Résection intestinale : indications, déroulement, complications (guide complet)

Article rédigé par le 1 mai 2024

Une résection intestinale est une intervention chirurgicale ayant pour but de retirer une partie de l’intestin

Ses principaux enjeux incluent la nécessité de retirer la partie endommagée de l’intestin pour prévenir la progression de la maladie, améliorer la qualité de vie et, dans certains cas, sauver des vies. Cependant, la résection intestinale n’est pas sans risques et peut entraîner des complications potentielles

Dans cet article rédigé par un médecin, nous aborderons ces questions cruciales en examinant les indications de la résection intestinale, son déroulement, les complications possibles et les mesures préventives et de suivi nécessaires pour assurer le succès de l’opération et la récupération du patient.

Les 5 points importants à retenir

  1. Une résection intestinale consiste à retirer une partie de l’intestin, qui est divisé en deux parties principales : l’intestin grêle et le gros intestin.
  2. Les indications pour une résection intestinale comprennent le traitement du cancer, la résolution des occlusions intestinales, l’élimination des tumeurs et la gestion des maladies inflammatoires de l’intestin.
  3. Différents types de résections intestinales sont pratiqués en fonction de la partie spécifique de l’intestin concernée, tels que la résection segmentaire de l’intestin grêle, l’hémicolectomie, la proctectomie, la résection abdominopérinéale et la colectomie partielle ou totale.
  4. Avant une résection intestinale, plusieurs préparations sont nécessaires, notamment une consultation préopératoire, un régime alimentaire spécifique, l’arrêt de certains médicaments et une préparation psychologique.
  5. Les complications possibles pendant et après une résection intestinale comprennent le saignement, l’infection, la fuite anastomotique, l’obstruction intestinale, le retard de la guérison des plaies, les thromboses, les troubles digestifs et les fistules intestinales. Il est important de surveiller attentivement les signes de complications et de consulter un médecin en cas de besoin.

En quoi consiste une résection intestinale ?

Une résection intestinale est une intervention chirurgicale ayant pour but de retirer une partie de l’intestin

L’intestin est divisé en deux parties

  • intestin grêle : le duodénum, le jéjunum et l’iléon ;
  • gros intestin : le côlon, le rectum et l’anus.

La résection peut porter différents noms selon la partie spécifique de l’intestin qui est enlevée.

Point important : l’intestin ne se régénère pas après résection. 

Pourquoi pratiquer une résection intestinale ?

La chirurgie de résection intestinale est une intervention cruciale pour plusieurs indications médicales. Elle est principalement réalisée pour : 

  • Traiter un cancer affectant l’intestin grêle, le côlon, le rectum ou l’anus ;
  • Atténuer ou traiter les manifestations d’un cancer qui s’est propagé à l’intestin (métastase intestinale) ;
  • Éliminer un obstacle provoquant un blocage dans l’intestin (occlusion intestinale) ;
  • Réduire la taille d’une tumeur en enlevant la plus grande partie possible pour diminuer l’impact des symptômes ;
  • Prévenir la transformation d’une lésion précancéreuse en cancer véritable ;
  • Retirer les segments du côlon altérés par une maladie inflammatoire (maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique) ou par une diverticulite (inflammation des diverticules, petites poches formées dans la paroi du gros intestin) ;
  • Réparer une perforation ou une lésion de l’intestin, comme dans les cas de perforation intestinale ou de colite ulcéreuse (une inflammation de la muqueuse du côlon qui entraîne la formation d’ulcères).

Quels sont les différents types de résection intestinale ?

Différents types de résection intestinale sont pratiqués pour enlever diverses parties de l’intestin, chacun étant désigné par la partie concernée :

Résection segmentaire de l’intestin grêle 

Cette intervention implique le retrait d’une partie de l’intestin grêle, parfois accompagnée d’une partie du mésentère (repli de tissu qui se fixe à la paroi abdominale postérieure et soutient l’intestin grêle et côlon) et des ganglions lymphatiques

Hémicolectomie droite ou gauche

Ce type de résection intestinale consiste à enlever une partie spécifique du côlon droit, ou du côlon gauche. 

Elle est réalisée pour traiter les tumeurs situées dans cette partie du côlon, y compris celles affectant l’appendice pour l’hémicolectomie droite.

Colectomie transverse

Cette opération implique le retrait du côlon transverse (partie centrale du côlon). Ce type de résection intestinale est souvent réalisé pour éliminer une tumeur localisée au centre de cette section du côlon, si le cancer ne s’est pas étendu à d’autres parties.

Bon à savoir : il est possible de pratiquer une hémicolectomie droite élargie pour enlever tout le côlon transverse afin de retirer des tumeurs situées dans l’angle droit du côlon ou le côlon transverse.

Résection antérieure basse

Cette procédure consiste à retirer le côlon sigmoïde (partie du gros intestin située juste avant le rectum) et une partie du rectum. Ce type de résection intestinale est généralement réalisé pour éliminer des tumeurs situées dans la partie centrale ou supérieure du rectum.

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Proctectomie avec anastomose colo-anale

Cette opération implique le retrait complet du rectum et d’une partie du côlon sigmoïde, suivie de la fixation du côlon restant à l’anus. Elle est réalisée pour traiter les tumeurs situées dans la partie inférieure du rectum.

Résection abdominopérinéale

Cette procédure consiste à retirer le rectum, l’anus, le sphincter anal (muscle qui contrôle le passage des matières fécales) et les muscles environnants. Elle est réalisée pour éliminer les tumeurs situées près de l’anus ou ayant envahi les muscles environnants.

Colectomie partielle ou totale

Cette intervention implique l’ablation partielle ou totale du côlon, selon les besoins. 

Elle peut être effectuée : 

  • pour traiter le cancer présent à la fois sur le côté droit et gauche du côlon ;
  • comme mesure préventive chez certaines personnes à risque élevé de cancer colorectal ; 
  • pour traiter les dommages causés par des maladies inflammatoires de l’intestin.

Bon à savoir : selon le type de colectomie effectué, le chirurgien pourrait aussi devoir faire une colostomie ou une iléostomie.

Quelles sont les préparations nécessaires avant une résection intestinale ?

Avant une résection intestinale, plusieurs étapes de préparation sont nécessaires pour assurer la sécurité de l’opération et faciliter la récupération. Chaque cas étant unique, les instructions spécifiques peuvent varier, il est donc crucial de suivre les recommandations de votre équipe médicale.

Consultation préopératoire

Avant la chirurgie, vous rencontrerez votre chirurgien lors d’une consultation préopératoire pour discuter des détails de l’opération et des soins postopératoires. Vous pourriez également subir des examens, tels que des analyses sanguines, une radiographie pulmonaire et un électrocardiogramme (ECG), pour évaluer votre état de santé général.

Régime alimentaire spécifique et lavement intestinal

Il est souvent recommandé de suivre un régime alimentaire spécial avant une résection intestinale, tel qu’une alimentation faible en fibres ou une diète liquide claire. Des laxatifs peuvent être prescrits pour vider l’intestin, et parfois, un lavement est nécessaire pour nettoyer complètement le côlon.

Jeûne et arrêt de certains médicaments

Vous devrez jeûner pendant un certain temps avant l’opération, à l’exception de certains liquides clairs. La durée sera précisée par votre chirurgien ou votre anesthésiste. 

Élément important : il est recommandé de mentionner tous les médicaments que vous prenez à votre médecin pour éviter tout risque durant la chirurgie. Il précisera s’il est nécessaire ou non d’arrêter la prise de ces médicaments avant l’intervention. 

Préparation psychologique

Il est important de se préparer mentalement à l’opération et à la possibilité de stomie (déviation de l’intestin au niveau de l’abdomen). Une préparation mentale adéquate peut contribuer à atténuer l’anxiété associée à la chirurgie et à améliorer la suite postopératoire.

Comment se déroule une résection intestinale ?

La résection intestinale est une intervention chirurgicale qui se pratique, en général, sous anesthésie générale. Vous serez donc endormi tout au long de l’intervention.

Technique opératoire

Le chirurgien peut choisir entre deux techniques pour effectuer la résection intestinale : l’approche ouverte ou laparoscopique.

  • Approche ouverte : une grande incision est pratiquée au niveau de l’abdomen pour accéder directement à l’intestin.
  • Technique laparoscopique : de petites incisions sont réalisées, à travers lesquelles une caméra et des instruments chirurgicaux sont introduits dans l’abdomen pour effectuer l’opération. 

La laparoscopie est souvent associée à une hospitalisation plus courte, une récupération plus rapide et moins de douleur au niveau des sites d’incision. 

Point à souligner : certaines personnes peuvent ne pas être candidates à une résection intestinale laparoscopique en raison de la localisation et du stade du cancer, ou d’autres facteurs médicaux.

Résection de la partie endommagée ou malade

Cette étape consiste à retirer la section de l’intestin qui est affectée par la maladie. Le chirurgien enlève soigneusement la partie malade ou endommagée de l’intestin, ainsi qu’une petite quantité de tissu sain de chaque côté de la zone affectée. 

Anastomose 

Après la résection, les parties saines restantes de l’intestin sont reliées à l’aide de points de suture ou d’agrafes pour former une jonction appelée anastomose. Cette procédure rétablit la continuité du système digestif, permettant ainsi le passage normal des aliments.

Selon une étude menée par les Docteurs Z Mohr et S Willis, en 2011,  l’efficacité des techniques d’anastomose, qu’elles soient réalisées manuellement ou à l’aide d’agrafes, dépend de l’expertise du chirurgien.

Colostomie ou iléostomie

Dans certains cas, lorsque l’anastomose nécessite une période de guérison ou qu’une grande partie de l’intestin est retirée, une colostomie ou une iléostomie peut être nécessaire.

Cette procédure consiste à créer une ouverture (stomie) dans l’abdomen pour dévier les selles vers un sac de collecte externe. 

Cette intervention peut être temporaire ou permanente, selon la situation.

Curage ganglionnaire

Lorsque la résection est réalisée pour traiter un cancer, le chirurgien procède également à un curage ganglionnaire en retirant au moins 12 ganglions lymphatiques adjacents. 

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Ces ganglions sont ensuite analysés en laboratoire pour déterminer s’ils contiennent des cellules cancéreuses, permettant ainsi d’évaluer l’extension de la maladie.

Comment se déroule la suite postopératoire après résection intestinale ?

Après une résection intestinale, vous devrez rester à l’hôpital pendant plusieurs jours. Vous recevrez des antidouleurs pour vous assurer un certain confort. Vous commencerez par consommer des liquides clairs pendant 1 ou 2 jours, puis les aliments solides seront progressivement réintégrés dans votre alimentation.

Point important : nombreux sont ceux qui ont subit une procédure de résection intestinale réussie et continuent à vivre une vie confortable et bien remplie.

Soins et suivis postopératoires

Si une colostomie ou une iléostomie a été effectuée, une stomothérapeute, une infirmière spécialisée en soins de plaie, de stomie et de continence, vous enseignera comment vivre avec et prendre soin de votre stomie.

Si la résection de l’intestin a été réalisée pour traiter un cancer, il est possible que vous soyez référé à un oncologue pour un suivi.

Avis du médecin

Voici quelques conseils pour assurer un bon rétablissement et pour éviter toutes complications : 

  • Mobilisez-vous dès que possible après l’intervention pour éviter les complications postopératoires.
  • Attendez-vous à une diminution de l’appétit pendant quelques semaines. Adoptez une diète faible en fibres dans les 2-3 premières semaines, puis augmentez progressivement.
  • Accordez-vous du repos entre vos activités, car la fatigue après l’intervention est normale.
  • Évitez de soulever des charges lourdes pendant environ 4 semaines, ou selon les recommandations de votre chirurgien.
  • Évitez les bains pendant 14 jours. Vous pouvez prendre une douche 48 heures après l’intervention en protégeant les pansements.

Quelles sont les complications possibles pendant et après une résection intestinale ?

Les résections intestinales sont des interventions chirurgicales complexes et comportent certains risques et complications. 

Risques et complications possibles

Voici quelques-unes des complications qui peuvent survenir pendant et après une résection intestinale :

  • Saignement : Il peut y avoir un saignement excessif pendant ou après l’opération, nécessitant parfois une transfusion sanguine.
  • Infection : Les infections postopératoires, telles que les infections de la plaie chirurgicale ou les infections de l’abdomen (péritonite), peuvent se développer.
  • Fuite anastomotique : L’anastomose peut fuir, entraînant une fuite de liquide intestinal dans l’abdomen. Cela peut provoquer une infection grave.
  • Obstruction intestinale : Des adhérences ou des cicatrices postopératoires peuvent entraîner un blocage partiel ou complet de l’intestin.
  • Retard de la guérison des plaies : Certaines plaies chirurgicales peuvent avoir du mal à guérir, en particulier chez les personnes atteintes de diabète ou celles qui fument.
  • Thromboses : Les patients peuvent développer des caillots sanguins dans les veines des jambes, qui peuvent se détacher et se déplacer vers les poumons, provoquant une embolie pulmonaire.
  • Troubles digestifs : Après la chirurgie, certains patients peuvent présenter une diarrhée, une constipation ou des gaz excessifs.
  • Fistules intestinales : Des fistules anormales entre l’intestin et d’autres organes peuvent se former, entraînant des complications graves.

Quand consulter ?

Devant l’un de ces signes, il est recommandé de contacter immédiatement votre chirurgien ou de consulter un médecin :

  • Fièvre : température supérieure à 38 °C dans les 14 jours post-opératoires.
  • Rougeur au niveau de la plaie ou écoulement purulent.
  • Douleur qui persiste malgré les médicaments.
  • Présence de sang rouge dans les selles ou saignement continu.
  • Essoufflement ou douleur thoracique en respirant.
  • Douleur ou gonflement des jambes.
  • Diarrhées pendant plus de 2 semaines.

Pour trouver un médecin proche de chez vous, vous pouvez consulter notre répertoire.

Témoignages

Bonjour,

Je me suis fait opérer d’une colectomie droite en début janvier 2022 pour extraire en fait un polype qui ne pouvait être enlevé par coloscopie. Or, près de 5 mois après, la digestion peine à se rétablir et j’ai toujours des diarrhées qui altèrent singulièrement la qualité de vie. Quelqu’un a-t-il déjà eu ce genre de désagréments, et combien de temps faut-il attendre pour que l’intestin arrive à fonctionner comme auparavant ? (Pierre, 73 ans)

Voir la suite de la conversation sur Carenity.

Références 

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