Tendinite du psoas : causes, symptômes, traitements & prévention

La tendinite du psoas (souvent appelée tendinopathie de l’ilio‑psoas) est une atteinte fréquente en particulier chez les sportifs : elle affecte le tendon du muscle psoas‑iliaque, fléchisseur puissant de la hanche.

Parce que ce muscle intervient à chaque pas, pour se lever d’une chaise ou monter des escaliers, une inflammation à son niveau peut rapidement empoisonner le quotidien : douleur dans le pli de l’aine, gêne à la marche, crispation en position assise prolongée.

Dans ce guide complet rédigé par un professionnel de santé, nous vous expliquons : qu’est‑ce que la tendinite du psoas, ses causes, son diagnostic, ses traitements et les clés pour éviter les récidives.

Qu’est-ce que la tendinite du psoas ?

La tendinite (ou plus justement la tendinopathie) désigne une atteinte du tendon (la structure fibreuse qui relie un muscle à un os) marquée par une douleur, une altération fonctionnelle et souvent des modifications de structure du tendon.

La tendinopathie du tendon du muscle psoas‑iliaque (organe fléchisseur principal de la hanche) se manifeste par une douleur au niveau antérieur de la hanche ou du pli de l’aine, liée à une irritation ou surcharge du tendon.

Bon à savoir !
Le terme «tendinite» évoque une inflammation aiguë du tendon ; dans les faits, on parle plus souvent de tendinopathie, une atteinte chronique ou subaiguë qui mêle parfois inflammation, dégénérescence et modification structurale du tendon.
Dans ce contexte, parler de «tendinite du psoas» reste acceptable pour le grand public ; mais gardez à l’esprit qu’il s’agit souvent d’un continuum tendinopathique.
Dans la suite de l’article, je parlerai de « tendinite du psoas » pour rester simple.

Rappel anatomique sur le muscle psoas

Le tendon constitue l’extrémité qui relie le muscle à un os ou à un autre élément. Il assure la coordination de nos mouvements et notre mobilité. C’est lui qui transmet la force des muscles aux os.

Le psoas, quant à lui, désigne à un groupe de muscles qui se situe dans la partie postérieure de l’abdomen. On parle souvent de psoas-iliaque ou ilio-psoas.

Muscle psoas iliaque

Ce groupe de muscle ilio-psoas se compose de deux chefs musculaires :

  • le muscle iliaque qui se lie à l’os du bassin (os iliaque) ;
  • le muscle du psoas proprement dit qui s’attache sur l’avant des vertèbres lombaires (rachis).

Ces deux chefs musculaires se rejoignent au niveau d’un tendon qui s’attache sur l’apophyse du fémur (ou petit trochanter). Ils convergent vers un tendon commun inséré sur le petit trochanter du fémur.

Le nerf fémoral émerge du plexus lombaire au sein du psoas et chemine entre psoas et iliaque.

Le psoas relie la partie haute et la partie basse du corps. Et en se contractant, il contribue aux divers mouvements de l’articulation de la hanche comme :

  • la flexion : rapprochement de la cuisse et du bassin ;
  • l’extension : éloignement de la cuisse et du bassin.

La tendinite du psoas concerne principalement ce tendon fléchisseur de la hanche.

Mécanismes et facteurs associés à la tendinite du psoas

La tendinite du psoas apparaît rarement par hasard.

Elle résulte le plus souvent d’une combinaison de surcharges mécaniques, de déséquilibres musculaires et, parfois, de contraintes liées à une chirurgie de la hanche.

Surcharge mécanique et gestes répétitifs

Le tendon du psoas est mis à l’épreuve à chaque flexion de la hanche : lors de la course, de la montée des escaliers ou de certains mouvements sportifs explosifs.

Les postures prolongées, qu’elles soient assises ou debout, maintiennent également une tension constante sur ce tendon. Lorsque ces contraintes se répètent sans temps de récupération suffisant, le tissu tendineux s’irrite : c’est le point de départ de la tendinite du psoas.

Une surcharge chronique conduit progressivement à une inflammation, voire à une dégénérescence du tendon.

Ce phénomène explique pourquoi les sportifs d’endurance et les personnes au mode de vie sédentaire peuvent, paradoxalement, développer la même pathologie.

Déséquilibres musculaires et altérations biomécaniques

Lorsque les fessiers ou les muscles extenseurs de hanche sont trop faibles, le psoas compense et travaille davantage, ce qui accentue la tension sur son tendon.

De plus, une posture modifiée (par exemple une hyperlordose lombaire ou une antéversion du bassin) augmente le stress sur la hanche et crée un schéma mécanique défavorable.

À long terme, ces adaptations posturales favorisent la surcharge du tendon et entretiennent la douleur liée à la tendinite du psoas.

Spécificité après prothèse de hanche

Dans certains cas, en particulier après une arthroplastie totale de la hanche (ATH, ou PTH pour prothèse totale de la hanche), le tendon du psoas peut frotter sur un composant prothétique mal positionné.

Ce que disent les études
Une étude récente menée par Marco Minelli et al.,(2025) a analysé plusieurs travaux sur les douleurs de hanche survenant après une arthroplastie totale de la hanche (prothèse).
Les chercheurs ont observé que certaines personnes développent une tendinite du psoas après l’opération, non pas à cause d’un effort excessif, mais à cause d’un frottement mécanique entre le tendon du psoas et la partie avant de la prothèse.
Plusieurs situations augmentent ce risque :
– Une prothèse légèrement trop avancée ou trop inclinée
– Une cupule (pièce de la prothèse) un peu trop grande,
– Ou encore certaines caractéristiques anatomiques individuelles, comme un bassin plus étroit.
Ainsi, même chez un patient non sportif, la tendinopathie du psoas peut apparaître dans ce contexte mécanique.

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Symptômes de la tendinite du psoas

Les signes typiques : une douleur à l’aine, souvent à l’avant de la hanche, qui se déclenche ou s’aggrave par la flexion de hanche (se lever d’un siège, entrer dans une voiture, monter un escalier).

Le matin ou après une position assise prolongée, la hanche peut paraître «coincée». Par ailleurs, chez certains, la toux ou l’éternuement accentue la douleur, car le psoas est lié au plan profond du tronc.

À l’examen, on retrouve fréquemment : une palpation douloureuse du tendon, un test de flexion de hanche contre résistance positif, un test de Thomas ou l’observation d’un «snapping hip».

Cependant, aucun test clinique unique n’a montré une précision parfaite pour cette pathologie ; le diagnostic reste global.

Quand et comment réalise-t-on le diagnostic ?

Le diagnostic clinique représente le point de départ. Le professionnel recueille l’histoire (activité, posture, contexte sportif ou prothétique), réalise l’examen et écarte d’autres causes (arthrose de hanche, bursite trochantérienne, pubalgie).

Une attention particulière est portée aux tests de flexion ou de résistance.

L’imagerie et examens complémentaires

  • Radiographie : utile pour exclure une arthrose, vérifier la position d’une prothèse.
  • Échographie musculotendineuse / IRM : peuvent montrer des épaississements tendineux ou des bursites ; néanmoins, leur sensibilité est modérée dans cette localisation.
  • Infiltration : sous guidage échographique pour valider que c’est bien le psoas qui génère la douleur (anesthésie + soulagement → argument diagnostic).

L’ensemble de ces éléments permet de structurer un parcours de prise en charge.

Options de traitement : ce qui fonctionne pour la tendinite du psoas

La tendinite du psoas se soigne dans la grande majorité des cas sans avoir recours à la chirurgie.

La clé réside dans une prise en charge structurée, adaptée à chaque profil de patient et à la cause de la douleur.

Le traitement repose sur trois piliers : la réduction de la surcharge, la rééducation progressive et, en dernier recours, les techniques invasives.

Traitement conservateur (premier choix)

Le traitement conservateur est la première option et la plus efficace dans la majorité des cas. Il s’appuie sur des mesures simples mais rigoureuses, combinant repos relatif, traitement médicamenteux et rééducation fonctionnelle.

La première étape consiste à réduire les gestes douloureux sans pour autant cesser toute activité.

L’immobilisation complète est à éviter : elle fragilise le tendon et ralentit la récupération. Il s’agit plutôt d’adapter les mouvements pour diminuer la contrainte sur le psoas. Par exemple, on peut limiter les montées d’escaliers, la course en côte ou les gestes explosifs.

Sur le plan médicamenteux, des antalgiques ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être prescrits sur une courte période pour soulager la douleur, le temps que la rééducation prenne le relais.

Mais c’est bien la kinésithérapie qui joue le rôle central. Le protocole associe plusieurs volets :

  • renforcement du psoas à des intensités modérées pour stimuler la régénération tendineuse ;
  • activation des muscles fessiers et des extenseurs de hanche, qui réduisent la charge mécanique sur le tendon ;
  • travail de la posture et du gainage afin de corriger les déséquilibres lombaires souvent responsables de la surcharge ;
  • mobilité douce de la hanche, pour éviter les raideurs tout en respectant les limites de la douleur.

La progression est lente, mesurée, et repose sur une règle d’or : aucune douleur vive pendant l’exercice, et aucune gêne accrue le lendemain. Un bon kinésithérapeute ajuste la charge et les exercices pour stimuler sans irriter.

Traitements invasifs ou chirurgicaux : quand les envisager

Lorsque la tendinite du psoas persiste malgré plusieurs mois de rééducation bien menée, ou lorsqu’un conflit mécanique est identifié à l’imagerie (notamment après une prothèse de hanche), le recours à des traitements plus ciblés peut être envisagé.

Ces options ne constituent pas une première intention, mais elles peuvent être nécessaires dans les cas chroniques ou résistants.

L’approche se fait toujours de manière progressive : avant de penser à la chirurgie, on évalue l’efficacité des infiltrations locales. Sous guidage échographique, le praticien injecte un mélange d’anesthésique et d’anti-inflammatoire au contact du tendon ou de la bourse ilio-psoas.

Si la douleur disparaît rapidement après l’injection, cela confirme que la source de la gêne est bien liée à une tendinite du psoas.

Si la douleur persiste malgré ces mesures, ou lorsqu’un impingement mécanique est clairement identifié, la chirurgie du psoas devient une option.

Cette intervention, appelée ténotomie du psoas, consiste à libérer partiellement le tendon de sa zone de friction.

Réalisée sous arthroscopie, elle offre une récupération plus rapide et des résultats encourageants.

Attention !
La chirurgie n’est indiquée qu’en dernier recours. Elle nécessite une évaluation précise, car une libération excessive du tendon peut provoquer une perte de force ou une instabilité de hanche. Dans la majorité des cas, la tendinite du psoas bien prise en charge se résout sans passer par cette étape invasive.

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Tableau comparatif des principales options thérapeutiques

Pour aider à visualiser les choix possibles, voici un résumé des approches actuellement recommandées pour la tendinite du psoas, selon la sévérité et la réponse au traitement conservateur.

Option thérapeutiqueIndication principaleAvantagesLimites / précautions
Traitement conservateur (repos relatif, rééducation, AINS)Première intention, majorité des casPeu invasif, favorise la cicatrisation naturelle du tendonRécupération lente, exige assiduité et suivi régulier
Infiltration locale (anesthésique + corticoïde)Douleur persistante malgré la rééducationSoulagement rapide, confirmation diagnostiqueEffet transitoire, risque d’irritation si répétée trop souvent
Tenotomie ou libération chirurgicaleÉchec du traitement médical, conflit mécanique avéréRésultats fonctionnels bons dans les cas ciblésRisques opératoires, perte de force possible

Récupération, retour à l’activité et prévention

La guérison d’une tendinite du psoas demande du temps, de la régularité et une reprise d’activité soigneusement planifiée.

En moyenne, il faut compter 3 à 6 mois pour retrouver une fonction normale de la hanche, parfois davantage chez les sportifs de haut niveau ou après une chirurgie.

Durée et étapes de la récupération

La récupération se fait par paliers. D’abord, il s’agit de réduire la douleur et de retrouver une mobilité confortable.

Une fois ces objectifs atteints, la phase de renforcement progressif commence : on stimule le tendon en douceur, en augmentant progressivement la charge pour le rendre plus résistant. Cette étape est essentielle pour éviter les rechutes.

Les signes de bonne évolution sont clairs : la douleur disparaît pendant l’activité, la raideur matinale s’atténue, et la hanche retrouve une amplitude normale.

À ce stade, le kinésithérapeute introduit des exercices plus dynamiques : montées de genou contrôlées, gainage, travail de coordination.

Reprise du sport et activités physiques

La reprise du sport doit se faire sans douleur et de façon progressive. On privilégie d’abord des activités à faible impact comme le vélo ou la natation, avant de réintroduire la course ou les mouvements explosifs.

Le renforcement des muscles fessiers et du tronc reste essentiel pour stabiliser la hanche et réduire la charge sur le psoas.

Un programme d’entretien à long terme est souvent recommandé : il aide à maintenir la force et la souplesse, tout en prévenant la réapparition d’une tendinite du psoas.

Prévention des récidives

Prévenir la tendinite du psoas repose sur quelques principes simples :

  • Renforcer les muscles antagonistes, notamment les fessiers, pour équilibrer la mécanique de la hanche.
  • Varier les postures et éviter les stations assises prolongées sans pause.
  • S’échauffer correctement avant l’effort, surtout pour les sports sollicitant la flexion de hanche.
  • Augmenter progressivement la charge d’entraînement pour laisser le temps au tendon de s’adapter.

Une attention particulière doit être portée aux sportifs qui ont déjà souffert d’une tendinite du psoas : un suivi régulier avec un kinésithérapeute ou un préparateur physique aide à prévenir les rechutes et à conserver une bonne biomécanique.

Témoignages

Depuis plus d’un an, je souffre du psoas iliaque droit. Diagnostic posé par le kiné, IRM normale, séances d’étirements… J’ai pu recourir un peu, mais la douleur revient toujours. Douleur à l’aine, dans le bas du dos, parfois même au ventre..

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Les 5 points importants à retenir

  • 1. La tendinite du psoas correspond à une inflammation ou irritation du tendon reliant le muscle ilio-psoas au fémur, provoquant une douleur dans le pli de l’aine ou à l’avant de la hanche.
  • 2. Elle résulte souvent d’une surcharge mécanique liée à des gestes répétitifs, une mauvaise posture ou un déséquilibre musculaire entre fessiers et fléchisseurs de hanche.
  • 3. Le diagnostic repose avant tout sur l’examen clinique, complété si besoin par une échographie ou une IRM pour écarter d’autres causes de douleur.
  • 4. Le traitement conservateur (repos relatif, kinésithérapie et renforcement musculaire progressif) permet de guérir la majorité des tendinites du psoas en quelques mois.
  • 5. Une prévention durable passe par le renforcement des fessiers, la correction posturale et une reprise progressive de l’activité physique pour éviter les récidives.

FAQ (foire aux questions)

Q1. Est-ce que la tendinite du psoas est fréquente ?
Non pas au sens d’une pathologie la plus courante, mais elle est sous-diagnostiquée – notamment chez les sportifs et après prothèse de hanche.

Q2. Dois-je arrêter tout sport si j’ai une tendinite du psoas ?
Pas nécessairement ; l’essentiel est d’ajuster l’activité : éviter les gestes douloureux, privilégier les mouvements contrôlés et actifs, puis reprendre progressivement sous guidance.

Q3. Les traitements naturels ou huiles essentielles peuvent-ils suffire ?
Ils peuvent apporter un complément de confort, mais il n’existe pas (à ce jour) de preuves solides montrant qu’ils remplacent la rééducation et la gestion de la charge musculaire. Il ne faut pas s’y reposer exclusivement.

Références

Les ressources utilisées dans la création de cet article
Notre processus de création d’articles chez Groupe SANTÉPOURTOUS

Chaque article est rédigé par un professionnel de santé qualifié en suivant des procédures de rédaction strictes (en savoir plus). Cet article présent est régulièrement révisé à la lumière des évidences scientifiques les plus récentes.

  • Article révisé le 24/10/2025 par le Dr. MOUZAOUI Mehdi Toufik

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