Transit Œsogastroduodénal : Guide complet

Article rédigé par le 10 décembre 2023

Le transit Œsogastroduodénal (TOGD) consiste à réaliser des radiographies de la partie supérieure du tube digestif, incluant le pharynx, l’œsophage, l’estomac et le duodénum. Cela se fait après avoir ingéré un produit de contraste à base de baryum.

Effectivement, le baryum, métal lourd et donc très sensible aux rayons X octroie à la radiographie standard une exploration graphique nettement plus détaillée de l’anatomie du tube digestif en deux dimensions afin d’y déceler les altérations organiques comme fonctionnelles du tractus.

Poursuivez votre lecture pour mieux vous informer sur les principes de base de cette exploration, la procédure, ses risques comme ses intérêts, ainsi que les principaux points essentiels à ne pas manquer avant de faire cet examen.

Les 5 points à retenir

  • 1- Le TOGD est un moyen de dépistage indolore et rapide, non invasif des affections du tractus digestif que ce soit dans sa forme malformative ou inflammatoire ou encore tumorale.
  • 2- Il est indiqué au cours des persistances des symptômes à point d’appel digestif haut.
  • 3- La contre-indication de cet examen la plus absolue à retenir est la grossesse.
  • 4- Les antécédents personnels sont retenus et utilisés comme renseignements cliniques.
  • 5- Il existe d’autres méthodes d’investigations des maladies du tractus digestif haute, dont certaines plus invasives mais plus performantes que d’autres.

Rappel anatomique et physiologique du tractus digestif supérieur

La partie supérieure du tube digestif se compose consécutivement de la cavité buccale, du pharynx, de l’œsophage, de l’estomac ainsi que du duodénum (portion qui relie l’estomac à l’intestin grêle ).

À l’intérieur de ce tube passent les nutriments préalablement mastiqués grâce à sa motilité qui est régulée par le système nerveux végétatif (SNV).

Ce tube, tout comme la cavité buccale, est fait d’une muqueuse sensible et facilement irritable par des agents traumatisants au risque de le saigner ou l’ulcérer ou même le tuméfier et nombreuses sont les pathologies de ces types qui peuvent l’affecter.

Ainsi, une altération de la fonction comme de l’intégrité du tractus digestif fera l’objet d’une exploration plus approfondie et donc, d’un TOGD.

Principe de base du transit oesogastroduodénal

le transit Œsogastroduodénal est une radiographie classique, mais avec l’utilisation d’un contraste baryté pris par voie orale pour rendre visible le tube digestif. Cela permet d’opacifier sa lumière et de visualiser les structures internes de manière détaillée

Et comme toute radiographie standard, le principe repose sur l’utilisation des rayons X centrés sur la partie supérieure du tronc dans le but d’établir une cartographie bidimensionnelle du tractus sous forme d’images négatives.

En radiographie, l’air apparaît noir, créant ce qu’on appelle la clarté radiographique. Les tissus mous et les graisses sont représentés en nuances de gris, tandis que les liquides et les organes denses apparaissent plus blancs, étant dits radio-opaques.

C’est cette différence de contraste qui permet de distinguer les différentes structures lors de l’analyse radiographique.

Il serait donc logique de déduire qu’un tube digestif sain ne devrait présenter ni lacunes, ni excroissances ni quelconques autres dysmorphies en dehors de sa forme naturelle et usuelle.

Procédure de l’examen

Avant de vous rendre au centre d’imagerie pour réaliser votre examen, sachez que plusieurs recommandations doivent être respectées : d’une part, pour votre bien-être et, d’autre part, pour votre sécurité.

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Avant l’examen

  • Ainsi donc, apportez avec vous votre prescription pré-écrite par votre médecin traitant et vos anciens résultats s’il ne s’agit pas de votre premier examen afin de faire un suivi.
  • À votre arrivée, vous devrez compléter des formulaires concernant l’examen et donner votre consentement.
  • Le jeûne de 8 heures est requis pour mettre l’estomac au repos, facilitant ainsi la détection plus précise des ulcères gastriques par l’examen.

Bon à savoir !
Sachez que tout acte effectué sur un patient est médico-légal et nécessite donc à la fois le consentement du patient, ainsi qu’une prescription par ordonnance de l’examen en soi.

  • Concernant l’ingestion de produit de contraste, le personnel assistant en charge de votre examen vous informera sur le moment de sa prise, ses intérêts, son objectif et ses inconvénients.

Sinon, vous pouvez aussi lire directement cet article sur les produits de contraste pour plus d’informations.

  • Il est préférable de se démunir de toutes sortes de bijoux car ces matériaux sont très radioopaques et peuvent fausser l’interprétation de vos résultats.
  • Vous vous sentez anxieux ? C’est tout à fait normal, cependant vous êtes là pour votre bien-être physique. Informez le radiologue en charge de votre examen de votre état.
  • Lui parler de temps à autre peut également vous permettre de vous relaxer, après tout, contrairement au scanner ou à l’IRM, il se trouve dans la même pièce que vous.
  • Tout comme avec votre médecin prescripteur, si vous avez un problème rénal ou si vous êtes enceintes ou si vous êtes allergiques au produit de contraste, informez le radiologue en charge.

Pendant l’examen

Une fois dans la salle de radiographie, le radiologue vous guidera sur les positions que vous devriez opter pour mieux visualiser votre tractus. Il arrive que plusieurs incidences soient effectuées (face debout, face couchée) et parfois même votre médecin prescripteur précise déjà dans son ordonnance l’incidence qu’il recherche.

Puis, le technicien radiologue vous donnera le contraste baryté, un liquide blanchâtre, que vous allez ingérer afin d’apprécier non seulement la motilité mais également les lésions possibles de votre tube digestif.

Certaines séquences seront prises en apnée, le radiologue vous signalera à quel moment vous devriez bloquer votre respiration, ceci dans le but de limiter les artefacts causés par la respiration. Rassurez-vous ces périodes d’apnée ne dure pas plus de 10 secondes et au total, cet examen prends environ 20 minutes au maximum.

Après l’examen

Après avoir interprété vos séries de clichés radiographiques, le radiologue vous rendra les compte-rendus de vos résultats et vous informera vaguement de l’état de votre tube digestif avant que votre médecin prescripteur ne vous l’explique en détails.

Il est recommandé, après l’examen, de favoriser l’évacuation des produits de contraste en buvant beaucoup d’eau. Cela peut aider à réduire les effets gênants du contraste, comme la constipation ou la modification de la couleur des selles, tout en diminuant leur toxicité.

Pourquoi faire un transit Œsogastroduodénal ?

Le TOGD est un moyen diagnostic des affections organiques du tube digestif à l’aide des séries de clichés effectuées grâce au passage de la substance baryté radio-opaque.

Cet examen est indiquée en cas :

  • De crise de douleur (odynophagie) ou de difficulté à déglutir (dysphagie) ;
  • De vomissements persistants compliqués ou non d’une hémorragie digestive ;
  • De suspicion d’excroissance dans la lumière du tube (polypes, tumeur maligne) ;
  • De suspicion d’ulcère œso-gastrique, de reflux gastro-œsophagien (RGO) ;
  • De suspicion d’une malformation du tractus d’origine congénitale (achalasie ou mégaœsophage, hernie hiatale) ;
  • D’existence d’antécédent personnel toxique d’alcoolisme, de tabac.

Qu’en est-il des contre-indications ?

Nombreuses sont les contre-indications de cet examen dont certaines relatives et d’autres absolues :

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Contre-indications relatives

  • La suspicion d’une perforation dans l’une des parties du tube digestif peut causer une inflammation du médiastin.

Contre-indications absolues

  • La grossesse est la première à citer du fait du risque de malformation fœtale causé par le contraste baryté.
  • Le pneumopéritoine (présence de gaz dans la cavité péritonéale).
  • Les sujets présentant une pneumopathie d’inhalation au risque d’aspirer le liquide de contraste et causer une fausse route entraînant ainsi un œdème pulmonaire (inondation pulmonaire).
  • Les sujets présentant un tableau de syndrome occlusif car le contraste baryté peut engendrer une constipation.

Avantages et inconvénients

Parlons en premier lieu des avantages de cet examen avant d’aborder ces inconvénients.

Avantages

  • Le transit Œsogastroduodénal est une procédure rapide, indolore et non invasive par laquelle les médecins diagnostiquent les maladies malformatives et tumorales du tube digestif.
  • Rares sont les risques d’allergie liés au produit de contraste baryté car ce produit n’est pas absorbé dans le sang.
  • La radiographie du transit Œsogastroduodénal est beaucoup plus accessible à tous en termes de coût par rapport à d’autres moyens diagnostics, bien que celui-ci varie d’une infrastructure à l’autre.

Inconvénients

  • Comme il s’agit d’une irradiation et ici par rayons X, une exposition répétitive et chronique est un facteur de risque de cancérisation.

Il a été conclu dans une étude qu’environ 21% des allergies retrouvées au décours d’un examen d’imagerie était liée au produit de contraste.

  • Des constipations post-examen sont parfois rapportées.

Quelques affections du tube digestif diagnostiquées au TOGD

  • Le médecin peut diagnostiquer au transit Œsogastroduodénal un ulcère gastrique qui se présente sous forme d’une opacité arrondie ou ovalaire à bord et limite nets, cernée par une clarté limitant l’inflammation.
  • La fistule trachéo-œsophagienne se présente sous forme d’une opacité continue marquée par un isthme reliant l’œsophage et les bronches pulmonaires.
  • La hernie hiatale est diagnostiquée à la vue d’une projection d’une portion de l’estomac vers l’œsophage.
  • Une augmentation du volume de l’œsophage associée à une opacité hétérogène mal limitée de sa lumière peut orienter vers un cancer de l’œsophage.

Limites et alternatives au transit Œsogastroduodénal

Les inflammations modérées du tractus digestif ne sont pas diagnostiquées au TOGD ainsi que les ulcères infracentimétriques.

Par ailleurs, même si l’ulcère est confirmé, l’examen ne peut en diagnostique la cause d’où la nécessité d’effectuer d’autres examens complémentaires biologiques tel une prise de sang pour en retrouver le germe responsable (Helicobacter Pylori).

En cas de suspicion d’une tumeur maligne, la ponction-biopsie qui permet de réaliser un examen anatomo-pathologique est impossible à réaliser via cet exploration.

D’où l’intérêt d’une endoscopie digestive haute ou œsophago-endoscopie.

Faire un transit Œsogastroduodénal près de chez soi : comment ?

Vos symptômes à point d’appel digestif haut persistent ? Rendez-vous chez un médecin afin qu’il puisse vous guider le long de votre parcours.

Ainsi, il vous dirigera vers un centre d’imagerie médicale où vous procéderez à votre examen en vous ayant au préalable expliquer tous les éléments nécessaires à retenir avant votre examen.

Ou encore, cliquez sur ce lien-ci pour recevoir plus d’informations concernant les étapes à suivre avant de faire un examen d’imagerie.

Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
  1. Acr, R. A. (2022b, avril 15). Upper GI X-Ray. Radiologyinfo.org.
  2. Chen, A. (2023, 24 juillet). Barium Swallow. StatPearls – NCBI Bookshelf.
Notre processus de création d’articles chez Groupe SANTÉPOURTOUS

Chaque article est rédigé par un professionnel de santé qualifié en suivant des procédures de rédaction strictes (en savoir plus). Cet article présent est régulièrement révisé à la lumière des évidences scientifiques les plus récentes.

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