Syndrome de la côte cervicale : définition et prise en charge

Les syndromes de côtes surnuméraires sont rares (0,5 à 1 % de la population), mais peuvent provoquer des symptômes gênants. Le syndrome de la côte cervicale, aussi appelé syndrome de scalène antérieur ou syndrome de Naffziger, résulte d’une côte supplémentaire située au-dessus de la première côte normale.

Cette anomalie peut comprimer les nerfs et vaisseaux du cou, provoquant des douleurs au cou, à l’épaule ou au bras, ainsi que des troubles circulatoires.

Souvent mal diagnostiqué, il est parfois confondu avec une névralgie cervico-brachiale ou un syndrome du canal carpien. Cet article vous aide à mieux comprendre ses causes, symptômes, diagnostic et traitements possibles.

Les 5 points à retenir

  • 1. Le syndrome de la côte cervicale est une malformation congénitale rare mais potentiellement symptomatique.
  • 2. Les symptômes résultent de la compression des nerfs et des vaisseaux du cou.
  • 3. Le diagnostic repose sur la radiographie, le scanner ou l’IRM.
  • 4. Le traitement est souvent conservateur (médicaments, kinésithérapie), la chirurgie étant réservée aux cas sévères.
  • 5. Une prise en charge précoce évite la survenue de troubles moteurs ou circulatoires irréversibles.

Qu’est-ce que le syndrome de la côte cervicale ?

Définition

Le syndrome de la côte cervicale est aussi appelé syndrome de scalène antérieur ou syndrome de Naffziger. Il se définit par la présence d’une côte cervicale surnuméraire.

En réalité, la présence d’une côte cervicale n’entraîne pas systématiquement de symptômes. Certaines personnes vivent toute leur vie sans s’en apercevoir. Ce n’est que lorsque la côte devient suffisamment développée pour comprimer les nerfs ou les vaisseaux qu’apparaissent les manifestations cliniques.

Ce phénomène est plus fréquent chez les femmes jeunes et longilignes, notamment entre 20 et 40 ans, période à laquelle la posture et l’activité musculaire peuvent exacerber la compression.

Généralement, la côte naît au niveau de la septième vertèbre cervicale (appelée C7). C’est une malformation congénitale, qui prend place au-dessus de la première côte cervicale.

Bon à savoir : La côte cervicale peut être unilatérale (d’un seul côté) ou bilatérale. Dans certains cas, elle peut être complète et s’articuler avec la première côte, ou incomplète (simple excroissance osseuse).

Physiopathologie du syndrome de la côte cervicale

D’un point de vue anatomique, une vertèbre comporte généralement trois apophyses (parties saillantes) : deux sur le côté (apophyses transverses) et une autre, qui est épineuse, en arrière (apophyse épineuse).

Le syndrome de la côte cervicale est liée à l’augmentation de volume ou hypertrophie de l’apophyse transverse. Cette hypertrophie peut concerner  l’un ou les deux côtes de la vertèbre cervicale et forme la côte surnuméraire au dessus des côtes normales.

En effet, l’apparition de cette côte supplémentaire entraîne une compression des éléments vasculaires (l’artère sous-clavière) et du faisceau de nerfs (plexus nerveux). Ces éléments sont situées au niveau cervical, plus précisément, à  la base du cou et allant dans le membre supérieur.

Bon à savoir : La compression nerveuse explique les symptômes sensitifs (fourmillements, engourdissement), tandis que la compression artérielle provoque les troubles circulatoires (pâleur, cyanose, œdème).

La compression de l’artère sous-clavière pourrait réduire le flux sanguin (ischémie). Dans certains cas, cela aboutit à l’obstruction de cette même artère à cause de la formation d’un caillot sanguin (thrombose). Puisque le plexus nerveux est également compressé, des troubles au niveau des membres supérieurs pourraient aussi être observés.

C’est alors cette compression exercée par la côte cervicale surnuméraire qui est à l’origine des symptômes.

Comment se manifeste le syndrome de la côte cervicale ?

Le syndrome de scalène antérieur peut être asymptomatique. Par contre, certains patients peuvent présenter des douleurs au niveau du bras. Des fourmillements ou paresthésie peuvent aussi se ressentir à l’intérieur du bras. Les symptômes s’amplifient lorsque le patient exerce des mouvements qui sollicitent les muscles liées au plexus nerveux brachial.

Bon à savoir : les symptômes peuvent être aggravés par la posture ou le port de charges lourdes. Chez certains sportifs (nageurs, musiciens, haltérophiles), les mouvements répétitifs de la ceinture scapulaire augmentent la pression sur le plexus brachial.

Ainsi, certaines positions du bras, mouvements de la tête, l’inspiration profonde et certains sports peuvent aggraver les symptômes du syndrome de la côte cervicale.

On peut également observer une hypotrophie ou une diminution de volume des muscles interosseux de la main. Dans d’autres cas, les muscles courts abducteurs et courts fléchisseur du pouce  qui forment une saillie à la partie antérieure externe et supérieure de la main (éminence thénar) peuvent aussi diminuer de volume.

Ces hypotrophies engendrent des troubles moteurs, d’où les difficultés rencontrées lors de certains mouvements de doigts et de la main.

Les patients atteints du syndrome de la côte cervicale décrivent souvent une sensation de bras « engourdi » ou « lourd ». Ces signes neurologiques peuvent ressembler à ceux d’une hernie cervicale ou d’un syndrome du canal carpien, ce qui explique les nombreux diagnostics erronés avant la découverte de la côte surnuméraire.

Le syndrome de la côte cervicale se manifeste aussi par d’autres symptômes fortement liés aux troubles du flux sanguin. Ils se traduisent par le changement des couleurs de la main.

  • Une décoloration ou pâleur.
  • Une coloration bleue-gris ou cyanose ( à cause d’un manque d’oxygène), si le stade est avancé.
  • Le syndrome de Raynaud, qui se manifeste par l’apparition successive, épisodique la pâleur et de cyanose. Cela se traduit par l’ischémie digitale paroxystique. Par ailleurs, la douleur au niveau des doigts est associée à une coloration rouge vive. Le trouble de Raymond se limite parfois à deux ou trois doigts de la main. Statistiquement, il touche environ 10% de la population.

Bon à savoir : Le syndrome de Raynaud peut être le premier signe d’un trouble vasculaire lié à la côte cervicale. S’il s’associe à des douleurs cervicales ou des engourdissements du bras, une consultation spécialisée est recommandée.

Dans certains cas, un œdème du bras peut se présenter chez les sujets qui souffrent du syndrome de la côte cervicale.

Le diagnostic du syndrome de  la côte cervicale

Le syndrome de Naffziger peut être confondu avec d’autres maladies, notamment celles de la traversée cervico-thoraco-brachiale, du canal carpien. Il est à noter que le diagnostic différentiel est difficile dans le cas où le patient est atteint de névralgie cervico-brachiale (liée à une hernie discale cervicale par exemple).

L’examen cervical s’avère alors nécessaire. Il consiste à :

  • la réalisation d’une radiographie permettant de détecter clairement le syndrome ;
  • l’exécution manœuvre de Call-Roth : il consiste à analyser l’affaiblissement ou la disparition du pouls de l’artère radiale, du côté opposé à la rotation de la tête du patient ;
  • l’application du manœuvre d’Adson. Le malade se met en position haut les mains. Il doit élever son menton et faire tourner sa tête du côté atteint suivi d’une inspiration profonde. Cela permet également de mettre en évidence l’affaiblissement du pouls radial au niveau du côté où se trouve la compression.

En quoi consiste le traitement du syndrome de la côte cervicale ?

Pour traiter le syndrome de Naffziger, il existe plusieurs types de traitements.

Tout d’abord, il est toujours préférable de consulter un médecin en cas de maladie de la côte cervicale.  Le traitement médical est associé à la prise de certains médicaments pour soulager les symptômes. On parle surtout des antalgiques à l’instar du paracétamol et des anti-inflammatoires. Le traitement médical est également indiqué si l’on constate par exemple une chute de l’omoplate (dyskinésie scapulaire) ou une hypertrophie des muscles scalènes.

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Les travaux de rééducation et les traitements kinésithérapeutiques peuvent être efficaces dans la correction des problèmes anatomiques musculaires ou ligamentaires.

La chirurgie en dernier recours

Si ces traitements ne fonctionnent pas, on a recours à l’intervention chirurgicale. Elle est surtout réalisée si les symptômes s’intensifient et si la maladie persiste dans le temps. Elle est précédée d’un bilan précis pour déterminer l’intensité et la cause probable des éventuelles lésions. La chirurgie est aussi pratiquée en urgence si le syndrome provoque une paralysie chez le patient.

L’opération chirurgicale consistera soit à :

  • une scalénotomie : une opération du muscle scalène antérieur ;
  • une scalénectomie : section du petit pectoral ;
  • la réparation chirurgicale de la première côte et de la bande fibreuse, ou d’autres anomalies ;
  • une exploration chirurgicale par voie susclaviculaire horizontale pour disséquer le plexus brachial et l’artère sous clavière ;
  • une simple section du scalène antérieur ;
  • une section du scalène moyen et une ablation de la première côte qui se fait par l’arrière du plexus brachial et en remontant assez loin en arrière jusqu’à insertion de cette côte sur la septième vertèbre cervicale.

Si la présence d’une apophyse épineuse cause problème, on l’enlève avec la bandelette fibreuse qui la prolonge. Si une lésion prédomine sur la veine sous clavière,  on procède à la technique de Ross ou par voie axillaire pour une ablation de la première côte. Par ailleurs, il faut toujours faire attention à la présence d’une thrombose.

L’intervention chirurgicale dans le cadre d’un syndrome de la côte cervicale est en général efficace et comporte des risques minimes. Cela n’empêche pas toutefois l’apparition des complications, dans certains cas. On peut citer par exemple l’atteinte des vaisseaux ou de certains nerfs.

Après la chirurgie, une récidive pourrait se manifester par un bloc cicatriciel ou la repousse de la première côte (chez les jeunes patients surtout), ou par la descente progressive de l’épaule. Dans ces cas, il faudra refaire l’opération. Il est préférable de prévenir les récidives en pratiquant des exercices de rééducation.

Maintenant, vous en savez un peu plus sur le syndrome de la côte cervicale.

Foire aux questions (FAQ)

  • Le syndrome de la côte cervicale est-il dangereux ?

La plupart des cas sont bénins, mais s’il existe une compression vasculaire importante, il peut y avoir un risque d’ischémie ou de thrombose. D’où l’importance d’un suivi médical.

  • La côte cervicale peut-elle disparaître seule ?

Non, il s’agit d’une anomalie osseuse congénitale. Les symptômes peuvent s’atténuer, mais seule la chirurgie permet de retirer la côte.

  • Quels sports éviter en cas de côte cervicale ?

Les sports sollicitant fortement les épaules (musculation, natation, tennis) peuvent aggraver les symptômes. Les étirements doux et la natation sur le dos sont mieux tolérés.

  • Une grossesse peut-elle aggraver les symptômes ?

Oui, les changements hormonaux et posturaux de la grossesse peuvent accentuer la compression vasculo-nerveuse, surtout chez les femmes présentant une côte bilatérale.

  • Quel spécialiste consulter ?

Un médecin spécialiste en neurochirurgie, orthopédie ou chirurgie vasculaire selon la nature de la compression.

Références

Les ressources utilisées dans la création de cet article
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