Radiographie lombaire : guide complet

Article rédigé par le 20 août 2023

La radiographie lombaire est utile dans le diagnostic de pathologies des cinq dernières vertèbres de la colonne vertébrale.

L’examen radiographique lombaire se déroule de façon simple et rapide. Il est plutôt confortable et ne dérange pas le patient. Cependant, comme toute radiographie, il comporte des risques et limites qui méritent d’être discutés.

Dans cet article rédigé par un médecin, nous expliquons les indications, la procédure et les risques associés à ce type d’imagerie médicale.

Rappel anatomique : La colonne lombaire

La colonne lombaire est la partie de la colonne vertébrale qu’on trouve au niveau du bas du dos. Elle fait suite à la colonne thoracique, qui elle, correspond à la partie moyenen du dos, et forme avec cette dernière et la colonne cervicale (squelette du cou) l’ensemble de la colonne vertébrale. Au dessous du rachis lombaire, on trouve l’os sacrum.

anatomie de la colonne lombaire
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Le rachis lombaire est constitué de 5 vertèbres, appelées : L1, L2, L3, L4 et L5. Elles sont les vertèbres les plus volumineuses de la colonne vertébrale. Elles forment, en s’articulant entre elles, une courbure qu’on appelle la lordose lombaire.

Avec la colonne lombaire, nous faisons plusieurs mouvements articulaires : nous rapprochons notre thorax de nos membres inférieurs, c’est la flexion. Nous nous redressons ensuite pour revenir à notre position normale, c’est ce qu’on appelle l’extension. Il y a d’autres mouvements que nous pouvons faire avec la colonne lombaire, comme la rotation ou l’inclinaison latérale.

Les pathologies de la colonne lombaire

Beaucoup de pathologies touchent la colonne lombaire. Voici 3 pathologies lombaires connues :  

La hernie discale lombaire 

Les vertèbres de notre corps sont séparées par des disques cartilagineux appelés les disques intervertébraux. En réalité, ces disques sont composés d’une partie interne, molle, et d’une couverture externe plus dure.

Dans certaines conditions, la couverture externe se fissure, donnant l’occasion à la partie interne de sortir à travers la lésionCe glissement peut comprimer (écraser) des nerfs (compression radiculaire) ou même la moelle épinière (compression médullaire).

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Herniated_Disc.png
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La plupart des hernies discales sont produites dans la colonne lombaire, c’est une pathologie lombaire très fréquente, qui a des symptômes variables: ils peuvent aller d’une souffrance nerveuse simple ou moyennement grave (névralgie, manifestations neurologiques comme les fourmillements), à des paralysies et une perte du contrôle des organes, comme l’altération des nerfs de la vessie, qui entraîne une fuite urinaire involontaire (l’incontinence urinaire).

La radiographie lombaire sert à rechercher l’étiologie de la hernie discale lombaire, c’est-à-dire la maladie qui a précédé et a causé le déplacement du disque intervertébral.

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La sténose lombaire 

Les vertèbres du rachis sont dotées d’un trou, l’ensemble des trous forme un canal vertical, appelé le canal vertébral, c’est par ce canal que passe la moelle épinière. On parle de la sténose lombaire quand le diamètre du canal vertébral diminue au niveau de sa partie lombaire, affectant ainsi la moelle épinière.

L’examen clinique, c’est-à-dire la consultation du médecin, suffit pour confirmer la sténose, mais une radiographie lombaire peut être prescrite pour rechercher une étiologie.

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Le spondylodiscite infectieuse 

C’est une infection ostéo-discale, ce qui veut dire qu’on aura une infiltration des vertèbres et des disques intervertébraux par des germes. Les agents infectieux arrivent au rachis généralement après leur passage dans le sang, à partir d’un organe précédemment infecté.

Si l’infection a lieu au niveau de la colonne lombaire, la symptomatologie sera marquée par : une douleur lombaire (lombalgie), une douleur des nerfs (névralgie), une limitation des mouvements articulaires, et, surtout, une fièvre.

Autres affections lombaires :

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Technique et spécificités

Le principe de la radiographie est simple : Les rayons-x passent par les parties du corps dont on veut obtenir le cliché, puis, ils seront absorbés par les organes, ce qui va permettre de produire une image radiographique. Le tout est réalisé à l’aide d’un appareil spécialisé.

Malheureusement, seuls les organes denses absorbent efficacement les rayons-x. Ainsi, on ne peut pas voir les tissus mous avec les radiographies. Leur spécialité est la visualisation des os et des articulations.

Le scanner utilise également les rayons-x, mais d’une manière plus développée. Il permet donc de voir les organes et les tissus mous. Il est surtout utile pour rechercher les changements du volume des organes.

L’IRM (ou imagerie par résonance magnétique), quant à elle, utilise des ondes magnétiques. Cette imagerie constitue l’examen le plus précis en imagerie médicale, car il visualise clairement les os, organes et tissus. L’IRM permet ainsi de mieux détecter toute anomalie.

Rapidité et coût

La radiographie lombaire se distingue par son efficacité et son accessibilité économique, en particulier lorsqu’elle est comparée à d’autres méthodes d’imagerie plus complexes telles que le scanner et l’IRM.

Voici une exploration plus détaillée de ces avantages :

  • Rapidité d’exécution : L’un des atouts majeurs de la radiographie lombaire est sa capacité à fournir des images rapidement. Typiquement, l’examen peut être réalisé en quelques minutes, ce qui est particulièrement bénéfique dans des situations d’urgence ou lorsque des résultats rapides sont nécessaires pour une prise de décision clinique immédiate.
  • Coût économique : Comparativement au scanner et à l’IRM, la radiographie lombaire est nettement moins onéreuse. Cette différence de coût s’explique par la simplicité relative de l’équipement nécessaire à la radiographie par rapport aux technologies plus avancées utilisées en IRM.
  • Disponibilité et accessibilité : La radiographie est largement disponible dans la plupart des établissements de santé, des hôpitaux aux cliniques de soins primaires, rendant cet examen accessible à une grande majorité de patients.

Quelles indications pour une radiographie lombaire ?

En raison de ces avantages, la radiographie lombaire est fréquemment utilisée comme outil de première intention pour l’évaluation des pathologies lombaires. Ses indications comprennent :

  • les traumatismes de la colonne lombaire, incluant les fractures vertébrales ;
  • elle peut être prescrite avant une chirurgie pour un bilan préopératoire ;
  • en postopératoire, pour voir les résultats de l’intervention chirurgicale.
  • dépistage d’une maladie dégénérative (comme l’arthrose lombaire)
  • diagnostiquer une infection (comme l’ostéomyélite ou la spondylodiscite)
  • identifier une tumeur
  • identifier une lombalgie inflammatoire (comme la spondylarthrite ankylosante)
  • s’assurer de la stabilité de la colonne lombaire (et identifier une condition comme le spondylolisthésis ou l’instabilité lombaire)

Cette liste n’est pas exhaustive, et la décision d’utiliser la radiographie lombaire dépendra toujours de l’évaluation clinique individuelle faite par le médecin traitant. Si nécessaire, des examens complémentaires plus spécifiques, comme le scanner ou l’IRM, peuvent être prescrits pour approfondir les investigations.

Limites

La radiographie lombaire présente certaines limitations inhérentes à sa technologie et à son principe de fonctionnement. Parmi les principales, on retient :

  • La visualisation des tissus mous peut être très limitée (comme les muscles, ligaments, disques, nerfs);
  • Certaines lésions peuvent passer inaperçues, comme les petites fractures et les tumeurs vertébrales dans leur début ;  
  • Le contraste est limité, car la dose des rayons-x, reconnus comme étant potentiellement dangereux, doit être minimisée ;
  • La qualité de la radiographie lombaire s’altère facilement si le patient bouge ou si les conditions techniques sont imparfaites.
  • La qualité des radiographies peut être réduite chez les patients obèses en raison d’une pénétration insuffisante des rayons X.
  • Des objets métalliques (comme les implants chirurgicaux) peuvent causer des artefacts qui obscurcissent les images.

Ce que disent les études :
L’objectif d’une étude réalisée par J. Fechtenbaum et collaborateurs était d’évaluer la capacité d’identifier des fractures vertébrales sur des radiographies de la colonne vertébrale chez 629 femmes post-ménopausées. Ceci vient du fait que près de deux tiers des fractures ostéoporotiques ne sont pas détectées cliniquement.

Les résultats de cette étude révèlent que 25 % des fractures vertébrales ne sont pas diagnostiquées chez les patientes considérées comme ayant au moins une fracture. En conséquence, les patients nécessitant un traitement préventif pour réduire le risque de fracture ne sont pas correctement identifiés.

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La procédure de la radiographie lombaire

  1. Le médecin prépare le patient en lui expliquant comment et pourquoi faire un examen radiographique, ainsi que les risques redoutés.
  2. Le manipulateur de radiologie demande au patient d’enlever ses bijoux, sa montre et  les objets en métal qu’il porte.
  3. Dans certains cas, on peut administrer des substances au patient pour un meilleur contraste
  4. Le patient est ensuite guidé vers l’appareil et positionné dans la position adéquate
  5. L’appareil commence à travailler et à émettre les rayons-x, qui vont être absorbés par les rachis lombaire
  6. Les clichés sont prêts dans peu de temps, 5 à 10 minutes après la fin de l’examen radiographique.  

Les risques de la radiographie

Bien que la radiographie lombaire soit un outil diagnostique précieux, il est important de reconnaître qu’elle comporte certains risques, bien que minimes. La radiographie peut, dans de très rares cas :

  • causer des anomalies chromosomiques, les rayons-x peuvent en effet provoquer des mutations au niveau de l’ADN ;
  • causer des anomalies chromosomiques foetales, si la femme qui subit la radiographie est enceinte ;
  • augmenter le risque des cancers ;
  • altérer certains organes comme la peau et les gonades ;
  • Altérer le système circulatoire : globules rouges, moelle osseuse, etc.

Ce que disent les études :
Selon une étude réalisée par Andrew Simpson et collaborateurs, les doses de radiation pour les radiographies cervicales antéropostérieures et latérales étaient respectivement de 0.12 et 0.02 mSv, tandis que les valeurs correspondantes pour les radiographie lombaires antéropostérieures et latérales étaient beaucoup plus élevées (2.20 et 1.50 mSv, respectivement).

À titre de comparaison, une radiographie thoracique typique entraîne une dose de radiation entre 0.06 et 0.25 mSv.

L’étude conclut en mentionnant que les radiographies lombaires généraient beaucoup plus de radiations que les radiographies cervicales et thoraciques, et que les radiographies antéropostérieures exposaient à plus de radiations que les radiographies latérales.

Cependant, il est crucial de souligner que ces risques sont extrêmement faibles et surviennent généralement après une exposition répétée et à des doses élevées de radiations, bien au-delà de celles associées à une radiographie lombaire standard. Les avancées technologiques ont considérablement réduit la dose de radiation nécessaire, minimisant encore davantage les risques.

Dans la balance entre risques et bénéfices, il est généralement admis dans la communauté médicale que les avantages de la radiographie lombaire surpassent largement les risques, surtout lorsque celle-ci est réalisée de manière judicieuse et ciblée. Il est important que chaque cas soit évalué individuellement, et c’est là que le médecin joue un rôle crucial.

En tant que professionnel de la santé, le médecin est la meilleure ressource pour peser les pour et les contres, en tenant compte des antécédents médicaux spécifiques du patient, de son état actuel, et des alternatives diagnostiques disponibles, afin de prendre une décision éclairée sur l’utilisation appropriée de la radiographie lombaire.

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