Rhizarthrose : Guide complet pour les patients 

Article rédigé par le 4 mars 2024

Suite à une utilisation excessive, au vieillissement des composants ou à un traumatisme, les cartilages du pouce peuvent s’user, entraînant une arthrose de l’articulation trapézométacarpienne, également appelée rhizarthrose.

Cette pathologie peut être évitée en limitant l’utilisation du pouce, en arrêtant la consommation de tabac et en adoptant une alimentation bénéfique pour le cartilage.

Pour ceux déjà atteints, divers traitements médicaux et chirurgicaux existent, mais des complications sont possibles.

Cet article explore en détail la rhizarthrose : sa définition précise, les symptômes caractéristiques, les méthodes de confirmation du diagnostic et les maladies à ne pas confondre. Bonne lecture !

Rhizarthrose : les 5 points à retenir

  • 1- La rhizarthrose est une atteinte douloureuse du cartilage des os du pouce qui survient surtout chez la femme. 
  • 2- Des tests mettant en mouvement votre pouce en plus d’une radiographie permet de confirmer une rhizarthrose.
  • 3- La ménopause, l’âge, les traumatismes, une inflammation ou une atteinte ligamentaire peuvent être à l’origine de la rhizarthrose.
  • 4- Des médicaments pour soulager vos douleurs, une orthèse pour remettre votre pouce à ses fonctions ou une opération au maximum en guise de prise en charge
  • 5- Vous pouvez tout de même éviter la survenue de cette maladie : consommer des compléments alimentaires, modifier votre mode de vie, ou arrêter le tabac.  

Quelques rappels anatomiques

Le pouce se distingue par sa structure osseuse comprenant :

  • Un métacarpien 
  • Deux phalanges

Ses mouvements de flexion et d’extension sont assurés par des muscles intrinsèques et extrinsèques, qui s’attachent par des tendons.

La face palmaire du pouce présente une zone arrondie appelée éminence thénar, abritant plusieurs muscles de cette région. La sensibilité du pouce est assurée par le nerf médian.

Identifier la rhizarthrose : définition et moyens de reconnaissance

Définition

La rhizarthrose ou arthrose trapézo-métacarpienne est une arthrose de la base du pouce.

Elle correspond à l’usure chronique du cartilage entre le trapèze (os du poignet) et le premier métacarpien (os du pouce).

C’est une affection souvent bilatérale c’est à dire qu’elle touche vos deux pouces. 

La rhizarthrose est fréquente surtout pour les femmes entre 50 et 60 ans

Par quels symptômes se manifeste-t-elle? 

  • La douleur, premier symptôme 

Elle peut se manifester spontanément, mais aussi lors d’actions quotidiennes telles que tourner une clé, ouvrir un bocal ou peler un fruit, impliquant le pouce avec un autre doigt.

RECOMMANDÉ :  Convalescence après une opération de rhizarthrose : Explications

Ces gestes peuvent provoquer une douleur associée à une difficulté à utiliser le pouce.

  • Une déformation du pouce 

Au bout de 7 à 10 ans de crises douloureuses, le pouce se déforme de façon caractéristique : la colonne du pouce prend la forme d’un M (bosse à la base du pouce).

Lorsque le pouce est déformé, la douleur est remplacée par l’enraidissement.

Confirmer votre rhizarthrose

Les tests cliniques 

Plusieurs tests fonctionnels pourront être effectués :

  • le Grind Test consiste à mettre une compression axiale associée à une rotation pour favoriser la recherche de crépitement.
  • le test de Glickel vise à révéler la subluxation de l’ATM en appuyant sur la base du pouce pour la réduire.
  • Le test de Kapandji offre un score par la mise en opposition du pouce aux autres doigts. Le score maximal (10/10) est atteint lorsque vous parvenez à toucher avec la pulpe du pouce la base de l’auriculaire sans douleur.
  • le Cranck test, quant à lui, exerce une compression axiale associée à des flexions/extensions du poignet.

La radiographie comme imagerie nécessaire 

L’examen radiographique est le seul examen complémentaire indispensable pour évaluer précisément la zone articulaire touchée.

D’autres tests tels que l’échographie ou le scanner peuvent dans certains cas être prescrits. 

Le cliché radiographique de face et de profil centré sur l’ATM (appelé indice de Kapandji) offrira une bonne visualisation de l’articulation.

Ces radiographies favorisent la classification de l’atteinte arthrosique en différents stades pour mesurer la progression de votre pathologie dans le temps.

Des manifestations semblables à la rhizarthrose

Vous pouvez confondre certaines maladies à une rhizarthrose

  • Un accident, direct ou indirect avec des lésions traumatiques : fracture du carpe non déplacée, une entorse du ligament collatéral radial du carpe ou du ligament scapho-lunaire.
  • Les tendinopathies de la région sont également à explorer.

Pourquoi la rhizarthrose se manifeste-t-elle ? Les éventuelles origines

  • Au cours de la ménopause, l’œstrogène chute considérablement favorisant la rhizarthrose
  • L’âge engendre une usure de votre cartilage et sa fragilisation.
  • Les lésions inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde (une inflammation simultanée à long terme de plusieurs articulations) ou la chondrocalcinose (formation d’une accumulation de calcium anormal dans le cartilage) peuvent altérer votre cartilage. 
  • Des lésions traumatiques telles que les fractures, entorses ou luxations à répétition qui dégradent la solidité de l’articulation.

Cela peut également être dû à une sollicitation intensive de l’articulation causée par le travail

  • Enfin, une dégénérescence ligamentaire ou Ulgar beak provoque une hyperlaxité (souplesse excessive) de votre articulation.

Quel traitement pour une rhizarthrose ?  

Un traitement médical d’abord 

Le premier niveau de traitement de la rhizarthrose est médical, avec des antalgiques et anti-inflammatoires qui atténuent la douleur. On vous propose également le port d’une orthèse, pour immobiliser le pouce et limiter les douleurs.

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Selon une étude de A. Dupeyron, S. Ehrler, et M.E. Isner-Horobeti dans “Rhizarthrose et orthèse. Revue de la littérature” : 

Les orthèses de repos apportent un soulagement significatif et durable ; le port de l’orthèse doit être précoce et assorti d’une surveillance régulière et adaptée.

Les orthèses d’activités vous soulagent, seules ou associées avec une orthèse de repos. L’intérêt majeur de l’orthèse est l’antalgie

Une opération peut être nécessaire 

Lorsque les approches médicales ne parviennent plus à soulager la douleur, d’autres traitements sont à envisager, en tenant compte du stade de la rhizarthrose évalué par une radiographie.

Le traitement chirurgical de la rhizarthrose donne généralement des résultats très satisfaisants. Même en cas de déformation importante du pouce, il est possible de retrouver une apparence plus naturelle.

La récupération fonctionnelle est également souvent excellente dans la plupart des cas.

Il existe plusieurs possibilités d’intervention chirurgicale pour traiter la rhizarthrose : la résection du trapèze, la pose de prothèse, et bien d’autres. 

Prévenir la rhizarthrose

Pour prévenir la rhizarthrose, voici quelques conseils :

  • Ménagez vos articulations des doigts et de la main lors d’activités quotidiennes telles que la cuisine, le ménage ou le jardinage.
  • Arrêtez de fumer.
  • Considérez des compléments alimentaires à base de chondroïtine, de glucosamine ou d’harpagophytum.


Les complications post-chirurgicales de la rhizarthrose

Complications possibles après une chirurgie de la rhizarthrose :

  • Hématome : généralement résorbé naturellement.
  • Algoneurodystrophie (Syndrome douloureux régional complexe – SDRC) : phénomène inflammatoire douloureux mal compris.
  • Infection profonde : exceptionnelle.
  • Atteinte nerveuse : exceptionnelle, possibilité d’attrapement ou de section du nerf dans la cicatrice.
  • Cicatrice : sensible et gonflée pendant plusieurs semaines, douleur persistante au talon de la main.
  • Raideur : rare et temporaire, nécessitant une rééducation.
  • Perte de force : temporaire dans certains cas, récupérée après quelques mois, mais une diminution permanente peut subsister.
  • Complications spécifiques à la trapézectomie : perte de force et raideur au niveau de la colonne du pouce.

Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
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