Syndrome du canal cubital (poignet): Que faire ?

Article rédigé par le 10 octobre 2021

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Le syndrome du canal cubital se produit lorsque le nerf ulnaire (anciennement appelé nerf cubital) est comprimé au niveau du poignet.

Lorsqu’une pression est exercée sur le nerf au niveau du poignet, elle provoque des engourdissements et des picotements au niveau des deux derniers doigts, ainsi qu’une faiblesse dans la main.

Cet article vous explique exactement ce qu’est le syndrome du canal cubital (causes, symptômes, diagnostic), et discute des diverses approches de traitement visant à retrouver une fonction normale.

Note : Cet article couvre la compression du canal cubital au niveau du poignet. Pour un syndrome du tunnel cubital au niveau du coude, consultez l’article suivant.

Définition et anatomie

Avant de discuter du syndrome du tunnel cubital, mettons-nous d’accord sur la nomenclature et l’appellation de cette affection.

Au risque de vous mélanger, sachez qu’il existe plusieurs nomenclatures désignant la même condition. En effet, le syndrome du canal cubital est également appelé :

  • Syndrome du canal ulnaire
  • Syndrome du tunnel cubital
  • Syndrome du tunnel ulnaire
  • Syndrome du canal de Guyon

Cette affection qui touche plusieurs cyclistes est néanmoins plus rare que le fameux syndrome du tunnel carpien.

Essentiellement, il s’agit d’une neuropathie compressive du nerf cubital au niveau du poignet, plus précisément au niveau canal de Guyon.

Ce canal anatomique s’étend de l’os pisiforme jusqu’au hamalus de l’hamatum (appelée également apophyse unciforme de l’os crochu), et laisse passer le nerf ulnaire ainsi que l’artère ulnaire.

Pourquoi le nerf ulnaire serait-il comprimé au niveau du canal de Guyon ? C’est ce que nous verrons dans la prochaine section.

Causes

La cause la plus fréquente du syndrome du canal cubital est un ganglion au niveau de la région ulnaire du poignet. Ce ganglion provenant généralement d’un kyste bénin (non cancéreux) constitue en effet 80 % des causes non traumatiques.

Mis à part le ganglion, d’autres causes possibles sont :

  • un traumatisme répétitif (comme l’utilisation d’un marteau-piqueur)
  • une pression continue (comme la main posée sur le guidon d’un vélo)
  • un lipome
  • une atteinte de l’os hamatum (comme une fracture de l’hamatum)
  • une atteinte de l’os pisiforme (comme une fracture ou dislocation)
  • un rhumatisme
  • des causes congénitales
  • des causes idiopathiques

Symptômes

Le plus souvent, les symptômes du syndrome du canal cubital se développent progressivement.

L’intensité des symptômes (incluant la douleur et les paresthésies) dépendra de la localisation exacte du blocage, ainsi que du niveau d’irritation nerveuse. Il faut noter que la douleur n’est pas toujours présente, surtout au début.

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Certaines compressions occasionneront des troubles moteurs seulement (mouvements), sensitifs seulement (sensation), ou encore une combinaison de troubles moteurs et sensitifs.

Typiquement, la personne atteinte commence par noter une faiblesse et un engourdissement croissant, en particulier du côté des deux derniers doigts de la main.

Au fur et à mesure que le syndrome progresse, il peut devenir plus difficile d’ouvrir des pots, de tenir des objets ou de pratiquer des tâches nécessitant une dextérité fine ou de la coordination (comme jouer d’un instrument de musique ou taper à l’ordinateur).

Diagnostic

Pour émettre un diagnostic de syndrome du canal cubital, le médecin commence par un examen physique.

Après avoir discuté de votre historique médical et antécédents de blessure, le médecin cherchera des signes concordants avec les symptômes mentionnés précédemment. Plus précisément, il cherchera les signes suivants :

  • Fonte musculaire (atrophie) et faiblesse des muscles innervés par le nerf ulnaire (3e et 4e lombricaux, muscles adducteurs et court fléchisseur du pouce)
  • Diminution de préhension de la main et difficulté à pincer un objet
  • Peau sèche dans les espaces entre les doigts
  • Signe de Tinel : tapotement au niveau du poignet, la où passe le nerf ulnaire, à la recherche de paresthésies.

Comme le nerf ulnaire passe également par le coude, le médecin examinera également cette région. Par exemple, une pression au niveau de la gouttière épitroléo-olécrânienne (communément appelée sillion du nerf ulnaire) peut provoquer des symptômes dans les deux derniers doigts.

Tests d’imagerie

Pour évaluer la conduction électrique d’un nerf, un test fréquemment utilisé est l’électromyographie (EMG). Ceci permettra de dire si le nerf ulnaire est irrité dans son trajet, ainsi que la localisation de la compression.

Une imagerie par résonance magnétique (IRM) ou un scanner peuvent également être utilisés pour identifier une structure comprimant le nerf (comme un ganglion, kyste, excroissance osseuse, etc.).

Par ailleurs, les examens d’imagerie permettront d’éliminer une autre cause de symptômes dans la région ulnaire du poignet, comme par exemple une fracture de l’hamatum ou un anévrisme de l’artère ulnaire.

Traitement

Le choix du traitement dépendra de la cause de compression nerveuse du nerf ulnaire.

Dans les cas où la compression provient d’une position prolongée (comme un cycliste qui ressent des engourdissements après un long trajet), l’objectif sera de modifier la posture ou l’environnement pour réduire le stress sur le nerf ulnaire.

Si les symptômes apparaissent après une pratique d’un sport, une adaptation de la technique sportive pourrait réduire l’irritation nerveuse. L’utilisation de bandages protectifs ou kinesiotape peut notamment aider à stabiliser le poignet durant l’activité.

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Dans un cadre professionnel, il est parfois difficile d’éliminer les mouvements répétitifs nécessaires à l’exercice de son travail. Il faudra parfois discuter avec son médecin d’un arrêt de travail, d’un reclassement professionnel ou carrément d’une reconversion.

Outre les modifications environnementales, certaines modalités peuvent aider à soulager les symptômes et améliorer la fonction :

  • Médicaments anti-inflammatoires
  • Attelle (utilisation antalgique et à court terme idéalement)
  • Exercice et étirements (prescrits par un kinésithérapeute ou autre professionnel de santé)
  • Électrothérapie
  • Bains contrastes, chaleur, glace
  • Kinésiotape

Traitement chirurgical

Si la cause de la compression provient d’une structure externe (comme un kyste ou une excroissance osseuse), il se peut qu’on privilégie l’opération pour traiter le syndrome du tunnel cubital.

L’objectif sera de retirer chirurgicalement la structure responsable de l’irritation nerveuse, afin de libérer le nerf ulnaire et retrouver la sensation normale.

Le plus souvent, il faudra attendre un délai de quelques mois avant de retrouver une fonction normale, en supposant que la compression nerveuse n’a pas causé de dommages irréversibles.

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