Rééducation après une lésion des extenseurs des doigts : approche kiné

Article rédigé par le 17 août 2022

Les extenseurs des doigts peuvent subir une lésion ouverte ou fermée à cause d’une fracture, d’une entorse ou d’une luxation des doigts. Les blessures peuvent affecter les structures qui entourent le tendon sous forme de plaie simple ou de traumatisme complexe (qui nécessite une chirurgie). Le traumatisme peut aussi venir d’une rupture tendineuse. Plusieurs techniques de rééducation en kiné sont utiles pour guérir une lésion des extenseurs des doigts surtout, après une chirurgie. Dans cet article, nous allons voir toutes les modalités à suivre pour rééduquer les extenseurs des doigts.

Les extenseurs des doigts : anatomie

 

Les extenseurs des doigts se localisent sur la face dorsale de la main. Il en existe 5 :

 

 

  • le long extenseur du pouce ;
  • le court extenseur du pouce ;
  • l’extenseur propre de l’index ;
  • l’extenseur propre du petit doigt ;
  • l’extenseur commun des doigts.

 

L’élévation des doigts dépend des muscles intrinsèques (innervés par le nerf ulnaire et le nerf médian) et des tendons extenseurs extrinsèques.

 

Les mouvements d’extension des doigts sont possibles au moyen de trois principales articulations.

 

  • L’articulation trapézométacarpienne : articulation carpométacarpienne de la colonne du pouce. Elle permet l’opposition de ce dernier. C’est la seule articulation mobile de toutes les articulations carpométacarpiennes.
  • Les articulations métacarpophalangiennes : entre la tête des os du métacarpe et la base des premières phalanges des doigts.
  • Les articulations interphalangiennes proximales (entre la première et la deuxième phalange) et distales (entre la deuxième et la troisième phalange).

 

L’extension du doigt commence au niveau des métacarpophalangiennes et progresse vers les articulations des phalanges proximales, puis distales. Pour remarque, l’extension distale est plus faible que l’extension proximale.

 

Comme mentionné plus haut, les extenseurs se situent dans la région dorsale de la main, directement sous la peau. Ils sont alors très superficiels et très vulnérables aux moindres traumatismes et blessures.

 

 

Le plus souvent, les lésions provoquent la déchirure (partielle ou totale) de l’un ou de plusieurs tendons extenseurs. Et le traitement nécessite une intervention chirurgicale afin de les suturer. Après cela, il est également utile de suivre des séances de rééducation en kinésithérapie (physiothérapie).

 

 

Soigner les extenseurs : quelle approche kiné ?

 

La kinésithérapie est une technique de soin délicate et sa pratique dépend de la condition. Les séquelles des lésions peuvent avoir des particularités propres à chaque cas. Ainsi, il faut en discuter avec le kinésithérapeute (physiothérapeute) pour la rééducation.

 

Techniques de récupération après une lésion des extenseurs des doigts : conseils et exercices

 

Il faut utiliser plusieurs modalités afin d’optimiser la chance de guérison.

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Cicatrisation des plaies : immobilisation et massage

 

Après la chirurgie ou lors du traitement de la lésion des extenseurs, on procède d’abord à l’immobilisation temporaire des doigts à l’aide d’une attelle. La phase de repos est d’ailleurs, la première étape d’une rééducation. En cas de blessure fermée, le doigt doit strictement être immobilisé durant 2 mois puis 1 mois pendant la nuit.

 

Si la lésion est ouverte, c’est-à-dire que le traitement est d’ordre chirurgical, alors l’immobilisation doit durer 45 jours. Ce n’est qu’une étape avant de procéder à des exercices et à la reprise des activités quotidiennes.

 

 

Afin d’assurer une meilleure cicatrisation des tendons et des ligaments, certaines techniques d’électrothépie (comme l’ultrason) peuvent s’avérer une option intéressante. Même si cette méthode n’est plus aussi utilisée qu’avant en raison du manque de preuves scientifiques, cela reste un antalgique potentiel pour l’influx nerveux ainsi que sur la fibre sensitive.

 

Soulager les articulations

 

Pour faire diminuer les douleurs et éviter les œdèmes, on peut passer les doigts par un sachet rempli de glaçons. C’est la cryothérapie qui a un effet vasoconstricteur et anti-inflammatoire. Attention toutefois à respecter une durée adéquate en raison du risque de brûlure à la glace.

 

 

Pour soulager les articulations des doigts, on peut aussi tremper la main dans un bain chaud avec de la paraffine. Cela va former un gant qui va répandre la chaleur en profondeur des articulations des doigts.

 

Par ailleurs, une autre façon de soulager les articulations de la main et des doigts consiste à utiliser un bain écossais. Cette pratique vise à alterner pendant 10-15 minutes, les bains chauds de la main et les bains froids. Cela va également calmer les douleurs, mais il faut régler la température soit une température entre 38 ° et 43 ° pour le bain chaud et entre 14 ° et 18 ° pour le froid.

 

L’effet alterné de vasodilation et vasoconstriction est également efficace pour drainer l’enflure au site de blessure.

 

Recouvrer les forces musculaires

 

L’électrothérapie est une parfois utilisée pour stimuler les muscles entourant la main et les doigts. Elle se fait par le biais d’une électrostimulation. Elle contracte et décontracte, puis renforce les muscles intrinsèques des tendons extenseurs des doigts. Non seulement cette méthode diminue l’action des récepteurs de douleur, mais permet également d’activer les muscles des mains.

 

Soulignons toutefois que la contraction induite par l’électrostimulation n’est pas aussi efficace qu’une contraction naturelle, et qu’il faut à tout prix utiliser une approche active pour optimiser les résultats et retrouver la fonction de la main et du membre supérieur.

 

 

Pratiquer des exercices et reprendre les activités

 

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Exemples d’exercices

 

Afin d’augmenter les chances de guérison, le patient doit être proactif et rééduqué.

 

Cette phase commence par la suppression de l’attelle s’il y en a eu. Et si la cause de la lésion est grave, la rééducation doit commencer par une flexion sur un angle de 30 ° à partir des doigts adjacents. Suite à une entorse ou une luxation, il faut procéder par une flexion suivie d’une extension active. Cette manœuvre va prévenir la formation des œdèmes.

 

 

Après 15 jours, la flexion et l’extension des doigts sont à monter progressivement à partir de 30 ° à 60 °. Si possible, on peut utiliser un appareillage dynamique pour assurer la traction dynamique (depuis la partie dorsale de la main) et le retour à 0 ° en extension.

 

Afin d’entretenir la mobilité et les glissements tendineux, il faut monter chaque jour, la vitesse et la fréquence des exercices. Augmenter le rythme des mouvements de flexion et extension entre 70 ° et 90 ° au terme de la quatrième semaine.

 

Pour retrouver la motricité fine des doigts, plusieurs exercices peuvent s’effectuer devant une table. Pour ce faire, placer les coudes sur la table et ouvrir les doigts (un à un) puis les fermer. Il faut apprendre à froisser un doigt à la fois, faire tourner des objets en variant les formes. Chaque geste est à pratiquer au moins dix fois par jour.

 

Il faut passer un challenge en prenant deux balles en plastique puis les tourner l’une après l’autre sur une main.

 

La reprise des tâches quotidiennes fait partie des exercices de kiné à domicile. Il faut apprendre à manipuler les robinets, ouvrir les portes, enfiler ses vêtements et peigner les cheveux…

 

Il faut commencer à nettoyer, à faire du jardinage ou à tenir le volant. Ensuite, il faut reprendre doucement le travail.

 

Quels sont les objectifs de la rééducation en kiné ?

 

Associée avec la prise d’antalgiques ou autres techniques médicales (comme des infiltrations dans certains cas), l’immobilisation temporaire servira à contrôler la douleur et l’inflammation.

 

Toutes les modalités de rééducation ont pour objectif de retrouver la force musculaire et la coordination des doigts.

 

Elles visent aussi à contrôler la motricité des doigts et à retrouver la fonction globale du membre supérieur. Ceci permettra éventuellement de reprendre les activités de loisir, sportives, et professionnelles. 

 

 

Références

 

https://www.sfrm-gemmsor.fr/file/medtool/webmedtool/gemmtool01/botm0032/pdf00002.pdf

https://www.youtube.com/watch?time_continue=223&v=X9p-gIR68VM&feature=emb_title

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