Uvéite chez le cheval : une menace pour sa vision et sa santé

Article rédigé par le 1 décembre 2023

L‘uvéite chez le cheval est une affection oculaire grave et fréquente. Elle se caractérise par une inflammation de l’uvée, la partie vasculaire de l’œil. Elle peut avoir de nombreuses causes, comme un traumatisme, une infection, une réaction auto-immune ou une photosensibilisation

L’uvéite chez le cheval se manifeste par des signes de douleur, de sensibilité à la lumière, de rougeur, de larmoiement, de voile bleu ou de changement de couleur de l’iris. Elle peut entraîner des complications comme la cataracte, le glaucome, le décollement de la rétine ou la cécité

Dans cet article, nous allons vous présenter les différentes formes d’uvéite chez le cheval, leurs causes, leurs symptômes, leurs traitements et leurs mesures préventives.

L’uvéite chez le cheval : les 7 points à retenir

  • 1. L’uvéite chez le cheval est une affection oculaire grave qui peut compromettre sa vision et son bien-être. 
  • 2. L’uvéite chez le cheval est une inflammation de l’uvée de l’œil, qui peut avoir différentes origines, comme des infections, des traumatismes, des maladies auto-immunes ou des facteurs environnementaux. 
  • 3.En étant une inflammation, l’uvéite chez le cheval se manifeste par de la douleur, de la rougeur, de l’œil, avec un larmoiement plus ou moins excessif et une altération de la vision.
  • 4. Il existe plusieurs moyens de prévenir l’uvéite chez le cheval, comme assurer une bonne hygiène, protéger les yeux du soleil, vermifuger régulièrement, vacciner contre certaines maladies ou réduire le stress. 
  • 5. Le traitement de l’uvéite chez le cheval repose sur l’utilisation d’anti-inflammatoires, d’antibiotiques, d’antiviraux, de mydriatiques, d’immunosuppresseurs, d’implants intraoculaires ou de chirurgie, selon la cause et la sévérité de l’inflammation. 
  • 6. L’uvéite chez le cheval peut être une maladie chronique et peut récidiver et entraîner des complications, comme la cataracte, le glaucome ou la cécité
  • 7. Il est important de surveiller régulièrement l’état des yeux de votre cheval et de consulter un vétérinaire en cas de signes d’uvéite.

Qu’est-ce qu’une uvéite chez le cheval ?

Etymologiquement, uvéite vient de deux mots : « uvée » et « -ite ». Le suffixe « -ite » signifie « inflammation ». Donc l’uvéite est l’inflammation de l’uvée qui est la partie vasculaire de l’œil. 

Or, l’inflammation est une réaction de défense de l’organisme contre une agression, qui se caractérise par une rougeur, une chaleur, un gonflement et une douleur au niveau du tissu atteint.

Bon à savoir : L’uvéite est la première cause de cécité chez le cheval. Elle peut toucher un seul œil ou les deux.

Rappel sur l’anatomie de l’œil pour mieux se situer

L’uvée est une partie de l’œil qui se situe entre la sclère (la partie blanche de l’œil) et la rétine (la couche sensible à la lumière). Elle est composée de trois parties :

  • La choroïde : une membrane très vascularisée qui assure la nutrition de l’iris et des photorécepteurs rétiniens.
  • Le corps ciliaire : un anneau qui se situe entre la choroïde et l’iris. Il permet d’adapter la vision en modifiant la forme du cristallin, selon la distance de l’objet observé; et sécrète l’humeur aqueuse.
  • L’iris : la partie colorée de l’œil, qui entoure la pupille. Il contrôle la quantité de lumière qui pénètre dans l’œil en dilatant ou en rétrécissant la pupille, selon la luminosité ambiante.

Quelles sont les causes de l’uvéite chez le cheval ?

Les différentes causes possibles de l’uvéite chez le cheval sont :

Un traumatisme  

Il s’agit d’un choc sur l’œil, qui peut provoquer une lésion de la cornée, de la conjonctive ou de l’uvée. Il peut être causé par:

  • un coup de pied,
  • une branche,
  • un objet tranchant
  • ou un corps étranger.

Une photosensibilisation 

C’est une réaction au soleil, qui peut affecter la peau ou les yeux du cheval. Elle est généralement causée par une intoxication d’origine alimentaire, par exemple par des plantes comme le millepertuis, le trèfle blanc ou l’oseille. 

Une prédisposition individuelle 

Certains chevaux peuvent être particulièrement susceptibles de développer l’uvéite. Cette prédisposition peut être liée à son âge, à son sexe, à sa race ou à la couleur de son iris

Certaines races, comme l’Appaloosa, le Paint horse ou le Quarter horse, sont plus prédisposées à l’uvéite. De même, les chevaux ayant un iris bleu sont plus susceptibles de souffrir d’une uvéite que ceux ayant un iris brun

Une réaction auto-immune 

Il s’agit d’une anomalie du système immunitaire, qui se retourne contre les propres tissus du cheval et les attaque. Elle peut être déclenchée par une infection, une vaccination, un stress ou une maladie systémique. Elle peut cibler l’uvée, mais aussi d’autres organes, comme les articulations, la peau ou les muscles 

Une infection 

C’est une invasion de l’œil par un agent infectieux, qui peut être bactérien, viral ou parasitaire. Elle peut provenir d’un traumatisme, d’une contamination par l’urine, le sang ou le placenta d’un animal infecté, ou d’une dissémination par voie sanguine ou lymphatique. 

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A savoir: Parmi les exemples d’infections associées à l’uvéite, on peut citer la leptospirose, la piroplasmose ou la métrite contagieuse équine.

Une étude allemande a montré que la leptospirose, une infection bactérienne, était impliquée dans 27 % des cas d’uvéite chez le cheval. Les auteurs ont isolé des leptospires dans les yeux de 35 chevaux sur 130 atteints d’uvéite. Ils ont également trouvé des anticorps contre la leptospirose dans le sang de 80 % des chevaux atteints d’uvéite, contre 50 % des chevaux sains.

Comment reconnaître l’uvéite chez le cheval ?

L’uvéite chez le cheval se manifeste par des signes de douleur et d’inflammation au niveau de l’œil. Les symptômes les plus fréquents sont :

  • blépharospasme (contractions des muscles des paupières, maintenant l’œil fermé),
  • épiphora (écoulement lacrymal) plus ou moins abondant,
  • photophobie (sensibilité à la lumière),
  • myosis (pupille serrée),
  • modification de la couleur de l’œil qui tire alors vers le rouge voire vers le jaune dans le cas d’un œil bleu.
  • œdème cornéen (œil recouvert d’un voile bleu),
  • œdème des paupières.

Ces signes peuvent s’accompagner d’une baisse de la vision ou d’une cécité dans les cas les plus graves. Ils peuvent aussi être associés à des signes généraux, comme de la fièvre, de l’abattement ou une anorexie.

Quels sont les différents types d’uvéite chez le cheval ?

Il existe différentes formes d’uvéite chez le cheval, selon leur évolution et leur origine.

L’uvéite aiguë

C’est une inflammation soudaine et intense de l’uvée, qui peut toucher un ou les deux yeux. Elles sont souvent causées par un traumatisme, une photosensibilisation ou une infection. Elle se manifeste par des signes de douleur, de rougeur, de larmoiement, de voile bleu ou de changement de couleur de l’iris.

Elles nécessitent un traitement rapide et efficace, car elles peuvent entraîner des complications comme la cataracte, le glaucome ou la cécité.

L’uvéite chronique

Elle se caractérise par une inflammation persistante et modérée de l’uvée, qui touche généralement un seul œil. Elle est souvent due à une réaction auto-immune, à une maladie systémique ou à une infection ancienne. 

Elle se manifeste par des signes discrets, comme une pupille serrée, une modification de la couleur de l’iris, une cataracte ou une atrophie du globe oculaire. Elle nécessite un traitement prolongé et adapté, car elles peuvent évoluer vers une perte de vision ou une phtisis bulbi (rétraction de l’œil).

L’uvéite récidivante 

Il s’agit d’une inflammation récurrente de l’uvée, qui alterne des phases de crise et de rémission. Elle touche souvent les deux yeux, de façon asymétrique. Elle est souvent liée à une prédisposition individuelle, à une race (Appaloosa, Paint horse, etc.) ou à une couleur d’iris (bleu). 

Elle se manifeste par des signes variables, selon l’intensité et la fréquence des crises. Elle nécessite un traitement préventif et curatif, car elles peuvent provoquer des séquelles irréversibles, comme des synéchies, une cataracte, un glaucome ou une cécité.

L’uvéite infectieuse 

L’uvéite infectieuse est une inflammation de l’uvée causée par un agent infectieux, qui peut être bactérien, viral ou parasitaire. Elle peut être aiguë, chronique ou récidivante, selon le type de germe et la réponse immunitaire du cheval. 

Elle se manifeste par des signes oculaires, mais aussi par des signes généraux, comme de la fièvre, de l’abattement, des hémorragies ou des avortements. Elle nécessite un traitement spécifique, qui cible le germe responsable, en plus du traitement anti-inflammatoire. 

Bon à savoir : L’uvéite peut être associée à d’autres maladies systémiques, comme la leptospirose, la piroplasmose, la borréliose ou l’encéphalomyélite équine. Il est donc important de réaliser des examens complémentaires pour identifier la cause de l’inflammation et adapter le traitement .

Comment diagnostiquer l’uvéite chez le cheval ?

Le diagnostic de l’uvéite chez le cheval repose sur plusieurs méthodes, qui permettent de détecter et d’identifier l’inflammation de l’uvée, ainsi que sa cause éventuelle. 

L’examen clinique 

L’examen clinique est réalisé par un vétérinaire. Il consiste à observer l’œil du cheval à l’œil nu, en notant les signes de :

  • douleur, 
  • rougeur, 
  • larmoiement, 
  • voile bleu, 
  • changement de couleur de l’iris ou de la pupille. 

Il permet de suspecter une uvéite, mais pas de la confirmer ni d’en déterminer la cause.

L’ophtalmoscopie 

C’est un examen du fond de l’œil du cheval à l’aide d’un ophtalmoscope, un appareil qui émet une lumière et qui permet de grossir les structures internes de l’œil. Elle permet de visualiser l’uvée, la rétine, le nerf optique et les vaisseaux sanguins. 

Elle permet de confirmer une uvéite, d’évaluer son étendue et ses complications, et de rechercher des signes d’infection ou de traumatisme.

La biomicroscopie 

Il s’agit d’un examen de l’œil du cheval à l’aide d’un biomicroscope, un appareil qui combine une source lumineuse et un microscope. Elle permet de visualiser les structures antérieures de l’œil, comme la cornée, la chambre antérieure, l’iris et le cristallin. 

Elle permet de détecter des anomalies comme des dépôts, des synéchies, des cellules inflammatoires ou des protéines dans l’humeur aqueuse.

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La tonométrie 

Elle consiste à mesurer la pression intraoculaire du cheval à l’aide d’un tonomètre, un appareil qui applique une force sur la cornée et qui enregistre la déformation. Elle permet de détecter une augmentation ou une diminution de la pression intraoculaire, qui peut être un signe de complication de l’uvéite, comme un glaucome ou une hypotonie.

La cytologie 

Elle se fait par un prélèvement d’un échantillon de l’humeur aqueuse ou du vitré de l’œil du cheval à l’aide d’une aiguille. Cet échantillon va ensuite être analysé au microscope. Elle permet de rechercher des cellules inflammatoires, des bactéries, des virus ou des parasites, qui peuvent être responsables de l’uvéite.

La bactériologie 

Il s’agit d’un prélèvement d’un échantillon de l’humeur aqueuse ou du vitré de l’œil du cheval à l’aide d’une aiguille, et de sa mise en culture sur un milieu nutritif. Elle permet d’identifier les bactéries présentes dans l’œil, et de tester leur sensibilité aux antibiotiques.

La sérologie 

Blood Samples in Test Tubes

Elle consiste à prélever un échantillon de sang du cheval, et à le soumettre à des tests immunologiques. Elle permet de détecter la présence d’anticorps spécifiques à certains agents infectieux, comme la leptospirose, la piroplasmose ou la métrite contagieuse équine, qui peuvent être associés à l’uvéite.

Comment traiter l’uvéite chez le cheval ?

Le traitement de l’uvéite chez le cheval vise à soulager la douleur, réduire l’inflammation, éliminer la cause sous-jacente et prévenir les complications. 

Les anti-inflammatoires 

Ils sont administrés par voie générale (comme le flunixine-méglumine ou le phénylbutazone) et par voie locale (comme la dexaméthasone ou la prednisolone) pour diminuer la réaction inflammatoire et le risque de synéchies (adhérences de l’iris).

Les antibiotiques ou les antiviraux

Set of pills on yellow surface

Ils sont prescrits en cas d’uvéite infectieuse par voie générale et par voie locale (comme la tétracycline ou l’acyclovir).

Les mydriatiques 

Ils sont appliqués sous forme de collyre (comme l’atropine ou la tropicamide) pour dilater la pupille et éviter qu’elle ne se colle à l’iris ou au cristallin. Ils permettent aussi de réduire la douleur et de préserver la vision.

Les immunosuppresseurs 

En cas d’uvéite auto-immune, ils sont utilisés par voie générale (comme la cyclosporine ou l’azathioprine) ou par voie locale (comme le tacrolimus ou le sirolimus). Ils visent à moduler la réponse immunitaire et à prévenir les récidives.

Les implants intraoculaires 

Comme leur nom, ils sont insérés dans l’œil par chirurgie et libèrent progressivement un médicament (comme la cyclosporine ou le dexaméthasone) pour contrôler l’inflammation et les rechutes. Ils ont une durée d’action limitée, de 2 à 3 ans environ.

Une étude américaine a évalué l’effet d’un implant intraoculaire libérant de la dexaméthasone, un corticoïde, sur l’uvéite chez le cheval. Les auteurs ont implanté 34 chevaux atteints d’uvéite récidivante équine et ont suivi leur évolution pendant deux ans. 

Ils ont constaté que l’implant diminuait le nombre de récidives d’uvéite, améliorait la vision et préservait l’intégrité de l’œil. Ils ont également rapporté peu d’effets secondaires liés à l’implant

La chirurgie 

La chirurgie consiste à retirer le corps vitré, la substance gélatineuse qui remplit l’œil, par aspiration. Elle permet d’éliminer les anticorps et les molécules inflammatoires qui s’y accumulent et qui entretiennent l’uvéite. 

Surgeons performing surgery

A savoir: La chirurgie a une efficacité de 90% pour prévenir les récidives, si elle est pratiquée suffisamment tôt.

Comment prévenir l’uvéite chez le cheval ? Nos conseils vétérinaires

Pour prévenir l’apparition ou la récidive de l’uvéite chez le cheval, voici quelques conseils :

  • Assurez une bonne hygiène de l’œil et des paupières de votre cheval, en le nettoyant régulièrement avec une compresse humide et en évitant les produits irritants.
  • Protégez les yeux de votre cheval du soleil, en utilisant un masque anti-UV ou un bonnet à oreilles, surtout chez les chevaux à l’iris clair ou bleu, plus sensibles aux rayons ultraviolets.
  • Vermifugez régulièrement votre cheval, en respectant le protocole établi par votre vétérinaire, pour éviter les parasites internes qui peuvent migrer vers l’œil et provoquer une uvéite.
  • Vaccinez votre cheval contre certaines maladies infectieuses qui peuvent être associées à l’uvéite, comme la leptospirose, la rhinopneumonie, l’artérite virale ou la grippe équine.
  • Réduisez le stress chez votre cheval, en lui offrant un environnement adapté à ses besoins, avec suffisamment d’espace, de compagnie, de nourriture et d’eau. Le stress peut affaiblir le système immunitaire du cheval et favoriser les réactions inflammatoires.
  • Surveillez régulièrement l’état des yeux de votre cheval, en vérifiant qu’ils sont ouverts, brillants et sans écoulement. En cas de signes d’uvéite, comme un œil fermé, rouge, larmoyant ou voilé, consultez rapidement un vétérinaire pour mettre en place un traitement adapté.
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Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
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