Tendinite du supra-épineux : Définition et prise en charge

Article rédigé par le 27 décembre 2022

La tendinite du supra-épineux se manifeste par une inflammation du tendon, conduisant à une gêne qui peut sérieusement limiter les mouvements quotidiens et la performance sportive.

Dans cet article rédigé par un professionnel de santé, nous définissons la tendinite du supra-épineux, expliquons ses causes et ses symptômes, et donnons des conseils en lien avec sa prise en charge.

Anatomie du muscle supra-épineux

Le muscle supra-épineux (ou sus-épineux) est l’un des quatre muscles qui composent la coiffe des rotateurs de l’épaule, un groupe musculaire crucial pour la stabilisation et le mouvement de l’articulation de l’épaule.

Le muscle supra-épineux prend naissance dans la fosse supra-épineuse de la scapula (omoplate), une dépression située à la partie postérieure et supérieure de l’omoplate. Il s’insère sur la petite tubérosité de l’humérus, sur la partie supérieure de cet os, juste en dessous de l’articulation de l’épaule.

Ce muscle est principalement responsable de l’abduction de l’épaule, ce qui signifie qu’il aide à lever le bras latéralement depuis le côté du corps jusqu’à environ 15 degrés. Au-delà de cet angle, d’autres muscles de l’épaule prennent le relais pour continuer l’élévation du bras.

Le supra-épineux est sollicité dans de nombreuses activités de la vie quotidienne et sportives qui nécessitent de lever le bras, comme :

  • atteindre des objets en hauteur,
  • nager,
  • lancer une balle,
  • se coiffer,
  • etc.

C’est quoi, une tendinite du supra-épineux

En raison de sa position anatomique, le muscle supra-épineux est susceptible aux conflits sous-acromiaux (frottement sous l’acromion) et aux blessures de type tendinite.

La tendinite du supra-épineux (ou tendinite du sus-épineux) est caractérisée par une inflammation du tendon du muscle supra-épineux. Cette inflammation, souvent causée par le frottement du tendon avec l’acromion, peut entraîner une douleur et divers symptômes.

Cette pathologie peut toucher une large variété d’individus, mais elle est surtout observée chez les personnes âgées de 25 à 55 ans. Plus précisément, elle affecte

  • les populations pratiquant des sports de lancer (volleyball, baseball, etc),
  • les nageurs,
  • les gens faisant un usage intensif de leur épaule,
  • ou encore à la suite de mouvements répétitifs dans la vie ou au travail.

Les personnes âgées présentent également un risque accru. Avec l’âge, la vascularisation diminuant dans cette zone, le tendon du muscle supra-épineux devient plus vulnérable aux dégâts dégénératifs.

Lien entre la forme de l’acromion et la tendinite du supra-épineux

La forme de l’acromion peut jouer un rôle dans la tendinite du supra-épineux. Selon sa forme, il peut y avoir un espace plus ou moins réduit entre lui et le tendon, ce qui peut favoriser des frottements, en particulier lors de l’élévation du bras.

Il existe plusieurs formes d’acromion, classées généralement en trois types :

  1. Plat (Type I) : C’est la forme la moins susceptible de causer des problèmes.
  2. Courbé (Type II) : Il y a un risque modéré de frottement avec le tendon.
  3. Crocheté (Type III) : Cette forme présente le plus grand risque de conflit avec le tendon du supra-épineux, car elle crée un espace plus restreint.

Cependant, il est important de noter que la présence d’un acromion courbé ou crocheté n’entraîne pas systématiquement une tendinite du supra-épineux. En effet, de nombreuses personnes avec ces formes d’acromion ne développent jamais de symptômes.

Ainsi, l’association entre la forme de l’acromion et la tendinite n’est donc pas systématique, mais elle peut certainement augmenter le risque.

Tendinite vs tendinopathie du supra-épineux : Quelle différence ?

La tendinite et la tendinopathie sont deux termes souvent utilisés de manière interchangeable, alors qu’ils désignent des affections différentes du tendon. Voyons en quoi ils sont différents :

Tendinite du supra-épineux :

  • La tendinite fait spécifiquement référence à une inflammation du tendon.
  • Elle est généralement causée par une irritation aiguë ou des microtraumatismes répétés qui entraînent une inflammation du tendon.
  • Les symptômes typiques incluent une douleur aiguë, un gonflement et une rougeur locale.

Tendinopathie du supra-épineux :

  • La tendinopathie est un terme plus général qui englobe toutes les pathologies du tendon, y compris mais sans se limiter à l’inflammation. D’ailleurs, lorsqu’on évalue le tendon au microscope, on ne décèle pas de processus inflammatoire.
  • Elle peut être le résultat de changements dégénératifs chroniques dans le tendon, sans nécessairement présenter de signes d’inflammation active. Ces changements peuvent inclure des microdéchirures, un épaississement ou une désorganisation des fibres tendineuses.
  • Les symptômes peuvent être plus diffus et chroniques, avec une douleur qui s’aggrave progressivement.

En résumé, alors que la tendinite se concentre spécifiquement sur l’inflammation du tendon, la tendinopathie est un terme plus large qui englobe une gamme de troubles tendineux, y compris la dégénérescence.

Il est important de différencier entre ces deux conditions, car ceci affectera la prise en charge. Par exemple, prendre des anti-inflammatoires alors qu’on souffre de tendinopathie due à une désorganisation des fibres serait une approche de traitement inutile.

Les causes possibles de la tendinite du supra-épineux

Parmi les causes les plus courantes de tendinite du supra-épineux, on peut citer :

  • Surutilisation et activités répétitives de l’épaule (telles que le sport ou une activité professionnelle impliquant le soulèvement d’objets lourds ou l’utilisation des membres supérieurs en élévation) ;
  • Une posture inadaptée (épaule enroulée avec projection de tête vers l’avant de manière excessive) ;
  • Stress sur l’articulation de l’épaule dû à une biomécanique défectueuse (comme une instabilité de l’épaule, une faiblesse, des déséquilibres musculaires, etc.) ;
  • Dégénérescence des tendons due à l’âge (vieillissement) ;
  • Inflammation due à des déséquilibres musculaires ou à des déchirures de la coiffe des rotateurs ;
  • Acromion de type 3 ;
  • Absence d’échauffement avant les activités intenses ;
  • Un traumatisme antérieur au niveau de l’épaule (comme une chute) ;
  • Un conflit sous-acromial.
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En présence de l’un de ces facteurs de risque, les personnes sont plus susceptibles de souffrir d’une tendinite sus-épineuse. En outre, il est à noter que la tendinite du supra-épineux peut résulter d’une combinaison de plusieurs de ces facteurs.

Tendinite du supra-épineux et conflit sous-acromial, quel lien ?

Tel que mentionné antérieurement, le conflit sous-acromial est une cause fréquente de douleur à l’épaule et est étroitement lié à la tendinite du supra-épineux.

Le conflit sous-acromial se produit lorsque le tendon du supra-épineux est comprimé ou « coincé » dans l’espace étroit entre l’acromion et la tête de l’humérus lors du mouvement d’élévation du bras. Cet espace est appelé l’espace sous-acromial.

Avec le temps et les mouvements répétitifs du bras (surtout au dessus de la tête), ceci va entraîner un frottement ou une compression répétée du tendon du supra-épineux contre l’acromion. Ce frottement répété peut provoquer une irritation et une inflammation du tendon, conduisant à une tendinite du supra-épineux.

En outre, certaines caractéristiques anatomiques (comme l’acromion de type 3 mentionné précédemment) peuvent réduire encore davantage l’espace sous-acromial, augmentant le risque de conflit et, par conséquent, de tendinite.

Symptômes de la tendinite du supra-épineux

Le principal symptôme de la tendinite du sus-épineux est une douleur à l’avant ou sur le côté de l’épaule lors du mouvement du bras vers le haut et vers l’extérieur.

Les autres signes et symptômes sont les suivants :

  • Douleur lorsqu’on élève le bras latéralement, ou étend la main derrière le dos ;
  • Une amplitude de mouvement limitée de l’épaule (due a la raideur et la douleur) ;
  • Faiblesse de l’épaule, notamment lors des mouvements d’abduction et de rotation externe ;
  • Craquement ou un crépitement lors de certains mouvements du bras ;
  • Sensibilité au toucher de la zone affectée ;
  • Sensation d’inconfort possible au repos, en particulier la nuit ;
  • Gonflement ou rougeur occasionnels autour de la zone affectée (rare).

Diagnostic de la tendinite du supra-épineux

Le diagnostic de la tendinite sus-épineuse est généralement établi par une combinaison d’antécédents médicaux et d’examen physique.

Le médecin commencera typiquement par poser des questions sur l’apparition de la douleur, les activités qui l’aggravent ou la soulagent, la durée des symptômes et tout antécédent de traumatisme à l’épaule.

Il enchaînera ensuite avec un examen physique où le médecin cherchera des signes de faiblesse de l’épaule, ou une diminution de l’amplitude des mouvements. Il fera la palpation manuelle du tendon supra-épineux pour évaluer sa sensibilité (en comparaison avec le côté sain).

Des tests cliniques spécifiques permettront également de clarifier le diagnostic, surtout lorsqu’ils sont combinés avec les antécédents médicaux les autres examens cliniques.

On pense notamment aux tests suivants :

Test de l’Empty Can (ou test de Jobe) :

  • Le patient est invité à tendre le bras à un angle de 90 degrés par rapport au tronc, avec le pouce pointé vers le bas (comme s’il renversait une canette vide).
  • Le médecin exerce une pression vers le bas sur le bras tandis que le patient tente de résister.
  • Une douleur ou une faiblesse lors de ce test suggère une atteinte du tendon supra-épineux.

Test de Neer :

  • Le médecin stabilise la clavicule du patient avec une main et élève passivement le bras du patient avec l’autre main.
  • Si ce mouvement provoque une douleur, cela peut indiquer une impingement (compression) du tendon supra-épineux sous l’acromion.

Test de Hawkins-Kennedy :

  • Le bras du patient est élevé à un angle de 90 degrés, puis le médecin fléchit l’avant-bras tout en tournant l’épaule vers l’intérieur.
  • Une douleur lors de ce mouvement suggère également un impingement du tendon supra-épineux.

Test de résistance externe :

  • Avec le bras du patient le long du corps et le coude fléchi à 90 degrés, le patient est invité à tourner l’avant-bras vers l’extérieur contre une résistance.
  • Une faiblesse ou une douleur lors de ce test peut indiquer une atteinte du supra-épineux ou de l’infraspinatus, deux muscles de la coiffe des rotateurs.

Test du Drop Arm :

  • Le patient est invité à élever le bras latéralement à un angle de 90 degrés, puis à le baisser lentement.
  • Si le patient est incapable de baisser le bras lentement et contrôlablement, cela peut indiquer une déchirure du tendon supra-épineux.

Les tests d’imagerie médicale

Si une imagerie supplémentaire est nécessaire pour confirmer le diagnostic, le médecin aura plusieurs options.

La radiographie, bien qu’elle ne puisse pas révéler d’atteinte tendineuse, peut être utilisée pour exclure d’autres causes de douleur à l’épaule, comme l’arthrose ou les fractures.

L’échographie, quant à elle, est souvent utilisée car elle permet à la fois de visualiser et d’analyser la texture et le mouvement des tissus.

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Par ailleurs, une imagerie par résonance magnétique (IRM) peut être demandée pour évaluer tout dommage à l’intérieur de l’articulation.

Bon à savoir : Une tendinite du supra-épineux peut être associée à d’autre pathologies de l’épaule, comme : une bursite, une rupture transfixiante, une atteinte des autres muscles de la coiffe des rotateurs, une calcification, etc.

S’il désire éliminer une atteinte nerveuse (par exemple en présence d’engourdissement ou de picotement dans le bras), le médecin pourrait demander un test d’électromyographie (EMG) pour évaluer la conduction nerveuse.

Ceci pourrait être le cas s’il suspecte que la douleur est provoquée par une atteinte au niveau des vertèbres cervicales (une pathologie au cou qui expliquerait les symptômes à l’épaule).

En somme, un diagnostic correct joue un rôle essentiel dans l’amélioration des résultats pour les patients ; prendre le temps de se faire évaluer pour une tendinite du sus-épineux peut faire toute la différence dans la gestion de cette affection.

Quel traitement pour une tendinite du supra-épineux ?

Lorsqu’il s’agit de traiter une tendinite du supra-épineux, les méthodes conservatrices constituent généralement la première ligne de défense.

Ces méthodes permettent de réduire l’inflammation et la douleur, tout en contribuant à améliorer l’amplitude des mouvements et la fonction de la zone touchée.

Dans les cas plus graves, des interventions plus invasives (comme une infiltration ou une intervention chirurgicale) sont parfois nécessaires afin de restaurer l’intégrité du tendon supra-épineux.

Traitement conservateur

Les traitements conservateurs de la tendinite du sus-épineux peuvent aider à soulager les symptômes et à favoriser la guérison. Les traitements courants comprennent :

  • La mise au repos de l’épaule lors d’activités susceptibles de provoquer une irritation (ceci inclut un arrêt de travail si besoin). Dans certains cas extrêmes, on considère le port d’un support d’épaule ou d’une écharpe lors d’activités susceptibles de provoquer une irritation (attention au repos excessif et prolongé !) ;
  • L’application de compresses froides ou des poches de glace pour réduire le gonflement ;
  • La chaleur visant à détendre la musculature tendue ;
  • Des crèmes anti-inflammatoires ;
  • Des médicaments anti-inflammatoires ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), si nécessaire ;
  • Des injections de corticostéroïdes pour soulager la douleur en cas d’échec des traitements mentionnés ci-haut.

Bon à savoir : Outre l’infiltration de cortisone, il existe d’autres type d’infiltrations ayant fait leurs preuves dans le traitement de la tendinite du supra-épineux. On pense notamment aux injections d’une solution d’eau sucrée (dextrose ou prolothérapie), ou encore aux infiltration d’acide hyaluronique.

Dans les cas où les traitements ci-dessus ne sont pas efficaces, une intervention chirurgicale peut être recommandée.

Traitement chirurgical

La chirurgie est généralement réservée aux cas de tendinite du sus-épineux qui n’ont pas répondu aux traitements conservateurs et à ceux qui connaissent des épisodes récurrents de douleur ou d’instabilité dans l’articulation de l’épaule.

L’objectif du traitement chirurgical est de remédier à tout dommage structurel en réparant ou en renforçant les tendons, les ligaments et les articulations qui peuvent être affectés.

Les procédures chirurgicales couramment utilisées pour traiter la tendinite du sus-épineux comprennent :

  • Un débridement arthroscopique pour éliminer les tissus enflammés ou les débris de l’articulation ;
  • Une réparation ouverte pour les déchirures qui impliquent plus de 50 % de la largeur du tendon ;
  • Acromiopl’ablation d’un excès de tissu ou d’une cicatrice dans l’articulation de l’épaule ;
  • La réparation de la coiffe des rotateurs, qui consiste à rattacher ou à reconstruire les tendons déchirés.

Après l’opération, une thérapie physique est souvent recommandée pour aider à restaurer la force et améliorer l’amplitude des mouvements.

Pour optimiser les résultats, il est important que les patients respectent les recommandations de leur thérapeute et effectuer tous les exercices prescrits.

Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
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