaines affections précocément, comme les tumeurs des vertèbres cervicales, qui n’apparaissent qu’après leur évolution ;  
  • faire une étude efficace si le patient est mal positionné, s’il bouge ou si les conditions techniques sont altérées ;
  • obtenir toujours des résultats précis car la dose des rayons X doit être limitée pour protéger le patient.
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Procédure de la radiographie cervicale

La procédure de la radiographie cervicale n’a rien de compliqué, le patient est guidé par le manipulateur de radiologie qui va lui demander d’enlever les objets métalliques qu’il porte. Il va ensuite le diriger vers l’appareil et l’aider à se positionner : souvent position debout ou assise. Les rayons X émis vont passer par le rachis cervical du patient, permettant d’obtenir un cliché de face et de profil.

Certaines substances peuvent être avalées ou injectées pour permettre de mieux visualiser le rachis cervical.  

La radiographie cervicale dure environ 5 minutes, et les clichés sont obtenus après 10 à 15 minutes.

Risques de la radiographie

Bien que la radiographie soit associée à certains risques, il est important de souligner que ces risques sont généralement très minimes et extrêmement rares.

Parmi les préoccupations, on note :

  • l’altération potentielle de l’ADN et de l’ARN des cellules, ce qui pourrait mener à diverses maladies (y compris un risque accru de cancers)
  • des anomalies fœtales chez les femmes enceintes (c’est pourquoi il est crucial pour toute femme enceinte de notifier sa grossesse avant de procéder à une radiographie)
  • des impacts sur les globules rouges, la moelle osseuse, la peau, et les gonades.

Néanmoins, il est essentiel de comprendre que les bénéfices d’un diagnostic précis grâce à la radiographie surpassent souvent les risques.

Les professionnels de santé évaluent soigneusement le pour et le contre avant de recommander une radiographie, assurant que l’utilisation de cette technique est justifiée par l’importance de clarifier le diagnostic et de guider le traitement.

Les avancées technologiques ont également permis de minimiser l’exposition aux rayonnements et de renforcer la sécurité des patients.

Avant de procéder à une radiographie, une explication détaillée des procédures et des risques associés est fournie au patient. Cette démarche vise non seulement à préparer le patient à l’examen mais aussi à renforcer le lien de confiance et d’honnêteté entre le patient et le professionnel de santé.

En somme, bien que la radiographie comporte des risques, ceux-ci sont pris en compte avec la plus grande attention et sont largement contrebalancés par les bénéfices diagnostiques et thérapeutiques qu’elle apporte.

« Après plusieurs semaines de douleurs persistantes au cou et de raideurs matinales, mon médecin a recommandé une radiographie du rachis cervical pour mieux comprendre la cause de mon inconfort. J’avoue que l’idée de passer cet examen me rendait nerveuse. Je craignais non seulement le résultat, mais j’étais également préoccupée par le processus en lui-même. Cependant, je fus agréablement surprise par la simplicité et la rapidité de la procédure. Le personnel médical a été incroyablement rassurant, expliquant chaque étape avant de commencer, ce qui a grandement apaisé mes inquiétudes.

L’attente des résultats fut une période d’anxiété, pendant laquelle j’ai envisagé différents scénarios. Heureusement, les résultats ont révélé qu’il n’y avait rien de grave. Cette nouvelle a été un immense soulagement pour moi. Non seulement je me suis sentie rassurée, mais cette expérience m’a aussi appris l’importance de ne pas ignorer les signes que mon corps me donne et de chercher des réponses médicales sans tarder. »

Stéphanie, Nantes

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