Les douleurs périnéales représentent environ 4 à 5 % des consultations des centres antidouleurs. Ces consultations doivent faire suite à une consultation de différentes spécialités médicales comme l’urologie, la gynécologie ou la neurologie. Ces dernières doivent exclure au préalable une cause organique. Les douleurs périnéales peuvent également résulter de différents types de névralgies, tout comme elles peuvent être d’origine musculaire ou veineuse. Dans cet article, nous allons vous parler du syndrome de l’obturateur interne.
Qu’est-ce que le syndrome de l’obturateur interne ?
Le syndrome de l’obturateur interne désigne l’atteinte du muscle obturateur interne. Il se caractérise par des douleurs périnéales d’origine musculaire.
Pour mieux comprendre ce syndrome, voyons l’anatomie du muscle obturateur interne.
Anatomie du muscle obturateur interne
Le muscle obturateur interne appartient au membre inférieur dit pelvien ou caudal. C’est un corps musculaire triangulaire qui se situe au niveau des muscles dorsaux et latéraux de la ceinture pelvienne. Cette ceinture permet le rattachement des membres caudaux à la colonne vertébrale.
Ce muscle fait partie des 6 muscles pelvi-trochantériens. Ces derniers sont localisés en profondeur, sur le versant dorsal de l’articulation coxo-fémorale. Sur sa face interne, le muscle obturateur interne tapisse la membrane obturatrice du foramen obturé. Sur le bord supérieur de celui-ci, il forme un orifice connu sous l’appellation « canal obturateur », ou encore « canal sous-pubien ». C’est à travers ce canal que passe l’artère appelée « pédicule vasculo-nerveux obturateur ».
Origine du muscle obturateur interne
Le muscle obturateur interne a une origine endopelvienne. Il prend naissance au niveau de la face endopelvienne des os du pubis et s’insère sur le pourtour osseux interne du trou ischio-pubien (foramen obturé). Sur sa face dorsale, il provient de la membrane obturatrice.
Terminaison du muscle obturateur interne
Le muscle obturateur interne a une terminaison exopelvienne. Partant de la face endopelvienne de l’os coxal, le muscle se réfléchit jusqu’à former un angle droit lorsque les fibres musculaires atteignent le niveau de la petite échancrure sciatique. Puis, il se dirige vers la paroi latérale de la fosse trochantérique. Cette fosse se trouve à côté du muscle obturateur externe.
Innervation et vascularisation du muscle obturateur interne
Ce muscle est innervé par le nerf de l’obturateur interne. C’est une branche du plexus sacral : un réseau de nerfs issus des L4, L5 et S1. Ce sont des rameaux du nerf sciatique qui proviennent de l’articulation coxo-fémorale.
Quant à sa vascularisation, elle est assurée par l’artère et la veine glutéales caudales.
Rôles du muscle obturateur interne
Ce muscle permet ces mouvements :
- rotation externe de la hanche ;
- abduction de l’articulation coxo-fémorale.
Lorsque la jambe est fixe, il permet la contre-nutation du bassin. En revanche, lorsque le bassin est fixe, il permet la rotation externe et l’abduction de la cuisse.
Différence entre syndrome de l’obturateur interne et syndrome du piriforme
Le syndrome de l’obturateur interne est souvent confondu avec le syndrome du piriforme. Celui-ci correspond à l’atteinte du muscle piriforme situé juste en dessus du muscle de l’obturateur interne.
Pour tout savoir sur le syndrome du piriforme, consultez l’article suivant.
Les deux présentent le même point douloureux trochantérien. Toutefois, celui du muscle obturateur interne se situe :
- sur l’axe vertical médian ;
- 5 cm en dessous de celui du muscle piriforme ;
- sur une ligne horizontale partant du grand trochanter jusqu’à la pointe du coccyx.
Quelles sont les causes du syndrome de l’obturateur interne ?
L’origine de ces douleurs musculaires est généralement mixte. Autrement dit, elles sont dues à la fois à une contracture musculaire et à une compression nerveuse enclenchant un conflit avec le muscle hypertonique. Le nerf affecté peut s’agir :
- du nerf sciatique ;
- du nerf cutané postérieur de cuisse ;
- et même, du nerf pudendal.
Si la cause de la contracture musculaire peut résulter de chutes régulières ou importantes sur les fesses. La cause de la compression nerveuse n’est pas toujours retrouvée. Mais elle peut être liée à :
- une fracture du pubis ;
- des hernies obturatrices ;
- un rétrécissement du canal obturateur ;
- des complications d’une chirurgie génito-urinaire.
Quels sont les symptômes du syndrome de l’obturateur interne ?
La plupart des patients qui souffrent du syndrome de l’obturateur consultent pour une douleur fessière. En effet, ce syndrome se manifeste par une douleur touchant les fesses et le membre inférieur. Cette douleur s’accentue lors de position assise. Elle irradie dans le territoire inguinal et périnéal. Ceci est dû au fait qu’en cheminant dans l’aponévrose musculaire, le nerf pudendal subit une contrainte.
En général, les patients consultent notamment lorsque :
- la douleur se ressent constamment après une chute sur les fesses ;
- la position assise est de moins en moins tolérée : lors de la conduite automobile, en cours ou au travail ;
- la douleur déclenche une petite boiterie à la marche en cas de conflit discal.
Comment poser le diagnostic du syndrome de l’obturateur interne ?
Le diagnostic de ce syndrome est avant tout clinique. Il consiste à évaluer la douleur musculaire en :
- exerçant une pression sur la grande échancrure sciatique : la douleur est plus facile à retrouver lorsque la pression s’exerce sur sa partie externe, qui n’est autre que l’insertion trochantérienne ;
- se mettant en position décubitus ventral : la cuisse est mise en extension, puis en rotation interne passive maximale ;
- utilisant la manœuvre de Freiberg à l’aide d’une mobilisation passive avec douleur (aucune participation du patient) ;
- utilisant la manœuvre de Pace et Nagle avec une mobilisation active (avec participation du patient).
La manœuvre de Freiberg consiste à se mettre en position décubitus dorsal. Le médecin amène progressivement le membre atteint du patient en flexion, en adduction et en rotation interne énergique pour reproduire la douleur.
Quant à la manœuvre de Pace et Nagle, elle consiste à se mettre en position assise avec les jambes qui pendent au bord de la table d’examen. Le patient écarte ses genoux contre résistance. Ensuite, le médecin les maintient à une abduction bilatérale des hanches.
Le diagnostic n’est réellement établi que lors de la manœuvre de Lasègue. Celle-ci consiste à s’allonger sur le dos (en décubitus dorsal). Le médecin soulève le membre atteint pour amener le patient à décrire la douleur irradiant du dos jusqu’au pied. Cette manœuvre va mettre en évidence le conflit. Elle peut également provoquer une libération par désinsertion trochantérienne de l’obturateur interne.
Au besoin, des examens d’imagerie sont réalisés pour exclure :
- le syndrome du piriforme : une pointe de scanner permet de déterminer avec précision la topographie en cause ;
- une bursite issue du passage du muscle obturateur interne qui se réfléchit contre l’échancrure sciatique.
Quel est le traitement du syndrome de l’obturateur interne ?
La prise en charge du syndrome de l’obturateur interne est principalement rééducative. Cela peut inclure des séances de kinésithérapie (physiothérapie).
Le traitement peut aussi se baser sur :
- des injections locales de toxine botulique ou de corticoïdes ;
- de l’administration d’anti-inflammatoires généraux et locaux ;
- de la chirurgie en cas de compression nerveuse : elle consiste à effectuer une section intrapelvienne du nerf.
Outre les traitements mentionnés ci-haut, il existe plusieurs produits et accessoires disponibles sur le marché permettant de soulager les douleurs reliées au syndrome de l’obturateur interne. Il faut se rappeler que ces outils offrent généralement un soulagement temporaire, et doivent être utilisés avec parcimonie.
Parmi les produits recommandés par nos professionnels, nous avons :
- Compex
Qu’en est-il des remèdes naturels ?
Comme les accessoires et produits anti mal de dos, les produits naturels et remèdes de grand-mère sont très populaires auprès des gens souffrant de douleurs physiques.
Souvent, ces remèdes comprennent des propriétés anti-inflammatoires permettant de soulager diverses douleurs corporelles.
Par contre, il faut noter que la plupart de ces produits naturels ne sont pas prouvés scientifiquement. Il est donc important de parler à son médecin avant de les utiliser, notamment pour éviter toute interaction avec vos médicaments.
Parmi les remèdes naturels qui pourraient soulager les symptômes, on compte (cliquez sur le produit qui vous intéresse pour obtenir des options d’achat) :
Curcuma
Grâce à ses pouvoirs anti-oxydants et anti-inflammatoires très puissants, le curcuma est l’une des plantes les plus utilisées dans un cadre culinaire et thérapeutique. La composition du curcuma est essentiellement faite d’huiles essentielles, de vitamines (B1, B2,B6,C,E,K) et d’oligo-éléments. Mais c’est à sa composition riche en curcumine et curcuminoides que l’on doit les propriétés anti-inflammatoires de cette épice.
Aucun produit trouvé.
Gingembre
Outre la saveur particulière qu’il apporte en cuisine et ses vertus aphrodisiaques, le gingembre est une racine très connue pour ses pouvoirs anti-inflammatoires. Le gingérol lui confère son action anti-inflammatoire. Il s’agit un composant actif agissant sur les douleurs inflammatoires liées aux maladies inflammatoires articulaires chroniques, notamment la polyarthrite rhumatoïde, le lupus, les maladies rhumatismales, etc. Il a été prouvé que cet élément actif est aussi efficace pour agir sur l’inflammation liée aux arthrites et à la sciatique. Le gingembre possède également d’autres bienfaits grâce à sa haute teneur en potassium et à sa richesse en oligo-éléments (calcium, magnésium, phosphore, sodium) et en vitamines (provitamine et vitamine B9).
Aucun produit trouvé.
Oméga-3
Les oméga-3 sont des acides gras polyinsaturés qui jouent un rôle très important dans le fonctionnement de notre organisme. Ils sont apportés par l’alimentation sous trois formes naturelles : l’acide docosahexaénoique (DHA), l’acide alpha linolénique (ALA) et l’acide éicosapentaénoique (EPA). Au-delà de leur action sur le cerveau et le système cardiovasculaire, les oméga-3 s’avèrent très efficaces contre l’inflammation. En effet, ils ont la capacité d’agir sur les mécanismes inflammatoires dans l’arthrose en freinant la destruction cartilagineuse, ainsi ils réduisent l’intensité des douleurs arthrosiques. La sciatique, étant le plus souvent liée à une inflammation secondaire à une hernie discale, elle peut aussi répondre aux oméga-3 à condition d’en consommer régulièrement.
Aucun produit trouvé.
Eucalyptus citronnée
L’eucalyptus est une plante utilisée le plus souvent sous forme de tisane ou d’huile essentielle. Elle aurait des effets anti-inflammatoires qui lui conférent la capacité d’agir sur les douleurs ostéoarticulaires en générale et les douleurs de la sciatique en particulier.
Aucun produit trouvé.
Gaulthérie
La gaulthérie est un arbuste dont on extrait une huile essentielle très intéressante. C’est l’une des huiles essentielles les plus utilisées en aromathérapie. Cette huile extraite de l’arbuste portant le même nom, est utilisée en massage pour soulager la sciatique et agit comme un antalgique. En effet, elle procure un effet chauffant grâce à sa capacité d’activer localement la circulation sanguine.
Aucun produit trouvé.
Références
Les ressources utilisées dans la création de cet article
Notre processus de création d’articles chez Groupe SANTÉPOURTOUS
Chaque article est rédigé par un professionnel de santé qualifié en suivant des procédures de rédaction strictes (en savoir plus). Cet article présent est régulièrement révisé à la lumière des évidences scientifiques les plus récentes.

