Rupture du ligament croisé postérieur : guide complet

Article rédigé par le 22 mars 2024

La rupture du ligament croisé postérieur survient après un choc extrêmement violent sur le genou. Elle est beaucoup plus rare qu’une rupture du ligament croisé antérieur.

La rupture du ligament croisé postérieur est responsable d’une instabilité du genou qui est relativement bien tolérée. D’ailleurs, elle passe souvent inaperçue lorsqu’elle est associée à d’autres lésions de l’articulation comme une fracture osseuse, une rupture musculaire, une lésion d’autres ligaments, etc.

Pourtant, c’est une blessure sérieuse qui nécessite une prise en charge adéquate. Sans traitement efficace, elle peut induire une arthrose du genou après quelques années.

Lisez cet article rédigé par une médecin, vous y trouverez tout ce que vous devez savoir sur la rupture du ligament croisé postérieur.

Les 4 points essentiels

  1. Le ligament croisé postérieur stabilise le tibia sur le fémur. Il contrôle le déplacement du tibia vers l’arrière lors de la flexion du genou.
  2. La rupture du ligament croisé postérieur se produit après un choc violent sur un genou fléchi ou une chute à genou, une torsion du genou ou encore un choc appuyé sur le genou sur une jambe étendue.
  3. Le symptôme d’une rupture du ligament croisé postérieur est dominé par l’existence d’un tiroir postérieur : le ligament perd le contrôle du déplacement du tibia, ce dernier coulisse vers l’arrière.
  4. La prise en charge d’une rupture du ligament croisé postérieur peut être non-chirurgicale ou chirurgicale. Le premier compte sur le potentiel de cicatrisation du ligament pour guérir complètement tandis que le second utilise une technique de greffe pour reconstruire le ligament croisé postérieur rompu.

Ligament croisé postérieur, un des quatre ligaments du genou

Pour rappel, un ligament est une bande de tissu conjonctif qui relie un os à un autre au sein d’une articulation. Au niveau du genou, les trois os (fémur, patella ou rotule, et tibia) sont unis par quatre ligaments : deux ligaments latéraux – interne et externe-,  et deux ligaments croisés, antérieur et postérieur.

Les quatre ligaments participent à la stabilisation du genou tout comme les quatre muscles qui assurent le maintien de l’articulation, à savoir :

  • le quadriceps dans la partie antérieure, le muscle le plus volumineux du corps ;
  • les ischio-jambiers dans la partie postérieure de la cuisse ;
  • les adducteurs au niveau intérieur ;
  • le triceps sural, le muscle du mollet.

Les ligaments croisés se trouvent au centre de l’articulation du genou. On dit qu’ils sont le «  pivot central » du genou.

Le ligament croisé postérieur stabilise le tibia sur le fémur. De ce fait, il s’occupe de contrôler le déplacement du tibia vers l’arrière lors de la flexion du genou.

Bon à savoir : le ligament croisé postérieur est deux fois plus épais que le ligament croisé antérieur. D’où une atteinte beaucoup plus rare par rapport à l’autre : une rupture de ligament croisé postérieur pour cinq ruptures de ligament croisé antérieur, selon les statistiques.

Rupture du ligament croisé postérieur : mécanisme de survenue

La rupture du ligament croisé postérieur survient suite à un choc violent direct sur un genou fléchi. Cela s’observe souvent lors d’un accident de voiture (il y en a qui parle de « syndrome du tableau de bord ») ou de deux-roues.

Dans le milieu sportif, la rupture du ligament croisé postérieur se produit lors d’une chute à genoux ou une torsion du genou. Elle peut également survenir suite à un choc appuyé sur le genou sur une jambe étendue, davantage observé au moment des plaquages au rugby.

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Bon à savoir : dans des cas rares, une rupture du ligament croisé postérieur peut être associée à une luxation du genou survenant au cours d’une activité quotidienne chez les personnes en surcharge pondérale.

Rupture du ligament croisé postérieur : symptômes

Tiroir postérieur

L’existence d’un « tiroir postérieur » oriente le diagnostic vers une rupture du ligament croisé postérieur. Le tibia n’est plus stabilisé sur le fémur ; il peut se déplacer en coulissant vers l’arrière (translation tibiale postérieure).

Ainsi, le patient ressent une instabilité du genou lorsqu’il marche sur un terrain en pente ou quand il descend les escaliers. Néanmoins, d’autres mouvements comme la course à pied sont bien tolérés grâce aux actions du quadriceps (compensation quadricipitale) qui limite les mouvements du tiroir postérieur.

Autres symptômes

  • une douleur plus ou moins violente à la face postérieure du genou, au moment du choc ou quelques temps après ;
  • une gêne fonctionnelle : difficulté à se servir du genou ;
  • une sensation de craquement du genou (elle révèle l’arrachement du ligament sur son insertion tibiale appelé : « épine tibiale ») ;
  • un gonflement du genou, souvent secondaire à une hémorragie à l’intérieur de l’articulation (hemarthrose).

Bon à savoir : l’imagerie par résonance magnétique (IRM) permet de confirmer le diagnostic. Elle permet de bien visualiser la rupture du ligament croisé postérieur et les éventuelles lésions articulaires associées.

Classification

La rupture du ligament croisé postérieur est classée selon sa sévérité en 3 grades.

  • Grade I (rupture partielle) : translation tibiale postérieure d’environ 1 à 5 millimètres.
  • Grade II (rupture complète isolée) : translation tibiale postérieure de 6 à 10 millimètres sans autre lésion.
  • Grade III (rupture complète avec lésions associées) : la translation tibiale postérieure dépasse les 10 millimètres indiquant l’existence d’autres lésions combinées.

Bon à savoir : la rupture du ligament croisé postérieur entraîne des modifications dans les mouvements du genou (tiroir postérieur, compensation quadricipitale) avec pour conséquence : une usure prématurée du cartilage (tissu élastique qui joue le rôle d’un coussin amortisseur de l’articulation) provoquant une arthrose du genou.

Rupture du ligament croisé postérieur : prise en charge

Le traitement non-chirurgical

Le ligament croisé postérieur a un potentiel de cicatrisation. Ainsi, lors d’une rupture partielle ou d’une rupture complète isolée du ligament croisé postérieur, le traitement non-chirurgical est privilégié. L’objectif est de donner le temps au ligament de guérir complètement.

Le traitement non-chirurgical consiste à :

  • l’immobilisation de la jambe en portant une attelle pendant 2 à 6 semaines (45 jours maximum), un coussin sera placé derrière le genou pour réduire le tiroir postérieur ;
  • prendre des antalgiques et des anti-inflammatoires pour soulager la douleur ;
  • effectuer une cryothérapie (glaçage) : aussi pour soulager la douleur et diminuer le gonflement ;
  • Après la période d’immobilisation viendront des séances de kinésithérapie pour renforcement musculaire, particulièrement du quadriceps.

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Le succès du traitement non-chirurgical est conditionné par une diminution de translation tibiale postérieure d’au-moins 5 millimètres à 6 mois et une reprise de l’activité sportive.

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Le traitement chirurgical

En cas d’échec du traitement non-chiriurgical ou d’une rupture du ligament croisé postérieur associée à d’autres lésions articulaires, la prise en charge chirurgicale – une ligamentoplastie -, sera décidée en fonction de :

  • l’ancienneté de la rupture du ligament croisé postérieur,
  • des lésions associées
  • de l’âge du patient et de son état de santé global
  • de l’activité du patient (sportif de haut niveau)

Ligamentoplastie : principe

La ligamentoplastie consiste à reconstruire le ligament croisé postérieur rompu au moyen d’un greffon. Il s’agit d’une autogreffe de tendon. Le greffon sera prélevé sur sur le tendon rotulien, le tendon quadricipital ou les tendons ischio-jambiers par une petite incision.

Ligamentoplastie : déroulement

L’opération, d’une durée moyenne de 60 minutes, se fait sous rachianesthésie (anesthésie du bas du corps) ou sous anesthésie générale, selon la décision de l’anesthésiste après une visite pré-anesthésique avec le patient. L’intervention chirurgicale  est réalisée sous arthroscopie : le chirurgien effectue des incisions minimes et introduit une mini-caméra et des petits instruments dans l’articulation sans l’ouvrir.

Le chirurgien crée deux tunnels osseux qui viennent rejoindre l’articulation au niveau des insertions du ligament croisé postérieur. Puis, il prélève le greffon et le place dans les tunnels où il sera fixé avec des vis résorbables.

Ligamentoplastie : suites opératoires

  1. En fonction de l’anesthésie effectuée, la chirurgie peut être ambulatoire (retour à la maison le jour même) ou nécessiter 2 à 3 jours d’hospitalisation.
  2. La marche avec béquilles est possible dès le lendemain de l’opération.
  3. Les séances de rééducation commencent progressivement dans les jours qui suivent l’opération.
  4. La reprise d’un travail sédentaire est envisageable vers la deuxième semaine post-opératoire tandis qu’un travailleur manuel doit attendre 3 à 4 mois après l’opération.
  5. La reprise sportive se fera entre 6 à 9 mois après l’opération en fonction du sport pratiqué. Ceci étant, une étude française menée par R. Badet, publiée en 2005 portant sur une centaine de patients, a révélé que la ligamentoplastie a permis d’améliorer significativement la fonction du genou, le niveau d’activité et le niveau sportif, sans pour autant atteindre la performance du genou avant l’accident.

Ligamentoplastie : risques opératoires

Comme tout acte chirurgical, la ligamentoplastie comporte des risques. Ce sont :

  • un hématome ;
  • une phlébite : une formation de caillot dans la veine de la jambe ;
  • une atteinte nerveuse : perte de la sensibilité de la peau dans la zone opérée ;
  • une algodystrophie, un syndrome douloureux persistant ;
  • une raideur articulaire (rare) ;
  • une infection post-opératoire (très rare).

Rupture du ligament croisé postérieur : quand consulter ?

Après un traumatisme sur votre genou (même si le traumatisme a lieu il y a quelques temps) , consultez si :

  • vous ressentez de la douleur dans la partie postérieure de votre genou ;
  • vous sentez votre genou craquer ;
  • vous avez du mal à vous servir de votre genou ou qu’il est instable notamment dans les escaliers ;
  • vous avez un genou gonflé.

Si vous cherchez un spécialiste dans votre région, consultez notre répertoire.

Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
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