Scanner du rachis cervical : Guide complet

Article rédigé par le 20 août 2023

Vous avez sûrement déjà entendu parler du scanner ? Il s’agit d’un examen demandé souvent par les médecins pour explorer certaines parties du corps comme la colonne vertébrale. C’est une technique d’imagerie médicale plus récente et plus précise que la radiologie standard et l’échographie. Il a été inventé par Hounsfield en 1972.

Le scanner du rachis cervical en particulier permet l’étude des vertèbres cervicales et des disques intervertébraux.

Cet article vulgarisé se donne pour objectifs de clarifier la notion de scanner, d’énoncer son principe de réalisation et d’énumérer quelques pathologies au cours desquelles il peut être demandé. L’article abordera aussi les contre indications de cet examen, ses risques puis enfin il décrira sa procédure de réalisation.

Définition et principe

Le scanner cervical (ou tomodensitométrie) est un type d’examen d’imagerie médicale qui utilise des rayons X combinés à la technologie informatique pour obtenir des images détaillées de la région cervicale. Ceci comprend :

  • les vertèbres cervicales (les os du cou),
  • les disques intervertébraux,
  • les muscles et les tissus mous environnants,
  • les structures nerveuses et vasculaires.

L’émetteur de rayons X de l’appareil de scanner effectue une rotation autour du patient en même temps que les détecteurs situés en face. Les rayons X qui traversent le corps humain sont plus ou moins arrêtés en fonction de la densité des tissus.

Les données obtenues sont traitées par un ordinateur pour donner des images. Un calculateur, grâce à des algorithmes de reconstruction, permet de reconstituer les vues en coupes des organes à partir des différentes projections.

L’examen est rapide, non invasif et fournit des images plus détaillées que les radiographies standard du cou. Avant le scanner, on peut demander au patient de boire un produit de contraste ou de le recevoir par voie intraveineuse (arthroscanner), ce qui permet d’améliorer le contraste des images en rendant certains tissus plus visibles.

Ce que disent les études :
Une méta-analyse réalisée par Dr. James Holmes et collaborateurs révèle qu’il existe de nombreuses preuves indiquant que le scanner surpasse largement la radiographie simple pour diagnostiquer les patients à très haut risque de lésions cervicales.

À partir de ces résultats, les auteurs recommandent le scanner comme test de dépistage initial chez ces patients présentant un état mental considérablement altéré.

À quoi ressemble une salle de scanner ?

La salle de scanner est constituée de :

Dans une salle de scanner (tomodensitométrie), vous trouverez plusieurs éléments clés :

  • La machine de scanner : C’est l’élément central de la salle. Il s’agit généralement d’une grande machine avec un anneau ou un tunnel au centre, dans lequel le patient s’allonge sur une table motorisée qui se déplace à l’intérieur de l’anneau pour réaliser les scans.
  • Table d’examen : Une table étroite et motorisée sur laquelle le patient s’allonge. Elle peut se déplacer en avant, en arrière et en hauteur pour positionner précisément le patient dans le tunnel du scanner.
  • Ordinateur et écrans de contrôle : Un poste de travail informatique équipé d’écrans où le technologue visualise les images en temps réel, ajuste les paramètres du scanner, et surveille le déroulement de l’examen. Le pupitre de commande est séparé du reste de la pièce par une vitre plombée, protégeant le personnel médical contre les irradiations.
  • Équipements de sécurité : Des éléments comme des plombs ou des tabliers de plomb pour protéger certaines parties du corps du patient contre l’exposition aux rayons X, ainsi que des signaux et des alertes pour garantir la sécurité lors de l’utilisation du scanner.
  • Accessoires de positionnement : Des coussins, des sangles, et d’autres dispositifs pour aider à maintenir le patient dans la bonne position et immobile pendant l’examen.
  • Système de communication : Un microphone et des haut-parleurs permettant la communication entre le technologue et le patient, crucial pour les instructions et le confort du patient durant l’examen.
salle de scanner
Salle de scanner (Crédit image : Pexel)

Indications du scanner cervical

Le scanner du rachis cervical peut être demandé si le médecin soupçonne les pathologies suivantes :

  • Traumatismes : Il peut s’agir des traumatismes (accident de la route) ou des traumatismes de moindre ampleur (chute de sa hauteur, effort de soulèvement d’une charge…).
  • Pathologies des disques intervertébraux : Le scanner est utile dans le diagnostic des hernies discales, protrusions discales et autres pathologies affectant les disques intervertébraux, pouvant causer de la douleur et une compression nerveuse.
  • Arthrose et maladies dégénératives : L’arthrose cervicale se définit par l’usure du cartilage qui se situe au niveau des articulations des vertèbres cervicales. Les maladies dégénératives du rachis cervical peuvent entraîner une réduction de l’espace intervertébral, des ostéophytes, et d’autres anomalies
  • Arthropathies inflammatoires : Ce sont des maladies rhumatismales inflammatoires aiguës ou chroniques qui entraînent l’apparition de douleurs, de gonflement, de raideurs et de rougeurs. On pense notamment à la polyarthrite rhumatoïde ou la spondylarthrite ankylosante.
  • Lésions osseuses : Il s’agit de toutes anomalies survenant sur des vertèbres cervicales au préalable normales. Les lésions osseuses peuvent être de simples fractures, ou être plus graves.
  • Tumeurs : Le scanner du rachis cervical sert à la détection et l’évaluation des tumeurs ou métastases dans la région cervicale, qu’elles soient bénignes ou malignes.
  • Névralgie cervico-brachiale : C’est une irritation ou une lésion de la racine d’une des racines nerveuses qui innervent le bras. Elle est caractérisée par une douleur intense qui descend du cou dans l’épaule ou le bras et l’avant bras jusqu’à la main. Ce sont les racines nerveuses cervicales C6, C7 et C8 qui sont les plus souvent touchées.
  • Évaluation préopératoire : Le scanner peut servir à la planification chirurgicale pour les patients nécessitant une intervention chirurgicale de la colonne cervicale (comme la prothèse cervicale).
  • Infections : Le scanner sert à identifier des infections de la colonne vertébrale, telles que l’ostéomyélite ou la spondylodiscite, qui peuvent affecter les vertèbres et les disques intervertébraux.
  • Anomalies vasculaires : Le scanner sert à l’évaluation des anomalies vasculaires, comme les malformations artérioveineuses ou les dissections artérielles, qui peuvent affecter la circulation sanguine dans la région cervicale.
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Bon à savoir :
Dans une étude, le scanner cervical a été capable d’identifier une tendinite calcififiante du muscle long du cou, une condition rare et bénigne touchant le jeune adulte !

Une autre étude a révélé que le scanner avait pu diagnostiquer un hygroma kystique du cou, une malformation congénitale caractérisée par une collection de liquide dans une masse kystique au niveau du cou, résultant d’une anomalie du système lymphatique.

Risques et contre-indications du scanner cervical

Le scanner cervical implique une exposition à des radiations. Ce risque est généralement considéré comme faible par rapport au bénéfice diagnostique obtenu. Néanmoins, des précautions doivent être prises chez certaines populations, comme les enfants, les personnes âgées, ou les femmes qui allaitent.

Chez les femmes enceintes, en raison du risque potentiel pour le fœtus, l’utilisation de scanners est généralement évitée. Le médecin peut néanmoins faire une exception si les avantages de réaliser un scanner cervical surpassent clairement les risques potentiels.

Si un produit de contraste est utilisé dans le but de mieux visualiser les structures internes, on peut observer certains effets délétères (bien que souvent passagers) :

  • On peut ressentir une sensation de chaleur au moment de l’injection intraveineuse du produit de contraste.
  • La piqûre peut provoquer la formation d’un petit hématome, qui se résorbera spontanément en quelques jours. Il peut se produire une fuite du produit sous la peau, au niveau de la veine et pourrait nécessiter exceptionnellement un traitement local.
  • Une réaction allergique peut se produire à cause du produit de contraste. Pour cela, des comprimés donnés la veille et le jour de l’examen limiteront la réaction si le patient est allergique à l’iode. Si une réaction allergique se produit, elle est généralement éphémère et sans gravité. Elle peut être aussi plus sévère. Dans ces cas extrêmes, elle se traduira par des troubles cardio-respiratoires.
  • Des accidents rénaux, également liés au produit iodé, sont possibles, surtout chez les patients présentant des maladies ou les états qui fragilisent le rein. Parmi ces états on peut citer l’âge, l’insuffisance rénale chronique, le diabète, les pathologies du cœur, le VIH – SIDA, etc.

De manière générale, le médecin va peser les avantages et inconvénients reliés au scanner cervical, et prendra une décision en fonction de la condition particulière de son patient.

Dans certains cas, d’autres méthodes d’imagerie, comme l’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique), peuvent être recommandées en fonction de l’état spécifique du patient.

Procédure

Préparation avant l’examen

Le patient peut recevoir des instructions spécifiques avant l’examen, comme éviter de manger ou de boire pendant un certain temps s’il doit recevoir un produit de contraste.

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Si c’est le cas, il faudra rester à jeun généralement 3 à 4 heures avant l’examen. Des précautions doivent également être prises au préalable en ce qui concerne les contre-indications précédemment énumérées. Par exemple, si le patient a plus de 65 ans, un dosage sanguin de la créatinine pourrait être demandé.

Il est généralement demandé au patient de porter une tenue hospitalière et de retirer bijoux, lunettes, et tout objet métallique qui pourrait interférer avec l’image.

Arrivée et installation :

À l’arrivée, le patient est installé confortablement sur la table d’examen du scanner. Cette table glissera automatiquement dans le tunnel du scanner.

Si le scanner nécessite l’utilisation d’un produit de contraste pour améliorer les images, celui-ci peut être administré par voie intraveineuse avant ou pendant l’examen.

Déroulement du scanner :

Le technicien dirige la procédure depuis une pièce adjacente, communiquant avec le patient au moyen d’un interphone.

Le patient est invité à rester immobile et peut être demandé de retenir sa respiration brièvement pour obtenir des images claires. Ceci permet d’empêcher tout mouvement de son corps qui viendrait altérer les images, et donc les résultats.

La table d’examen se déplace lentement à travers le scanner, qui émet des rayons X en tournant autour du patient pour capturer des images transversales de la région cervicale.

Le scanner lui-même ne dure généralement que quelques minutes, bien que la préparation et l’attente puissent prolonger la durée totale de la visite.

Après l’examen :

Une fois l’examen terminé, le patient peut reprendre ses activités normales, sauf instruction contraire. Le fait d’être resté figé pendant des minutes allongé dans l’anneau du scanner peut causer un inconfort. Ceci est d’autant plus réel chez les patients claustrophobes.

Si un produit de contraste a été utilisé, il peut être conseillé de boire beaucoup d’eau pour aider à éliminer le produit de l’organisme.

Résultats :

Le radiologue donnera au patient un premier commentaire sur les images qu’il a obtenues, sans pour autant révéler les détails diagnostics.

Il enverra ensuite son compte-rendu définitif et détaillé au médecin traitant. Ce dernier confirmera ou infirmera son hypothèse diagnostique. Il expliquera alors au patient les résultats, et lui donnera la conduite à tenir.

Conclusion

Le scanner du rachis cervical est une technique d’imagerie médicale mise au point pour améliorer le diagnostic des pathologies qui sont difficiles à explorer avec les techniques standard. Sa réalisation est indolore et sans conséquences majeures mais certaines précautions doivent être prises pour éviter une réaction allergique au produit de contraste voire un trouble cardio respiratoire.

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Références

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