Syndrome de Wolff-Parkinson-White : Tout savoir

Article rédigé par le 12 janvier 2024

Vous avez peut-être entendu parler de troubles cardiaques, mais le Syndrome de Wolff-Parkinson-White (WPW) sort de l’ordinaire. C’est un mystère médical qui pourrait toucher quelqu’un que vous connaissez, méritant ainsi votre attention.

Imaginez un cœur qui bat anormalement vite, à cause d’une anomalie électrique. C’est le WPW !

Cet article, considérez le comme une fenêtre sur le vaste monde du syndrome de Wolff-Parkinson-White.

Destiné à éclairer, informer et soutenir, ce guide, rédigé par un médecin, vous aidera à comprendre cette condition, à la façon de la gérer, que vous soyez patient, proche ou simplement curieux !

Les 6 points importants à retenir

  • 1- Le syndrome de Wolff-Parkinson-White (WPW) est une condition cardiaque caractérisée par une anomalie électrique dans le cœur, due à une ou plusieurs voies accessoires de conduction électrique.
  • 2- Ses symptômes incluent des palpitations, des épisodes de tachycardie (rythme cardiaque rapide), de l’essoufflement, des étourdissements, et parfois des douleurs thoraciques ou des syncopes.
  • 3- Le diagnostic du syndrome de Wolff-Parkinson-White est principalement basé sur un ECG simple, parfois un Holter ECG (ECG sur 24 à 48 heures).
  • 4- Le traitement du syndrome de Wolff-Parkinson-White varie en fonction de la sévérité et de la fréquence des symptômes, allant de la simple surveillance à la prise de médicaments, et jusqu’à l’ablation par cathéter.
  • 5- L’ablation par cathéter, une procédure qui élimine la voie accessoire, a un taux de succès élevé et peut souvent guérir définitivement le syndrome de Wolff-Parkinson-White.
  • 6- Un suivi régulier avec un cardiologue est essentiel, surtout pour ceux qui ont subi une ablation ou prennent des médicaments, afin d’assurer l’efficacité et l’ajustement du traitement.

Qu’est-ce que le Syndrome de Wolff-Parkinson-White (WPW) ?

Le Syndrome de Wolff-Parkinson-White (WPW) est une condition cardiaque rare qui se caractérise par une anomalie électrique dans le cœur.

Cette anomalie se traduit par la présence d’une ou plusieurs voies de conduction supplémentaires entre les oreillettes et les ventricules du cœur qui perturbent le flux électrique, provoquant une activation prématurée des ventricules.

Pour mieux comprendre, imaginez que votre cœur est comme une ville avec un réseau routier complexe. Normalement, il existe une route principale pour que l’électricité voyage à travers votre cœur, déclenchant les battements réguliers.

Dans le cas du WPW, il y a une route supplémentaire (ou voie secondaire) à côté de l’autoroute principale qui perturbe le trafic !

Il faut savoir que dans un cœur sain, l’électricité parcourt d’abord les oreillettes (les chambres supérieures du cœur), puis passe par un centre de contrôle, appelé nœud auriculo-ventriculaire, avant d’atteindre les ventricules (les chambres inférieures du cœur).

Ce délai permet aux oreillettes de se contracter et de pomper le sang dans les ventricules avant qu’ils ne se contractent à leur tour.

Chez une personne atteinte de Wolff-Parkinson-White, à cause de cette voie accessoire, l’électricité peut court-circuiter le chemin normal : elle se précipite directement des oreillettes aux ventricules, en contournant le nœud auriculo-ventriculaire.

Cela peut provoquer une tachycardie, où votre cœur bat très rapidement, parfois jusqu’à 200 battements par minute.

En gros, dans le syndrome de Wolf-Parkinson-White, il existe un court-circuit électrique dans le cœur qui provoque ce qu’on appelle des arythmies, des troubles du rythme cardiaque comme la tachycardie ou la fibrillation auriculaire.

Quelles sont les causes du syndrome de WPW ?

Le Syndrome de Wolff-Parkinson-White (WPW) est principalement causé par une anomalie congénitale, c’est-à-dire présente dès la naissance.

Cette anomalie est liée à la présence d’une ou plusieurs voies accessoires de conduction électrique dans le cœur.

Habituellement, ces voies accessoires ne sont pas dues à des facteurs environnementaux ou des habitudes de vie, mais plutôt à un développement anormal du système de conduction cardiaque pendant la croissance fœtale.

Le WPW peut également être associé à d’autres anomalies cardiaques congénitales.

Par ailleurs, des études ont montré que le syndrome de Wolff-Parkinson-White pouvait parfois être observé dans plusieurs membres d’une même famille, suggérant une possible hérédité.

Toutefois, le rôle exact des facteurs génétiques n’est pas entièrement compris et la plupart des cas de WPW surviennent chez des individus sans antécédents familiaux.

Il faut aussi noter que dans de nombreux cas, le WPW apparaît de manière sporadique, sans cause évidente ou facteur de risque identifiable.

Bref, le syndrome de Wolf-Parkinson-White est principalement dû à une anomalie dans le développement du système de conduction électrique du cœur durant la vie intra-utérine.Haut du formulaire

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Comment se manifeste le syndrome de WPW ?

Le Syndrome de Wolff-Parkinson-White se manifeste par une série de symptômes résultant des arythmies, elles-mêmes causées par la conduction électrique anormale dans le cœur.

Voici comment les arythmies du syndrome de WPW peuvent se manifester le plus couramment :

  • Palpitations cardiaques : vous pourriez ressentir des palpitations, qui sont des sensations de battements de cœur rapides, forts ou irréguliers. Cela peut être assez inquiétant, mais c’est une manifestation fréquente du WPW.
  • Tachycardie supraventriculaire (TSV) : c’est le symptôme le plus caractéristique du WPW. Vous pourriez subir des épisodes de tachycardie, où le cœur bat anormalement vite. Ces épisodes peuvent être brefs ou durer plusieurs heures !
  • Essoufflement ou difficultés respiratoires : durant un épisode de tachycardie, vous pouvez vous sentir essoufflé ou avoir des difficultés à respirer, même sans avoir réalisé un effort physique important.
  • Étourdissements : certains patients rapportent des étourdissements ou une sensation de tête légère, pouvant être liés à une diminution du débit cardiaque pendant les épisodes de tachycardie (moins de sang qui arrive au cerveau).
  • Fatigue : surtout après un épisode de tachycardie, en raison de la demande accrue d’énergie par le cœur.
  • Douleur à la poitrine : bien que moins fréquente, la douleur thoracique peut parfois être un symptôme du WPW, particulièrement lors d’épisodes de tachycardie.
  • Syncope : dans des cas rares, les épisodes de tachycardie rapide peuvent provoquer des évanouissements (pertes de connaissance) ou « syncopes ».

Rarement, le WPW peut conduire à des complications plus sérieuses comme la fibrillation auriculaire (trouble du rythme au niveau des oreillettes), qui peut nécessiter une prise en charge médicale d’urgence.

Si vous présentez un ou plusieurs de ces symptômes, surtout s’ils sont nouveaux ou s’aggravent, consultez rapidement un médecin.

Comment se pose le diagnostic du syndrome de WPW ?

Le diagnostic du Syndrome de Wolff-Parkinson-White (WPW) repose principalement sur les résultats d’un électrocardiogramme (ECG), complété par l’évaluation des symptômes et l’histoire médicale du patient.

Voici comment cela se déroule dans les grandes lignes :

Examen clinique

Le processus commence généralement par un examen clinique. Vous discuterez avec votre médecin de vos symptômes, de vos antécédents médicaux, et de tout antécédent familial de maladie cardiaque.

Votre médecin vous posera des questions sur les palpitations, l’essoufflement, les étourdissements, ou tout autre symptôme que vous pourriez avoir.

En général, c’est l’apparition d’un des symptômes du syndrome de Wolff-Parkinson-White qui motive le patient à consulter un professionnel de santé.

Plus rarement, le diagnostic de WPW est posé à l’occasion d’une consultation médicale de routine, dans le cadre d’un rendez-vous annuel avec son médecin traitant par exemple (diagnostic fortuit, sans plainte particulière du patient).

Électrocardiogramme (ECG)

L’outil le plus important pour diagnostiquer le syndrome de Wolff-Parkinson-White est l’ECG. Pendant cet examen, des électrodes sont placées sur votre poitrine et vos membres pour enregistrer l’activité électrique de votre cœur.

Dans le syndrome de Wolff-Parkinson-White, l’ECG montre généralement un intervalle PR court et une onde delta, qui est une élévation au début du complexe QRS.

En gros, ces signes ECG indiquent que les impulsions électriques du cœur se déplacent plus rapidement que la normale du fait des voies accessoires — rappelez-vous, il existe lors d’un WPW une « route secondaire » qui court-circuite la voie principale de passage des signaux électriques du cœur.

Enregistrement électrocardiographique continu (Holter ECG)

Si les symptômes sont intermittents et ne se manifestent pas pendant l’ECG standard, un Holter ECG peut être utilisé.

Cet appareil portable enregistre l’activité électrique du cœur sur 24 à 48 heures, capturant les anomalies qui peuvent survenir dans la vie quotidienne.

La réalisation de cet examen augmente les chances de dépister les anomalies caractéristiques du syndrome de Wolff-Parkinson-White qui se produisent en intermittence.

Épreuve d’effort cardiaque

Dans certains cas, une épreuve d’effort (ou test d’effort) peut être effectuée. Il s’agit de surveiller votre cœur pendant que vous faites de l’exercice, souvent sur un tapis roulant ou un vélo d’appartement.

Grâce à cela, on pourra identifier les anomalies électriques du cœur (associée au syndrome de Wolff-Parkinson-White) qui se produisent seulement pendant l’activité physique.

Bref, on déclenche volontairement les anomalies cardiaques avec l’effort tout en surveillant étroitement votre cœur pour les détecter et permettre de poser le diagnostic.

Études électrophysiologiques (EEP)

Dans des cas complexes, une étude électrophysiologique peut être nécessaire. Cette procédure plus invasive implique l’insertion de cathéters dans le cœur pour étudier précisément les voies électriques et les zones problématiques.

D’après cette étude française menée sur un total de 154 patients atteints du syndrome de Wolff-Parkinson-White, l’électrophysiologie est le seul examen permettant, en particulier chez les patients asymptomatiques :

  • D’affirmer le diagnostic de WPW ;
  • D’évaluer le niveau de risque de complication ;
  • De mettre en place prise en charge thérapeutique bien organisée ;
  • De réaliser un traitement concomitant (ablation de la voie accessoire durant l’examen).

Échographie du cœur ou Échocardiographie

Parfois, une échocardiographie peut être réalisée pour exclure d’autres problèmes cardiaques, surtout si l’on soupçonne des anomalies structurelles (anomalie dans la structure et la forme du cœur).

Bon à savoir !
Grâce aux avancées dans l’échocardiographie et les techniques d’imagerie, les médecins peuvent identifier un WPW chez le fœtus ! Cette détection précoce permet une meilleure planification et préparation pour la gestion de la condition dès la naissance, optimisant ainsi les résultats pour l’enfant.

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Comment se traite le syndrome de WPW ?

Plusieurs options thérapeutiques, plus ou moins invasives, sont utilisées dans la prise en charge du WPW en fonction de divers facteurs, notamment la sévérité des symptômes et la présence d’épisodes de tachycardie.

Voici, en bref, les principales approches de traitement du WPW :

Gestion des symptômes

Si vous avez le WPW mais n’expérimentez pas de tachycardie (WPW sans palpitations cardiaques), votre médecin peut choisir de simplement surveiller votre état.

Dans certains cas, aucun traitement n’est nécessaire, surtout si vous ne présentez pas de symptômes !

Médicaments

Si vous avez des épisodes de tachycardie ou d’autres symptômes, des médicaments peuvent être prescrits pour contrôler le rythme cardiaque ou prévenir les épisodes de tachycardie.

Ces médicaments peuvent inclure notamment des bêtabloquants ou des antiarythmiques.

Ablation par cathéter

L’ablation par cathéter est souvent le traitement de choix pour le WPW, surtout en présence de symptômes fréquents ou sévères.

Durant cette procédure de cardiologie interventionnelle (ce n’est pas une chirurgie) :

  • Un cathéter est inséré, généralement à travers une veine dans l’aine, et guidé jusqu’au cœur sous contrôle radiographique.
  • Une fois le cathéter placé à proximité de la voie accessoire, la source de l’anomalie électrique (WPW), de l’énergie sous forme de radiofréquence ou de cryoablation (froid) est utilisée pour détruire précisément cette voie.
  • Cette destruction (ablation) empêche la transmission des signaux électriques anormaux responsables des symptômes du WPW.

Cette ablation a un taux de succès élevé et peut souvent guérir définitivement le WPW, permettant aux patients de vivre sans médicaments ni restrictions !

Gestion des épisodes aigus de tachycardie

Pour les épisodes aigus de tachycardie, des traitements d’urgence peuvent être nécessaires. Cela peut inclure des manœuvres vagales (comme la manœuvre de Valsalva) et des médicaments intraveineux.

Dans des cas rares, une cardioversion électrique est nécessaire : ça consiste à délivrer un choc électrique (par défibrillateur, par un professionnel de santé qualifié) pour rétablir le rythme cardiaque normal, par exemple en cas de tachycardie supraventriculaire réfractaire aux traitements médicamenteux.

Suivi régulier

Un suivi régulier avec un cardiologue est important, surtout si vous avez subi une ablation ou si vous prenez des médicaments. Ce suivi permet de s’assurer que le traitement reste efficace et d’ajuster le plan de traitement si nécessaire.

Modification du mode de vie

Bien que les changements de mode de vie ne puissent pas guérir le WPW, ils peuvent aider à réduire les symptômes ou le risque de complications. *

Cela peut inclure des stratégies de gestion du stress, éviter les stimulants comme la caféine ou l’alcool, et maintenir une activité physique régulière.

Qui consulter ?

Maintenant que vous avez une compréhension approfondie du syndrome de Wolff-Parkinson-White (WPW), il est essentiel de savoir vers qui vous tourner pour des conseils, des diagnostics et des soins appropriés. Voici quelques professionnels de la santé que vous pouvez consulter :

  • Cardiologue : le cardiologue est le spécialiste du cœur et du système cardiovasculaire. Si vous suspectez des symptômes liés au WPW ou si vous avez déjà reçu un diagnostic, un cardiologue peut jouer un rôle clé dans la gestion de votre condition.
  • Médecin généraliste : si vous ressentez des symptômes tels que des palpitations, des étourdissements ou des épisodes de tachycardie, votre médecin généraliste peut être la première personne à consulter. Il peut vous orienter vers un cardiologue en cas de besoin.
  • Gynécologue-obstétricien : pour les femmes enceintes atteintes de WPW, il est important de travailler en étroite collaboration avec un gynécologue-obstétricien. La grossesse peut présenter des défis supplémentaires, et une surveillance attentive est cruciale.

Annuaire des spécialistes

Pour trouver rapidement des spécialistes dans votre région, vous pouvez consulter notre annuaire en ligne.

Cet annuaire est conçu pour vous aider à localiser des cardiologues et d’autres professionnels de la santé.

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Foire aux questions (FAQ)

Le WPW peut-il disparaître tout seul ?

Non ! Le WPW ne disparaît pas de lui-même. Bien que certains symptômes puissent s’améliorer avec le temps, la présence de voies accessoires reste.

Un traitement, comme l’ablation par cathéter, est souvent nécessaire pour résoudre définitivement la condition.

Y a-t-il des restrictions alimentaires ou de mode de vie pour les personnes atteintes de WPW ?

Il n’y a pas de restrictions alimentaires spécifiques, mais il est conseillé d’éviter les stimulants comme la caféine ou l’alcool qui peuvent déclencher des épisodes de tachycardie.

Adopter un mode de vie sain, y compris une activité physique régulière et une alimentation équilibrée, est bénéfique.

Peut-on faire du sport si on a le WPW ?

Oui, la plupart des personnes atteintes de WPW peuvent pratiquer des sports, mais jamais sans l’accord et le suivi d’un médecin.

Le WPW augmente-t-il le risque de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral ?

Non, le WPW en lui-même n’augmente pas directement le risque de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral (AVC).

Cependant, des complications associées au WPW, comme des épisodes de fibrillation auriculaire ou une tachycardie mal gérée, peuvent augmenter le risque de ces conditions graves.

Références

Articles et ressources utilisées dans la rédaction de cet article
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