Révision de prothèse du genou : L’essentiel à savoir

Article rédigé par le 7 mars 2024

Lorsque les traitements médicaux traditionnels n’offrent plus de soulagement, la pose d’une prothèse articulaire devient une lueur d’espoir.

Ce dispositif est conçu pour restaurer l’harmonie et la fonctionnalité d’une articulation mise à rude épreuve par l’usure ou un traumatisme.

Toutefois, il est important de reconnaître que même cette solution durable peut, avec le temps, montrer des signes d’usure et nécessiter un remplacement. Cette réalité peut sembler préoccupante, mais sachez que vous n’êtes pas seul dans cette épreuve.

Cet article, conçu avec soin par une experte en santé, vous est présenté pour éclairer chacun d’entre vous, et tout spécialement ceux qui vivent au quotidien avec une prothèse de genou

Révision de prothèse du genou : les points essentiels à retenir

  • 1. Pour quiconque possède une prothèse de genou, il est essentiel de procéder à des contrôles réguliers de l’appareil.
  • 2. Dans la mesure où la prothèse est défaillante, on procèdera à son remplacement, geste complexe nécessitant des soins et précautions spécifiques dans certains cas de figure.
  • 3. Douleurs ou instabilité résiduelle importante, descellement prothétique, infection péri-prothétique, fracture de l’os servant de support, la présence de l’un de ces signes devrait vous motiver à consulter chez votre chirurgien.
  • 4. Le lendemain de l’intervention chirurgicale visant à renouveler votre prothèse, le kinésithérapeute vous réinitiera déjà à la marche, et petit à petit vous apprendrez de vous-même les gestes lors de vos activités journalières.
  • 5. La reprise de votre travail, par contre, ne sera qu’après seulement 3 mois.
  • 6. Des complications peuvent éventuellement se présenter, bien que rares mais à ne pas négliger.   

Court rappel anatomique

Alors, comme nous le savons tous, le genou est cette partie du corps qui relie la cuisse avec la jambe. C’est une articulation assez complexe qui joue également un rôle très important dans la locomotion.

Il réunit en son sein plusieurs os, dont :

  • Le fémur, os de la cuisse
  • La patella, l’os qui forme cette protubérance au niveau de votre genou 
  • Le tibia et la fibulla, les os de la jambe

Si les surfaces articulaires se désagrègent à la suite d’un traumatisme ou d’une affection quelconque, l’articulation ne sera plus stable et les mouvements ne seront plus si harmonieux et sans gênes.

Pour y remédier, le médecin procèdera d’abord à des traitements médicaux et dans le cas échéant, la méthode chirurgicale sera adoptée : la pose de prothèse.

Révision de prothèse du genou : Définition

La chirurgie de révision d’une prothèse du genou est une procédure qui vise à remplacer un implant synthétique usé par un nouveau, afin de prévenir les complications dues à son détérioration.

Cette opération concerne souvent simultanément les parties fémorale et tibiale de l’implant.

La procédure est à la fois longue et techniquement complexe, nécessitant parfois l’ajout d’une greffe osseuse.

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Les risques associés à cette chirurgie incluent les fractures, les infections et les phlébites.

De ce fait, cette intervention doit être réalisée exclusivement dans des centres hospitaliers spécialisés en arthroplastie, où un suivi régulier et attentif peut être assuré.

Dans quels cas faudrait-il prévoir une révision de prothèse du genou ?

La révision de prothèse du genou est indiquée dans les cas suivants :

  • Douleur accompagnée ou non d’instabilité résiduelle importante ;
  • Descellement prothétique ;
  • Infection péri- prothétique ;
  • Fracture de l’os servant de support ;
  • Usure de la prothèse.

La liste étant non exhaustive, tout désagrément ou gêne ressenti au niveau de l’articulation doit constituer un motif de consultation chez votre médecin !

Bon à savoir !
– Le descellement prothétique est la détérioration de la tenue de la prothèse au niveau de l’os, engendrant la mobilité du dispositif par rapport à son support (os).
– Outre l’usure naturelle de la prothèse, les infections péri-prothétiques et le mauvais positionnement des implants sont des facteurs à l’ origine de ce descellement.

Comment se déroule l’intervention ?

Au cours de l’opération, l’objectif sera de retirer l’ancienne prothèse lésée afin de la remplacer avec une autre.

Pour cela, le chirurgien va pénétrer dans l’articulation en empruntant le même chemin que celui adopté lors de la précédente prothèse, donc la même cicatrice.

Par la suite, on procèdera à l’extraction de la prothèse défaillante et un nettoyage des débris d’usures s’ensuivra.

Cela étant, le chirurgien va réaliser de nouvelles recoupes sur la zone osseuse qui est saine.

Puis, en fonction de la destruction osseuse, le spécialiste décidera si une greffe osseuse ou des cales métalliques seront éventuellement nécessaires afin de bien positionner le nouveau dispositif.

Si les ligaments ont été lésés ou qu’il y a une destruction massive de l’os, les pièces fémorale et tibiale seront reliées pour une bonne stabilité du genou.

A l’achèvement de l’examen, un pansement stérile sera appliqué sur la plaie et une attelle sera posée pour réduire les contraintes que subit l’articulation, en plus d’un traitement antalgique adéquat.

Un cas très particulier

Si le descellement de la prothèse a été causé par une infection chronique de l’articulation, la mise en place de la nouvelle prothèse attendra 6 semaines, cela afin d’attendre la régénération de l’os suite à l’attaque des microorganismes responsables de l’infection.

L’articulation ne sera pas vide, mais une prothèse d’attente dite « spacer » sera d’abord implantée.

Cette technique a d’ailleurs été le centre d’intérêt d’une étude décrite dans un livre de Philippe Burdin et Denis Huten, et l’on a pu conclure que la reprise de prothèse en 2 temps lors des infections est la méthode la plus efficace.

Cette intervention va durer dans les environs de 2 à 3 heures et nécessitera une hospitalisation de 7 jours.

Qu’en est-il de la rééducation et de la reprise des activités ?

La rééducation se fera dès le lendemain de l’opération, mais rassurez-vous, vous ne serez pas seul. Un kinésithérapeute va vous guider pendant les premiers jours de la rééducation et vous vous aiderez d’une canne également comme appui.

Vous commencerez d’abord à réapprendre à marcher, l’épreuve de l’escalier ne se fera qu’au 3e jour.

Il vous faudra également intégrer un centre de rééducation, cela dans le but de vous familiariser avec le nouvel appareil pour ne pas que cela ne paraisse étrange car vous vivrez avec tout au long de votre vie, mais aussi pour réduire les douleurs et acquérir souplesse et mobilité.

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En ce qui concerne la reprise des activités quotidiennes, vous ne serez autorisé à retravailler qu’après 3 mois ; le volant, par contre, au bout d’un mois.

S’il arrive que lors de l’opération, la tubérosité tibiale a été sectionnée accidentellement, l’attelle sera maintenue 6 semaines de plus ce qui retardera, fort malheureusement, la reprise des activités.

Les complications, à ne pas prendre à la légère !

Après une intervention chirurgicale, il est important de prendre en compte certaines complications spécifiques, au-delà des risques habituellement associés à toute opération et à l’anesthésie.

Cette liste regroupe les risques à ne surtout pas négliger :

  • Les hématomes, communément appelés « bleus »;
  • L’infection de la prothèse, un risque plutôt rare sauf en cas de conditions d’asepsie insuffisantes;
  • La douleur, la faiblesse, et la perte de sensibilité dans certaines parties de la jambe, conséquences possibles d’un traumatisme des nerfs au niveau du genou durant l’intervention;
  • La phlébite, qui est le blocage d’une veine par un caillot de sang. Pour prévenir cette condition, il est recommandé de porter des bas de contention et de prendre des anticoagulants;
  • La fracture du fémur ou du tibia, une complication potentiellement grave.

Efficace ou non ?

Cette technique promet des résultats plutôt encourageants. On note une disparition des douleurs ainsi qu’une récupération rapide de la mobilité et de la force musculaire. Une démarche normale est acquise 2 mois après l’intervention, dans le cas général.

Comment prendre soin de votre prothèse, dites-vous ? Évitez de trop solliciter votre articulation, au risque d’accélérer son usure et ainsi réduire sa longévité en dépit du fait que la prothèse soit déjà très sophistiquée.

Les activités telles que le vélo, la natation et le golf sont recommandées aux patients, mais prudence s’impose pour le tennis, le footing et le ski.

La prothèse de genou implantée au niveau de l’articulation aura une durée de vie d’environ 20 ans.

Avis du professionnel de santé

Il est crucial de faire un suivi régulier de la prothèse chez tout individu qui en porte.

La révision de prothèse du genou est un acte chirurgical très subtile, nécessitant une très grande expertise de l’operateur afin d’épargner au patient davantage de complications.

Il est ainsi recommandé de ne faire cette intervention qu’en milieu spécialisé en arthroplastie.

Veiller à ne plus trop solliciter votre articulation lorsque vous portez une prothèse afin de ne pas diminuer sa longévité, favorisez plutôt les activités comme le vélo, la natation ou le golf.

Références

Les articles et ressources ayant servi dans l’élaboration de cet article.
Le processus d’établissement d’article dans le Groupe SANTEPOURTOUS.

Chaque article est rédigé par un professionnel de santé qualifié en suivant des procédures de rédaction strictes (en savoir plus). Cet article présent est régulièrement révisé à la lumière des évidences scientifiques les plus récentes.

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