Ténosynovectomie des extenseurs : indications et procédure

Article rédigé par le 25 août 2022

Les tendons du poignet et de la main sont susceptibles de devenir le siège de tendinopathies (maladies douloureuses des tendons). La ténosynovite des extenseurs ou irritation ténosynoviale des extenseurs en est une forme fréquente. Pour la traiter, le médecin préconise parfois la ténosynovectomie selon des critères bien définis. Découvrez les détails de l’opération dans cet article.

Définition et anatomie

Il est important de connaître l’anatomie de la main, du poignet et des doigts pour bien comprendre la manifestation d’une ténosynovite des extenseurs.

Anatomie de la main, du poignet et des doigts

La main constitue un organe du corps situé sur la partie terminale du bras. Elle est rattachée à l’avant-bras par le poignet et compte 5 doigts (le pouce, l’index, le majeur, l’annulaire et l’auriculaire). Cet organe est composé de différents éléments osseux, tendineux miniatures et vasculo-nerveux.

L’anatomie de la main et celle du poignet sont relativement complexes. La main est à la fois un point de passage et un point de jonction vers les doigts. Quant au poignet, il représente un point de passage anatomique essentiel traversant les 2 principaux nerfs provenant de l’épaule (nerf médian et nerf ulnaire).

La main est utilisée essentiellement pour la manipulation et la saisie d’objets. Il s’agit d’un organe préhensible doté d’une grande mobilité et d’une grande souplesse.

On peut retrouver dans la main près de 27 os. Ces derniers sont répartis en 3 groupes osseux, à savoir le carpe, le métacarpe et les phalanges.

Le poignet est constitué des 8 os du carpe. Ces os sont placés sur 2 rangées :

  • la distale située à proximité des doigts (l’os crochu, le grand os, le trapézoïde et le trapèze) ;
  • la proximale située à proximité du bras (le pisiforme, le pyramidal, le semi-lunaire et le scaphoïde).

Les os du métacarpe se réfèrent aux os longs formant la structure élargie des mains. Ils sont au nombre de 5, à raison de 1 os par doigt. Ces éléments osseux se situent entre les os des doigts (ou phalanges) et les os du poignet constituant le carpe.

La main comprend 14 phalanges réparties en 3 catégories bien distinctes. Vous avez les proximales qui sont prolongées par les médianes, elles-mêmes prolongées par les distales formant l’extrémité des doigts. Le pouce constitue le seul doigt qui contient 2 phalanges (1 distale et 1 proximale) contrairement aux doigts longs qui en comptent 3.

Tous ces os peuvent se mobiliser grâce à différents types d’articulation.

  • L’articulation radio-ulnaire distale(mouvements de prono-supination entre l’ulna et le radius).
  • Les articulations médio-carpiennes et radio-carpiennes(mouvements d’extension et de flexion du poignet).
  • L’articulation trapézo-métacarpienne(mobilisation de la colonne du pouce et les mouvements d’opposition de ce dernier avec les autres doigts).
  • Les articulations métacarpophalangiennes, interphalangiennes distales et interphalangiennes proximales(mouvements d’extension et de flexion des doigts).

Les articulations sont stabilisées au moyen de différents ligaments :

  • les ligaments radio-ulnaires distaux postérieurs et antérieurs et le ligament triangulaire du carpe ou TFCC pour la stabilisation de l’ulna et du radius durant les mouvements de prono-supination ;
  • les ligaments intrinsèques(scapho-trapézo-trapézoïdien, triquetro-lunaire et scapho-lunaire) et les ligaments extrinsèques (ulno-carpiens et radio-carpiens) pour la stabilisation des os du carpe.

La mobilisation des doigts et du poignet est assurée par  2 tendons fléchisseurs (responsable des mouvements de flexion) et 3 tendons extenseurs (responsables des mouvements d’extension). Les tendons fléchisseurs se situent dans la face antérieure de la main et des doigts. Par contre, les tendons extenseurs, eux, se localisent dans la face dorsale. Ces derniers ont un emplacement superficiel ce qui les expose facilement aux traumatismes.

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Pour ce qui est des muscles de la main, les muscles thénariens sont ceux qui permettent les mouvements d’opposition des doigts et plus globalement la mobilisation de la colonne du pouce. La mobilisation du 5e doigt est assurée en partie par les muscles hypothénariens. Bien entendu, les doigts ne sont pas constitués de muscles, mais essentiellement des tendons et des ligaments venant des muscles de l’avant-bras et de la main.

Enfin, en ce concerne l’innervation de la main, on distingue 3 nerfs principaux provenant du plexus brachial :

  • le nerf ulnaire ou cubital (muscles dans le dos de la main) ;
  • le nerf radial (muscles de la paume) ;
  • le nerf médian (muscles de la main et de l’avant-bras).

Ce sont le nerf ulnaire et le nerf médian qui permettent le contrôle de la motricité et de la sensibilité de la main, du poignet et des doigts.

Ténosynovite des extenseurs

Les tendons constituent des tissus fibreux, élastiques et résistants, reliant les muscles aux éléments osseux. Certains d’entre eux coulissent au niveau d’une gaine synoviale.

Cette dernière est remplie d’un liquide appelé « la synovie » servant à lubrifier les articulations et à assurer la protection des tendons contre les frottements.

Il peut arriver que la production de liquide devienne insuffisante, ce qui entraîne un manque de lubrification du tendon. La répétition des frictions durant les mouvements va alors générer une inflammation de la gaine synoviale ou une ténosynovite.

La ténosynovite peut concerner un groupe de tendons ou seulement un tendon en particulier. L’inflammation générée dans la gaine des tendons peut s’accompagner d’une tendinite (inflammation du tendon), de douleurs, de gonflements et de raideurs articulaires.

Toutes les articulations peuvent devenir le siège d’une ténosynovite. On parle de ténosynovite des extenseurs lorsque celle-ci affecte l’un ou les tendons extenseurs des doigts.

Les ténosynovites sont essentiellement dues à l’usure de la paroi intérieure de la gaine synoviale. Les causes peuvent être assez diversifiées, à savoir :

  • le vieillissement tendineux ;
  • le surmenage articulaire ;
  • certaines pathologies (maladies articulaires, goutte, sclérodermie, diabète, polyarthrite rhumatoïde…) ;
  • les infections résultant d’une perforation ou d’une coupure du tendon (dans de rares cas).

Concernant les personnes à risques, on a constaté que la ténosynovite des extenseurs est particulièrement fréquente chez les sportifs, les jardiniers, les motards, les masseurs et les musiciens.

Les symptômes commencent par des douleurs lancinantes qui apparaissent avec les mouvements, puis peu à peu, au repos. La zone touchée par l’affection devient ensuite œdémateuse, gonflée, douloureuse à la pression, chaude et rouge. On remarque des bruits de craquements caractéristiques.

Les symptômes d’une ténosynovite des extenseurs peuvent s’avérer handicapants. Un traitement adapté devra être réalisé le plus rapidement possible afin d’éviter la chronicisation de la maladie. Il repose en grande partie sur l’immobilisation par une attelle et le repos.

Le médecin peut également prescrire la prise d’antalgiques associée à l’application de froid sur la zone de la main touchée pour soulager une ténosynovite des extenseurs. Il peut aussi être nécessaire de procéder à des injections locales de corticoïdes. À cela s’ajoutent les séances de kinésithérapie à base d’ultrasons, d’étirements et de massages.

Par ailleurs, dans les cas graves où la ténosynovite devient, il faudra procéder à une intervention chirurgicale, une ténosynovectomie des extenseurs.

Ténosynovectomie des extenseurs

La ténosynovectomie des extenseurs est la méthode chirurgicale employée pour traiter une ténosynovite chronique des extenseurs.

Indication de la ténosynovectomie des extenseurs

La ténosynovectomie des extenseurs devient indispensable dès lors que l’on constate un échec du traitement conservateur. Le patient fait alors l’objet de douleurs incommodantes et de possibles blocages mécaniques au niveau de la main, du poignet ou des doigts.

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Procédure à suivre

La ténosynovectomie des extenseurs s’effectue généralement sous anesthésie locorégionale ou locale. Le chirurgien procède à une incision sinueuse ou transversale, puis effectue une exérèse de la gaine des tendons situés à la base de l’inflammation constatée.

Dans le cas où l’on constate des dommages au niveau des tendons, l’opération peut se poursuivre avec une chirurgie réparatrice des tendons.

Une fois l’intervention chirurgicale réalisée, le patient fait l’objet d’une hospitalisation ambulatoire. La mobilisation du poignet et des doigts est généralement immédiate. Il faudra cependant procéder à une surveillance des pansements, associée à des rendez-vous de contrôle et un traitement antidouleur. L’individu opéré peut également porter une attelle selon l’importance de l’atteinte et le siège de la synovite, suivie d’une rééducation prolongée ou immédiate.

Quels sont les risques et complications ?

La ténosynovectomie des extenseurs s’accompagne de certains risques de complications. Parmi les plus fréquents, la zone opérée peut présenter un hématome, se résorbant généralement de lui-même. Cet hématome peut toutefois en cas de nécessité être traité grâce à un drainage chirurgical ou une ponction évacuatrice.

L’algodystrophie constitue une autre complication de l’acte chirurgical. Il se présente comme un phénomène inflammatoire et douloureux qui nécessite une prise en charge médicale spécifique et étalée sur plusieurs mois ou plusieurs années. À cela s’ajoutent des bilans complémentaires, une rééducation et un traitement de la douleur.

Plus rarement, une ténosynovectomie des extenseurs peut entraîner :

  • une infection profonde demandant un traitement prolongé par antibiotiques et une nouvelle chirurgie ;
  • une atteinte nerveuse d’un des nerfs de la zone concernée ;
  • une déchirure secondaire d’un tendon abîmé ou une section d’un tendon (à traiter avec un traitement chirurgical ou médical complémentaire) ;
  • une sensibilité accrue et un gonflement de la cicatrice durant plusieurs semaines, accompagnés d’une raideur temporaire…

Les risques et les complications d’une ténosynovectomie des extenseurs restent imprévisibles. Leurs natures dépendent de la variabilité technique de l’opération chirurgicale ou de l’état local du patient. Il est toutefois possible de distinguer plusieurs facteurs aggravants tels que la consommation de tabac, les antécédents médicaux, les pathologies associées, l’hygiène de vie et le comportement du patient. L’augmentation de la probabilité de la survenue de ces risques peut entraîner à son tour une augmentation du risque de séquelles. C’est pourquoi il faut faire très attention.

La ténosynovectomie des extenseurs a l’avantage d’être bien codifiée, avec des résultats le plus souvent efficaces et de rares complications. Suite à cette intervention, une personne atteinte de ténosynovite des extenseurs peut voir ses douleurs disparaître, immédiatement ou de façon progressive. Il en est de même en ce qui concerne l’œdème.

Une nette amélioration de l’état de la main et du poignet est constatée entre quelques semaines et quelques mois, avec un taux faible de récidives. Le patient peut ainsi retrouver peu à peu une mobilité normale, voire totale, aussi bien en extension qu’en flexion.

Références

https://ccmp15.fr/pathologies/te%CC%81nosynovectomie-extenseurs/
Tenosynovectomie des extenseurs

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